Lydie Dattas
Lydie Dattas
En 1953, Lydie Dattas est en colonie de vacances à Saint-Nazaire. Elle tombe malade et est admise à l'hôpital d'Heinlex, tenu par les religieuses de la communauté des Filles de la Sagesse. Elle y est depuis un mois lorsque se déclenche un phénomène exceptionnel dans l'histoire du mouvement ouvrier : la grève spontanée de plusieurs millions de personnes, qui en quelques jours paralyse tout le pays. Il n'y a plus de trains, plus de courrier. Le téléphone et le télégramme ne fonctionnent plus que pour les urgences. La grève ne s'achève que le 26 août. Durant deux mois, entièrement coupée du monde extérieur et des siens, contrainte, dans le huis clos de sa chambre, à un tête-à-tête quotidien avec la soeur qui la soigne, l'enfant, malgré son très jeune âge, fait la découverte du prochain.
Poésies. Suite du Livre des anges (1990) et de Nuit spirituelle (1994). « Copyright Electre »
Courant parmi les branches, épuisé, les pieds en sang, Tobie fuit, traqué par les siens... Tobie Lolness ne mesure pas plus d'un millimètre et demi. Son peuple habite le grand chêne depuis la nuit des temps. Parce que son père a refusé de livrer le secret d'une invention révolutionnaire, sa famille a été exilée, emprisonnée. Seul Tobie a pu s'échapper. Mais pour combien de temps?
Courant parmi les branches, épuisé, les pieds en sang, Tobie fuit, traqué par les siens... Tobie Lolness ne mesure pas plus d'un millimètre et demi. Son peuple habite le grand chêne depuis la nuit des temps. Parce que son père a refusé de livrer le secret d'une invention révolutionnaire, sa famille a été exilée, emprisonnée. Seul Tobie a pu s'échapper. Mais pour combien de temps?
La vie de Lydie Dattas à laquelle son oeuvre est intimement liée est en vérité peu banale : née en 1949, fille du musicien Jean Dattas, organiste de Notre-Dame de Paris, elle écrit très tôt des poèmes et connaît sa première publication à 20 ans au Mercure de France, elle épouse à 23 ans Alexandre Bouglione, se lie d'amitié avec Jean Genet, rencontre Jean Grosjean qui préfacera son livre majeur Le livre des anges, correspond avec Ernst Jünger, avant de partager le chemin de Christian Bobin. Le volume que nous proposons donne bien sûr à lire ce Livre des anges dont la parution eut en son temps un large écho en raison de sa puissance lyrique et de la tonalité étrange du propos entre mysticisme, sensualité et féminité revendiquée. Nous y adjoignons deux livres qui contribuent à complexifier le jugement du lecteur sur le parcours de cette poétesse qui prétend faire prévaloir la puissance du coeur sur le prestige de l'intelligence, et qu'on réduirait en l'enfermant dans le simple registre d'une mystique contemporaine : La nuit spirituelle, écho de ses relations ambivalentes et tourmentées avec Jean Genet, et le récent Carnet d'une allumeuse (ici dans une version nouvelle) qui d'une autre façon revendique la force créatrice de la femme et dénonce les malentendus qui contribuent à la nier en l'enfermant dans le statut d'objet de séduction et de plaisir. Dans un article de La Croix Patrick Kéchichian a justement situé cette poésie entre 'mystère et fureur'. C'est naturellement Christian Bobin qui offre une magnifique et inspirée préface à cet ensemble poétique insolite et de haute intensité.
