Joël Thomas
Joël Thomas
Le terme mythe a largement envahi notre langage quotidien. Pourtant, en se vulgarisant, il a perdu son sens ancien pour ne plus guère désigner qu'un ensemble imprécis de propositions qui s'opposent à la réalité. Cette vulgarisation va de pair avec un grand intérêt scientifique pour le mythe entendu, dans son sens traditionnel, comme forme essentielle de la pensée humaine. Malgré le succès de ce champ d'études, il reste relativement mal défini. Cet ouvrage se propose d'éclairer les relations souvent confuses qu'entretiennent mythe et littérature, afin de fournir au lecteur un cadre herméneutique et méthodologique cohérent lui permettant de mieux lire la littérature.
Cet essai collectif des chercheurs de l'Equipe pour la Recherche sur l'Imaginaire de la Latinité se propose de mettre en évidence, comme opérateur, la notion de "système mythologique", substituant à des schémas artificiellement clivés une vision plus globale de l'imaginaire religieux gréco-romain.
Achille, Énée, Ulysse continuent à nous parler. Pourquoi les mythes résistent-ils au temps qui passe, comme une nappe profonde qui continue d'irriguer notre imaginaire, par delà les strates des périodes historiques ? Tout récemment, les avancées des neurosciences ont permis de constater que voir et imaginer activent les mêmes zones de notre cerveau. À travers ses récits, le mythe peut alors se définir comme une mise en miroir des dynamismes organisateurs de l'imaginaire humain : quand nous imaginons les héros grecs, c'est nous-mêmes qui nous mettons en jeu.