Laurent Danon-Boileau
Laurent Danon-Boileau
Le progrès technique est-il l'apanage du surhumain ? Dieu est-il mort à cause de la technique ? La volonté de puissance est-elle synonyme d'arraisonnement technique de la nature et d'exploitation de l'homme par l'homme ? Nietzsche a philosophé à coups de marteau et qualifié sa personne de dynamite ; il voyait l'homme comme un pont vers le surhomme, attendait avec impatience d'emprunter en train le tunnel du Saint-Gothard nouvellement percé et s'est imaginé « aéronaute de l'esprit ». Avec une conscience aiguë des potentialités et des dangers de la révolution industrielle et des bouleversements qui en résultèrent dans nos pratiques, Nietzsche a non seulement pensé la technique, mais il en a aussi incorporé les enjeux à sa philosophie. Rares sont les aspects de son oeuvre qui sortent indemnes de cette confrontation directe du philosophe avec son temps (qui est aussi le nôtre), et que l'on aurait tort de réduire trop rapidement à sa critique de la « civilisation de la machine » ou à sa fascination pour le déchaînement d'une puissance prométhéenne. Ce livre offre un panorama riche et nuancé permettant d'interroger les rapports entre technique, puissance, nature et vie, mais aussi de situer Nietzsche au milieu de ses machines et d'autres grands philosophes de la technique, tels que Marx ou Heidegger.
Au cours du développement, comme tout au long de la vie, langage, sentiments et pensée sont profondément solidaires. C'est pourquoi, face à un enfant qui parle mal, on ne peut manquer d'être inquiet.En exposant les mécanismes de l'acquisition du langage, les signes révélateurs de troubles, les théories existantes ainsi que les grands axes thérapeutiques autour desquels semble s'établir un relatif consensus, cet ouvrage est un premier outil à l'adresse de tous ceux qui font face à des enfants au langage ou à la communication troublés.
Le traitement de l'autisme est l'enjeu d'affrontements aussi violents que navrants. Pour pouvoir continuer à penser et à soigner, il convient de s'en dégager sans pour autant les ignorer. C'est dans cet esprit que l'ensemble des intervenants du Centre Alfred Binet (psychanalystes, orthophonistes, psychomotriciens) ont souhaité provoquer une réflexion et un débat pluriel en invitant au dialogue des chercheurs et praticiens d'autres disciplines et d'autres institutions françaises et étrangères (généticiens, neuropsychologues, épidémiologues). Ce livre croise les perspectives sur l'état des connaissances théoriques et cliniques utiles au soin de l'enfant autiste. Il balaie aussi largement que possible l'ensemble des questionnements rencontrés par tous ceux qui sont au côté de l'enfant (praticiens du soin et parents). Partant de l'état actuel des connaissances génétiques sur l'étiologie de ce trouble, la réflexion envisage la question décisive de l'établissement du diagnostic comme celle de la diversité des méthodes et des traitements, sans négliger la question du soutien qu'il est possible d'apporter aux parents et à la famille.
L'autre est toujours une aventure, un dépaysement. Semblable et différent, en nous et hors de nous, il reste l'affaire de notre vie. Constamment, il s'agit d'accueillir ce « je qui est un autre » et « cet autre en moi ». Cette capacité, chaque événement de l'existence la remet en jeu : arrivée d'un enfant, turbulences de l'adolescence, incertitudes du couple, épreuves de la maladie et de la vieillesse. Mais aussi exil. Ou trauma planétaire, comme la crise de la Covid-19 qui nous confronte au tout autre et met à mal tous nos fonctionnements institutionnels. Le pari est ici de rendre compte des difficultés de cet accueil, dans sa plus grande diversité comme au coeur de la situation analytique, et de montrer comment il peut être source d'angoisse mais aussi de réorganisations salutaires. Charlotte Costantino et Laurent Danon-Boileau avec les contributions de Isabelle Alfandary, Sarah Bydlowski, Isabelle Caillaud, Amélie De Cazanove, Hélène Delalande, Catherine Fourques, Daniel Irago, Mathieu Petit-Garnier, Virginia Picchi, Julie Platiau, Hélène Riazuelo, Philippe Robert, Marie Sirjacq et Benoît Verdon.