La vie de Lydie Dattas à laquelle son oeuvre est intimement liée est en vérité peu banale : née en 1949, fille du musicien Jean Dattas, organiste de Notre-Dame de Paris, elle écrit très tôt des poèmes et connaît sa première publication à 20 ans au Mercure de France, elle épouse à 23 ans Alexandre Bouglione, se lie d'amitié avec Jean Genet, rencontre Jean Grosjean qui préfacera son livre majeur Le livre des anges, correspond avec Ernst Jünger, avant de partager le chemin de Christian Bobin. Le volume que nous proposons donne bien sûr à lire ce Livre des anges dont la parution eut en son temps un large écho en raison de sa puissance lyrique et de la tonalité étrange du propos entre mysticisme, sensualité et féminité revendiquée. Nous y adjoignons deux livres qui contribuent à complexifier le jugement du lecteur sur le parcours de cette poétesse qui prétend faire prévaloir la puissance du coeur sur le prestige de l'intelligence, et qu'on réduirait en l'enfermant dans le simple registre d'une mystique contemporaine : La nuit spirituelle, écho de ses relations ambivalentes et tourmentées avec Jean Genet, et le récent Carnet d'une allumeuse (ici dans une version nouvelle) qui d'une autre façon revendique la force créatrice de la femme et dénonce les malentendus qui contribuent à la nier en l'enfermant dans le statut d'objet de séduction et de plaisir. Dans un article de La Croix Patrick Kéchichian a justement situé cette poésie entre 'mystère et fureur'. C'est naturellement Christian Bobin qui offre une magnifique et inspirée préface à cet ensemble poétique insolite et de haute intensité.
Dans le couloir rouge aux murs ruisselants de miroirs, chacune de nos déambulations éclaboussait de tain nos jeunesses contraires. Nos chevelures enflammées de pourpre et nos visages carmin juraient un amour éternel. Au centre de ce feu se jouait la plus érotique aventure spirituelle : le dompteur couvrait mon écriture d'une peau de léopard, je jetais sur ses fauves la goutte d'or de la conscience. Lydie Dattas
Dans le couloir rouge aux murs ruisselants de miroirs, chacune de nos déambulations éclaboussait de tain nos jeunesses contraires. Nos chevelures enflammées de pourpre et nos visages carmin juraient un amour éternel. Au centre de ce feu se jouait la plus érotique aventure spirituelle : le dompteur couvrait mon écriture d'une peau de léopard, je jetais sur ses fauves la goutte d'or de la conscience. Lydie Dattas
Qu'une adolescente paraisse et tous les regards des hommes sont sur elle. Mais elle est étrange et ses yeux couleur cassis couvent des pensées qui la délivrent de toute coquetterie. Vivant sa beauté comme une expérience intérieure, sa quête obstinée de poésie l'éloigne du destin des filles de son âge. Chaque initiation se change en révélation métaphysique. Peu à peu émerge en elle une vision révolutionnaire de la femme dont le présent texte est l'expression. 'Je haïssais qu'on me clame belle. Pourtant, aucune expérience aussi profonde que ce moment idiot où je sentis que j'étais la perle qui faisait mourir les hommes. Elle m'apportait ce savoir : le corps des filles n'est pas seulement leur corps, il est aussi leur pensée.
Qu'une adolescente paraisse et tous les regards des hommes sont sur elle. Mais elle est étrange et ses yeux couleur cassis couvent des pensées qui la délivrent de toute coquetterie. Vivant sa beauté comme une expérience intérieure, sa quête obstinée de poésie l'éloigne du destin des filles de son âge. Chaque initiation se change en révélation métaphysique. Peu à peu émerge en elle une vision révolutionnaire de la femme dont le présent texte est l'expression. 'Je haïssais qu'on me clame belle. Pourtant, aucune expérience aussi profonde que ce moment idiot où je sentis que j'étais la perle qui faisait mourir les hommes. Elle m'apportait ce savoir : le corps des filles n'est pas seulement leur corps, il est aussi leur pensée.
"Depuis toujours dans l'histoire de l'humanité, quand les noeuds de la civilisation sont devenus si serrés qu'ils ne laissent plus passer le sang de la Vie, un Barbare arrive avec une hache et dit : "ça suffit". Soulages est ce barbare éclairé qui fait table rase de tout pour retrouver l'essentiel. Dans cet Occident qui valorise les images au détriment des personnes, comment n'être pas fasciné par les présences anthracites du seul prophète de toute l'histoire de la peinture ?" Lydie Dattas.
"Depuis toujours dans l'histoire de l'humanité, quand les noeuds de la civilisation sont devenus si serrés qu'ils ne laissent plus passer le sang de la Vie, un Barbare arrive avec une hache et dit : "ça suffit". Soulages est ce barbare éclairé qui fait table rase de tout pour retrouver l'essentiel. Dans cet Occident qui valorise les images au détriment des personnes, comment n'être pas fasciné par les présences anthracites du seul prophète de toute l'histoire de la peinture ?" Lydie Dattas.
