Jérôme Picon
Jérôme Picon
Jeanne Lanvin (1867-1946) a fondé la plus ancienne des maisons de couture françaises aujourd'hui en activité. À partir d'une documentation foisonnante et de première main, Jérôme Picon livre une biographie où s'écrit aussi l'histoire d'un cheminement créatif, d'une réussite économique et d'une sensibilité féminine. En ce 1er janvier 1867, aucune fée ne veille sur le berceau de la petite Jeanne : ni la richesse - elle commencera de travailler à treize ans -, ni la beauté, ni même ce chic inséparable des grands noms de la haute couture française. Plus d'un demi-siècle plus tard, ce sont les Années folles, et Jeanne est à la tête d'un empire. Aristocrates, riches étrangères et actrices s'arrachent ses robes, qui leur dessinent un corps de jeune fille romantique et parfois garçonne. Le nom de Lanvin baptise un bleu mythique et orne l'image, devenue célébrissime, de la femme à l'enfant, que les flacons d'Arpège multiplient à l'infini. Yvonne Printemps, Sacha Guitry, Anna de Noailles, l'Europe mondaine et jusqu'aux têtes couronnées fréquentent sa maison de couture, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Un tel aboutissement, Jeanne Lanvin le doit à son travail, à son sens aigu des affaires, à son génie du marketing avant la lettre, mais aussi à son amour pour sa fille, son égérie, sa passion égoïste et éperdue, douloureuse souvent. Car si Chanel habillait les femmes à son image, c'est pour sa fille que Jeanne Lanvin conçoit des vêtements : pour l'enfant, puis la jeune femme, que les fées firent comtesse Marie-Blanche de Polignac, reine du Tout-Paris...
Jeanne Lanvin (1867-1946) a fondé la plus ancienne des maisons de couture françaises aujourd'hui en activité. À partir d'une documentation foisonnante et de première main, Jérôme Picon livre une biographie où s'écrit aussi l'histoire d'un cheminement créatif, d'une réussite économique et d'une sensibilité féminine. En ce 1er janvier 1867, aucune fée ne veille sur le berceau de la petite Jeanne : ni la richesse - elle commencera de travailler à treize ans -, ni la beauté, ni même ce chic inséparable des grands noms de la haute couture française. Plus d'un demi-siècle plus tard, ce sont les Années folles, et Jeanne est à la tête d'un empire. Aristocrates, riches étrangères et actrices s'arrachent ses robes, qui leur dessinent un corps de jeune fille romantique et parfois garçonne. Le nom de Lanvin baptise un bleu mythique et orne l'image, devenue célébrissime, de la femme à l'enfant, que les flacons d'Arpège multiplient à l'infini. Yvonne Printemps, Sacha Guitry, Anna de Noailles, l'Europe mondaine et jusqu'aux têtes couronnées fréquentent sa maison de couture, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Un tel aboutissement, Jeanne Lanvin le doit à son travail, à son sens aigu des affaires, à son génie du marketing avant la lettre, mais aussi à son amour pour sa fille, son égérie, sa passion égoïste et éperdue, douloureuse souvent. Car si Chanel habillait les femmes à son image, c'est pour sa fille que Jeanne Lanvin conçoit des vêtements : pour l'enfant, puis la jeune femme, que les fées firent comtesse Marie-Blanche de Polignac, reine du Tout-Paris...
Comment devient-on Marcel Proust ? De sa plus tendre enfance jusqu'au seuil de la mort, l'auteur d'À la recherche du temps perdu l'a écrit dans des milliers de lettres, qui sont autant d'autoportraits où l'homme, jour après jour, reconstruit l'histoire de ses origines, de sa jeunesse exposée dans les salons, de son âge mûr nimbé de mystères, et qui composent un personnage multiple, à la fois héros et chroniqueur de sa propre vie. Tel est le pari audacieux de cette biographie : derrière la multitude des masques, capturer un Proust qui ne dissimule plus son identité troublée, son corps torturé, usé, et néanmoins intact, son homosexualité radicale ou palliative, ses fidélités opportunes - humaines et religieuses -, ses repères sociaux crispés et sa vision du moderne, ses amours éperdues et calculées, ses finances florissantes et catastrophiques, son apathie et ses ambitions artistiques immenses. Car la voix qui s'exprime dans ces lettres raconte un quotidien de travail et de dîners mondains, de souffrances et de projets, d'idées, d'images et de croisements d'images, comme l'indispensable nourriture du manuscrit où grandit le roman à venir. S'appuyant sur de précieuses pages inédites, lettres, brouillons et notes, Jérôme Picon réussit le tour de force de rassembler les innombrables fragments d'un Proust intime plus vivant que jamais, écrivain de l'instant et créateur d'une oeuvre inachevée.
Comment devient-on Marcel Proust ? De sa plus tendre enfance jusqu'au seuil de la mort, l'auteur d'À la recherche du temps perdu l'a écrit dans des milliers de lettres, qui sont autant d'autoportraits où l'homme, jour après jour, reconstruit l'histoire de ses origines, de sa jeunesse exposée dans les salons, de son âge mûr nimbé de mystères, et qui composent un personnage multiple, à la fois héros et chroniqueur de sa propre vie. Tel est le pari audacieux de cette biographie : derrière la multitude des masques, capturer un Proust qui ne dissimule plus son identité troublée, son corps torturé, usé, et néanmoins intact, son homosexualité radicale ou palliative, ses fidélités opportunes - humaines et religieuses -, ses repères sociaux crispés et sa vision du moderne, ses amours éperdues et calculées, ses finances florissantes et catastrophiques, son apathie et ses ambitions artistiques immenses. Car la voix qui s'exprime dans ces lettres raconte un quotidien de travail et de dîners mondains, de souffrances et de projets, d'idées, d'images et de croisements d'images, comme l'indispensable nourriture du manuscrit où grandit le roman à venir. S'appuyant sur de précieuses pages inédites, lettres, brouillons et notes, Jérôme Picon réussit le tour de force de rassembler les innombrables fragments d'un Proust intime plus vivant que jamais, écrivain de l'instant et créateur d'une oeuvre inachevée.