Konin Aka
Konin Aka
Véritable mosaïque ethnique, la Côte d'Ivoire dispose d'un héritage musical riche et diversifié, composé d'une infinie variété d'instruments de musique et de genres musicaux traditionnels. Malgré des études ethnologiques, anthropologiques et musicologiques, menées par des chercheurs et des instituts de recherche sur certains aspects de ce patrimoine, une étude approfondie en vue de sa connaissance et de sa valorisation n'a jamais été menée. Après avoir situé le cadre d'étude, cette première partie présente : - les instruments de musique traditionnels, les matériaux, les techniques de fabrication et de conservation de ce patrimoine organologique ; - les genres musicaux traditionnels, leur transmission et leur apprentissage en milieu traditionnel ; - les musiciens traditionnels. Cette étude constitue un vade-mecum pour les muséologues ivoiriens, puisqu'elle les aidera à identifier les instruments de musique traditionnelle selon leur type, à les classer et à les cataloguer d'une manière scientifique, et selon des normes adoptées à l'échelle internationale.
Bien plus qu'une simple danse, le zaouli est un art total associant le masque, le tissage (costume), la musique et la danse. En tant que forme d'expression culturelle, le zaouli remplit plusieurs fonctions sociales : fonction éducative, fonction récréative, fonction esthétique, fonction identitaire, fonction de paix et de cohésion sociale, fonction d'intégration sociale, fonction économique, fonction environnementale, fonction liée au genre. En dépit de son apparition récente, le zaouli est sans conteste un élément essentiel du patrimoine culturel ivoirien. En témoigne son inscription sur la liste d'inventaire du patrimoine culturel national, par l'arrêté n° 001/MCF/CAB/du 14 janvier 2016 du Ministre de la Culture et de la Francophonie. Mais malheureusement, cette forme d'expression culturelle, dont la notoriété et la pratique se sont étendues bien au-delà de sa zone d'origine, a très peu été étudiée. Cet ouvrage constitue une modeste contribution à la connaissance du zaouli, emblème de la Marahoué et fierté de la Côte d'Ivoire. Car comme le dit la maxime latine, Verba volant, scripta manent (« les paroles s'envolent, les écrits restent »). Cette étude permettra également aux pouvoirs publics et aux communautés locales de bâtir une économie culturelle autour de cette pratique musicale, « Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO » depuis décembre 2017.
Bien plus que la simple production de sons, la musique est un mode d'expression populaire, indissociable de la vie : elle accompagne et rythme à la fois les activités quotidiennes et les événements marquant les étapes importantes de la vie (naissance, initiation, décès, mariage, fêtes). Les musiques traditionnelles, ainsi que les savoir-faire artisanaux, les archives sonores et audiovisuelles qui leur sont associés, sont importantes pour beaucoup d'États en termes sociaux et culturels, et elles peuvent apporter une contribution significative aux économies des pays en développement. Malgré son rôle important, le patrimoine musical traditionnel n'est pas suffisamment valorisé en Côte d'Ivoire. Cette deuxième partie démontre la valeur sociale, culturelle, patrimoniale, économique, historique, politique et écologique des traditions musicales de la Côte d'Ivoire. Elle présente également quelques pionniers, dont certains continuent de pérenniser cet héritage culturel. Cette étude permettra aux pouvoirs publics et aux communautés locales de bâtir une économie culturelle autour de ce patrimoine.