Michel Hoëllard
Michel Hoëllard
« Faire un bouquin de tes cendres. Un boucan. Un agent de refroidissement des souffrances. » Non pas un livre sur le deuil, mais un livre sur le refus du deuil. Sous la forme du roman épistolaire - longue lettre qui défie la mort, ambitionne de prolonger la présence (« Je te retiens : je volubile. ») - cette Oraison fun est un grand livre baroque, à la fois portrait de la défunte et récit de ses luttes (« ... ta résistance toi ta bravoure sans rejet sur vingt-cinq ans de greffe coeur-poumons. ») ; portrait d'un couple contraint par la maladie de vivre hors des normes l'intensité d'une union bousculant routines et conventions (« ... cette attention follement précise à la moindre minute réelle et ce plaisir de vivre à cru... ») ; portrait de l'époque à travers celui de la faune cosmopolite des touristes arpentant les allées du Père Lachaise où repose Muriel, l'absente à jamais présente « au centre pile de solitude ». Dans une langue revendiquant sa hardiesse, l'écriture littéraire empoigne ici le deuil, l'humour, l'amour, la mort et ses lois. Refusant la fin sans issue, cette célébration rythme le pouls d'une vie d'outre-tombe. Michel Hoëllard a publié un premier roman, Lunes noires, en 2001, et un recueil de nouvelles, Inseguendo le lune, en Italie, en 2005. Son second roman, Ronde séminole, est paru en 2012 aux éditions Sulliver. Polémique, il collabore parfois au blog Stalker, dissection du cadavre de la littérature, et à la revue L'Atelier du roman.
Un Français rencontre à Paris une plantureuse femme noire américaine et se prend pour elle d'un violent désir. Celle-ci, Ninehanka Lokas, une black Indian séminole de Floride, l'emmène chez elle aux Everglades, lui fait connaître sa famille et découvrir ses marais, tout en lui narrant dans une langue aussi foisonnante que sa chair l'épopée de ses ancêtres, seule tribu invaincue des guerres indiennes. « On peut bien sauter regarde, tout un océan et redécouvrir ma Floride. Pareil on peut imaginer que la fusion a pas merdé, cherokees-nègres et toute la clique. T'aurais dans les quarante millions de métis. » L'ébattement des corps s'invite souvent dans le récit, nous montrant que si l'amour peut être fusionnel, l'écriture peut l'être aussi. Et à chaque page ce livre nous le confirme, tant se marient intimement, dans l'invention verbale la plus maîtrisée, la démesure de «Nine» et celle de l'histoire de son peuple, ou encore les états d'âme méandreux de son compagnon et les entrelacs des paysages aquatiques qu'il découvre. Une telle empathie entre l'écriture et son objet nourrit le charme entêtant de cette « symphonie-western ». Michel Hoëllard vit et travaille à Paris. Il a publié un roman, Lunes noires, EPV, Nantes, en 2001, et un recueil de nouvelles, Inseguendo le lune, traduction en italien par Anna Berra, Effigie, Milan, en 2005. Polémique, il collabore parfois au blog Stalker, dissection du cadavre de la littérature.