Marc Faessler
Marc Faessler
Le Psaume 119 - le plus long du psautier, le plus sophistiqué aussi dans sa forme acrostiche - est souvent tenu pour une litanie répétitive et redondante, s'abritant sans fin sous le couvert d'un éloge de la Tôrâh. Or en enfermant un tel psaume dans le carcan de l'ennui ou dans l'idéal de perfection de la prière, on en manque la perspective. Car le Psaume 119 ne traduit pas une louange béate de la Loi, mais la grâce de cette Loi - révélée au gré de subtiles modulations, qui appellent à la responsabilité de notre engagement dans leurs traces. Une traduction entièrement nouvelle, une interprétation à même la littéralité de sa lettre, rendent au Psaume 119 sa voix inimitable qui ouvre déjà à la sollicitation midrashique. Cette voix rejoint celle de Jésus dans le Sermon sur la montagne : « Pas un yod, pas un point de la Loi ne passera... » Elle rejoint aussi l'engagement résistant d'un Dietrich Bonhoeffer qui n'a cessé de la méditer aux heures les plus noires de la dernière guerre. À nous de l'écouter aujourd'hui.
Le témoignage des évangiles sur la résurrection de Jésus, Yéshoûa" le Nazarène, peut se lire tel une Haggâdâh (narration impliquant son lecteur) comparable à celle du Séder pascal chez les Juifs. Elle culmine sur le récit du doute de Thomas, dans lequel les évidences du voir se renversent en un « autrement que voir » - Dire subtil pointant vers l'Ouvert, l'Intangible, le Retrait signifiant du Transcendant. Dans sa controverse sur la résurrection avec des sadducéens qui en ridiculisent l'idée, Yéshoûa" met en avant le nom des patriarches, suscités à un sens d'être nouveau lors de leur rencontre du Tout-Autre. Ce motif du nom - porté par le langage apocalyptique - est aujourd'hui éclairé par la psychanalyse : le nom propre est l'abri symbolique du sujet vivant dans le lieu de son corps. Ce qui est relevé à la résurrection n'est pas le corps, mais le nom !
Du rêve de Jacob aux rêves de Pharaon en passant par le cauchemar d'Abimélek, le Livre de la Genèse est tout entier traversé par ce que Freud appelait l'« autre scène » de l'onirique. Le rêve y est même si prégnant que certaines narrations prennent l'allure de rêves diurnes qui en prolongent le sens. Comment interpréter la profondeur symbolique de ce constat ? L'essai présenté ici admet les résultats de l'exégèse moderne qui reconnaît aux traditions du cycle de Jacob une antériorité par rapport à celles de la geste d'Abram et Saraï et au roman de Joseph. Ce bouleversement de la chronologie narrative canonique n'est pas un jeu gratuit. Il permet de mettre en évidence le fil jusqu'alors inaperçu d'une cohérence symbolique qu'à chaque fois le rêve vient éclairer. Car en son ombilic, chaque rêve biblique contient un point d'énigme où se croisent ce que nous ne pouvons élucider de notre inconscient et l'imperceptible retrait du Transcendant. Découvrir et interpréter ce point nodal en s'aidant du midrash et des avancées de la psychanalyse, ouvre l'ensemble des narrations de la Genèse à leur « autre scène ». Par le rêve, le sujet vivant est appelé à sa restauration dans l'angoisse et l'idéal de soi trompeur de Jacob. Par le rêve, le couple humain d'Abram et Saraï est enjoint à se déligaturer de ses entraves. Par le rêve, l'horizon messianique d'un peuple est suggéré dans l'histoire de Joseph et ses frères. À chaque fois les ressorts inconscients d'une « autre scène » portée par le rêve, sont à l'oeuvre dans le fil de la narration. Ils dessinent la vérité d'une assomption symbolique de l'humain dans la trace du Transcendant. Freud hésitait à interpréter psychanalytiquement des récits de rêve littéraires en l'absence du rêveur seul capable d'associer sur son rêve. Avec La Gradiva il a franchi le pas, interprétant des récits de rêve littéraires en s'appuyant sur la narration qui les entoure. Les narrations du Livre de la Genèse permettent la même audace.
Jean Rousselot, né à Poitiers en 1913, a participé à toute l'aventure poétique des soixante dernières années. Ses débuts à vingt ans furent remarqués par Paul Éluard et René Char. Il eut, par la suite, l'appui et l'amitié de Pierre-Jean Jouve, Pierre Reverdy, Max Jacob... Il a publié de très nombreux recueils, des essais sur la poésie, le langage, la peinture, des nouvelles et des romans, des traductions (les « Sonnets » de Shakespeare, notamment). Ses propres ouvrages ont été traduits dans de nombreuses langues (y compris le roumain, le hongrois, le serbo-croate, le slovaque...). Ce livre que lui consacre François Huglo explore quelques-uns des thèmes récurrents de l'oeuvre, majeure entre toutes. Il faudra bien en convenir.
Grâce à l'aide de Gen, Aizawa décroche un entretien avec la belle et puissante Kisaragi, dont les pouvoirs seraient capables de sauver sa petite soeur. En pleine discussion, un ennemi fait irruption, les obligeant à combattre. Au vu de son potentiel, la lieutenante propose à Aizawa de partager une coupe. Malgré sa volonté de devenir plus fort, il refuse, préférant se tourner vers son allié et camarade de classe, Sôsuke. Mais le "Katagi Modochi" est catégorique : il ne le transformera pas en Gokudô ! Désormais impliqués dans la guerre intestine qui fait rage au sein de l'organisation criminelle du Dragon Obscur, les deux lycéens apportent leur soutien à Kisaragi. Et cette dernière a justement une mission hautement dangereuse à leur confier. L'occasion pour Aizawa de convaincre Sôsuke de partager une coupe avec lui...