Il nous arrive à tous de nous dire : «À quoi bon ?» À quoi bon continuer, avancer. Et pourtant, soudain, la vie reprend le dessus, les couleurs s'avivent. Ce sont ces instants que ce livre saisit. Par instants, la vie, ses coups ordinaires ou extra ordinaires, entame notre foi dans l'autre, dans le lendemain, dans notre capacité à rêver, à imaginer, à créer. Et lorsque le traumatisme, le chagrin ou le désespoir nous accablent, de quelles ressources disposons-nous pour demeurer vivants ? Car nous durons. Malgré tout. Jour après jour. C'est le mystère obstiné de cette lutte, et la redécouverte des plaisirs infimes du quotidien, dont les textes ici rassemblés portent témoignage. Chacun des auteurs raconte un moment où il a pu d'abord perdre, puis voir renaître, ce plaisir particulier qui mobilise l'intérêt pour l'instant, pour l'éphémère malgré l'ennui et la pesanteur des jours. L'appétit s'ouvre alors à l'aubaine, à l'imprévu. Le présent redevient réjouissant malgré les pertes et les deuils qui le menacent, l'assaillent ou le hantent. Cette capacité à renouer avec le sens poétique imprime à la pensée, au sentiment, à l'invention de soi un tour décisif. Les récits réunis dans ce livre soulignent la diversité des ruses d'Éros, insaisissable, et notre résistance insoupçonnée à garder au coeur le désir de l'été !
Le conflit psychique est l'un des organisateurs de la psyché. Il se présente cliniquement selon une opposition entre deux termes, expression d'un conflit sous-jacent plus fondamental. La position de Freud vis-à-vis du conflit psychique a évolué d'une classification en trois grands types suivant les instances en conflit : moi-ça (névroses de transfert) - moi-surmoi (névroses narcissiques) - moi-monde extérieur (psychoses) à une révision en 1937 de la conception du conflit au regard de la dualité pulsionnelle et de l'existence d'une « tendance au conflit ». La diversité des situations thérapeutiques abordées dans cet ouvrage va permettre un enrichissement de ce concept fondamental dans la théorisation de la pratique psychanalytique.
Dans la vie quotidienne, l'inquiétante étrangeté advient quand soudain le sujet ne se reconnaît plus dans ce que pourtant il perçoit. Est étrangement inquiétant tout fragment de réalité qui revient comme symptôme. Mais qu'est-ce alors qui fait retour ? Est-ce une représentation refoulée ? Un mode de pensée censément dépassé (témoignant de l'échec de son surmontement) ? Ou s'agit-il d'une répétition qui trahit un au-delà du principe de plaisir ? De manière générale, l'inquiétante étrangeté se laisse aisément définir comme affect. Mais elle se dérobe souvent lorsqu'on tente de la rapporter à un processus défini. Aussi, pour la penser au plus près, faut-il partir de la clinique. Dans cet ouvrage, des auteurs se sont astreints à confronter leur interprétation des textes fondateurs de l'oeuvre freudienne à des moments particuliers de cure marqués par l'émergence de cet affect singulier, tant dans le transfert que dans le contre-transfert. Toutefois, la cure n'est pas le seul registre clinique où s'observe l'inquiétante étrangeté. Elle se manifeste également dans la création artistique et dans la vie quotidienne, à certains moments décisifs où le sujet se réorganise (à l'adolescence, notamment). Le lecteur verra comment la réflexion sur une expérience souvent déroutante vient éclairer après coup la notion, et découvrir la diversité des perspectives ouvertes par ce concept freudien dont la richesse et la fécondité n'ont pas fini de surprendre.
Dans le contexte des nombreux travaux et publications sur les débuts du langage chez l'enfant, l'originalité de cet ouvrage et son intérêt sont de présenter la naissance du langage dans le cadre et le contexte familier de l'univers de l'enfant. Il s'agit de retracer l'émergence d'un sujet symbolique en évaluant à chaque pas l'incidence des situations concrètes qui scandent la progression du langage de 4 mois à 2 ans. Cette présentation se fonde sur des considérations scientifiques et des observations pratiques de l'acquisition du langage au quotidien chez les jeunes enfants. Un tableau-repère permet de replacer l'acquisition du langage face aux autres acquisitions qui scandent l'évolution du petit d'homme : motricité, relation aux autres et au monde, échange...