Ni religion, ni sagesse, ni connaissance, ceci n'est peut-être même pas un poème, au sens où l'entend l'oreille occidentale. Ceci nous arrive d'un jadis à la fois nippon et chinois. Même pas un art de saisir le plus ténu de la réalité. "L'ombre d'un pin"... Quelque chose qui n'est pas une chose et qui a pourtant une forme. Ceci porte un nom : le haïku. Ce livre vous le fait connaître, à sa façon, qui n'en est pas une.
Ni religion, ni sagesse, ni connaissance, ceci n'est peut-être même pas un poème, au sens où l'entend l'oreille occidentale. Ceci nous arrive d'un jadis à la fois nippon et chinois. Même pas un art de saisir le plus ténu de la réalité. "L'ombre d'un pin"... Quelque chose qui n'est pas une chose et qui a pourtant une forme. Ceci porte un nom : le haïku. Ce livre vous le fait connaître, à sa façon, qui n'en est pas une.
Européen dans l'âme et par le sang, rarement souverain ne l'aura été autant que Charles Quint (1500-1558). Né Habsbourg, héritier de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg réunis, des royaumes d'Espagne, de Naples, de Sardaigne et de Sicile, il est, à vingt ans, élu Empereur du Saint-Empire romain germanique, au grand dam de François Ier, qui en convoitait le titre. Leur rivalité est l'un des axes de cette biographie passionnante. Le roi français aurait-il accepté la main tendue que lui offrit à plusieurs reprises le petit-fils des Rois Catholiques, l'histoire européenne en aurait à coup sûr été changée. Car les défis à relever ne manquent pas en ce siècle de la Renaissance. Les passions religieuses enflamment les Européens, l'intransigeance du moine Luther et l'arrogance des papes achevant de diviser le continent. Le rêve de Charles Quint de réaliser une Europe unie ne résistera pas non plus aux poussées de l'Empire ottoman qui menace à ses frontières. Au fil des pages où l'on croise tour à tour Henri VIII, Mary Tudor, Érasme, Titien mais aussi Magellan, Hernán Cortés, Francisco Pizarro et Barberousse, Lindsay Armstrong dresse un portrait saisissant du premier et dernier Empereur des deux mondes. Curieux et vif, tour à tour drôle et piquant, fin gourmet et amateur d'art, mélancolique aussi, sa personnalité domine celles de ses contemporains et offre un modèle noble du Prince, qui revit ici dans toute sa splendeur.
Européen dans l'âme et par le sang, rarement souverain ne l'aura été autant que Charles Quint (1500-1558). Né Habsbourg, héritier de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg réunis, des royaumes d'Espagne, de Naples, de Sardaigne et de Sicile, il est, à vingt ans, élu Empereur du Saint-Empire romain germanique, au grand dam de François Ier, qui en convoitait le titre. Leur rivalité est l'un des axes de cette biographie passionnante. Le roi français aurait-il accepté la main tendue que lui offrit à plusieurs reprises le petit-fils des Rois Catholiques, l'histoire européenne en aurait à coup sûr été changée. Car les défis à relever ne manquent pas en ce siècle de la Renaissance. Les passions religieuses enflamment les Européens, l'intransigeance du moine Luther et l'arrogance des papes achevant de diviser le continent. Le rêve de Charles Quint de réaliser une Europe unie ne résistera pas non plus aux poussées de l'Empire ottoman qui menace à ses frontières. Au fil des pages où l'on croise tour à tour Henri VIII, Mary Tudor, Érasme, Titien mais aussi Magellan, Hernán Cortés, Francisco Pizarro et Barberousse, Lindsay Armstrong dresse un portrait saisissant du premier et dernier Empereur des deux mondes. Curieux et vif, tour à tour drôle et piquant, fin gourmet et amateur d'art, mélancolique aussi, sa personnalité domine celles de ses contemporains et offre un modèle noble du Prince, qui revit ici dans toute sa splendeur.
'Je décidai d'écrire un poème si beau qu'il l'obligerait à revenir vers moi.' Lydie Dattas.
'Je décidai d'écrire un poème si beau qu'il l'obligerait à revenir vers moi.' Lydie Dattas.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.