Le refoulement est l'un des concepts au fondement de la psychanalyse. Ce volume tente de préciser les contours d'une notion pour laquelle les questions métapsychologiques sont nombreuses. Que dire par exemple de la relation entre pulsion et refoulement ? Que devient le refoulement dans la théorie freudienne après la mutation de 1920 et le relatif abandon de la perspective représentationnelle au profit de la réflexion sur les processus et le jeu des forces qui les engendre ? Quel statut épistémologique accorder au concept de refoulement primaire ? Ce sont quelques-unes des questions abordées dans cet ouvrage.
Concept central en psychanalyse, l'identification est ici traitée tant d'un point de vue théorique qu'articulée à la description clinique et aux diversités de son interprétation. Profondément différente de la simple imitation, elle prend sens en tant qu'effet et mode de traitement de la pulsion. Cet ouvrage en fait apparaître la complexité qu'elle soit introjective, projective, primaire ou secondaire.
Une bande d'amis pour la vie ! Retrouvons Lucie et ses amis Adrien, Marcel, Léon et Doris pour fêter l'automne ! La petite bande va cueillir la plus grosse pomme du monde, organisera la plus belle fête costumée et se demandera pourquoi Antoine le gros ours dort dans sans arrêt. 3 jolies histoires superbement illustrées : Les pommes - la fête costumée - La sieste
Une bande d'amis pour la vie ! Retrouvons Lucie et ses amis Adrien, Marcel, Léon et Doris pour fêter l'automne ! La petite bande va cueillir la plus grosse pomme du monde, organisera la plus belle fête costumée et se demandera pourquoi Antoine le gros ours dort dans sans arrêt. 3 jolies histoires superbement illustrées : Les pommes - la fête costumée - La sieste
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
L'histoire que l'on va lire est celle de Romain Réva, disparu tragiquement il y a quelques années. Quand la narration commence, Romain a cinquante ans. Parvenu au faîte d'une carrière universitaire brillante, il sent que l'avenir qui le sépare de la mort est solitaire et monotone. L'été vient, Paris se dépeuple. Incapable de rester à sa table de travail, il se promène dans les rues, les cours anciennes, les magasins insolites. Entre chez Deyrolle, le naturaliste, rue du Bac. Et là, au milieu d'un peuple d'animaux immobiles, une jeune femme le confronte soudain à l'égarement de la passion. Mais, très vite, elle le fuit. Et c'est pour Romain le début d'une vie en marge, vouée à sa poursuite. En France. En Allemagne. Toujours accompagné de Vendredi, cette petite fille de six ans qu'elle lui a confiée avant de déserter. Années d'errances, de rencontres insolites : une voyante, aussi goulue qu'impotente, Mme Mouche ; un musicien ambulant, auteur de « poésie laconique » ; un ex-boxeur, employé pour des recouvrements de créance délicats. Années de dérive, dont ce récit, rédigé à la demande expresse de Réva, hâtera brusquement le terme.
Le lecteur non averti qui ouvrira ce livre croira se trouver devant un recueil de poèmes en prose, fortement teintés de surréalisme, foisonnant d'images saisissantes, oscillant sans cesse entre le rêve mystique, l'obsession charnelle et le grotesque. Des textes qui vont de l'expression de la plus intense souffrance à la dérision philosophique, « le fond de la pensée c'est le chien », en passant par la réflexion sur l'écriture, « en écrivant la pensée me dépasse, je la retiens, mais j'aime mieux cela que de causer sans liberté ». Il s'agit pourtant de textes écrits par des « fous » et publiés entre 1850 et 1930 dans diverses revues spécialisées que l'on peut consulter à la bibliothèque de Sainte-Anne. Pour la première fois ils sont ici présentés en nombre, dépouillés de tout commentaire clinique, parlant d'eux-mêmes dans toute la violence de leur beauté littéraire. Parions que plus d'un « normal » trouvera ici l'écho amplifié et troublant de ses propres angoisses, de son propre vertige et de ses propres doutes, et se reconnaîtra dans la réflexion de l'un de ces anonymes, « mon masque est ordinaire, mais mon âme est insondable ».