Jean-françois Revel
Jean-françois Revel
Lorsque le général de Gaulle, et les autres "pères de la constitution" de 1958, fondèrent la Ve République, leur intention était de créer un exécutif fort et stable, pour soustraire le gouvernement de la France au "régime des partis", ou régime d'assemblée, antérieur. Mais ils y ont trop bien réussi, en pulvérisant de fait les autres pouvoirs, le législatif et le judiciaire. Ce n'était pas là trouver la formule d'une constitution, à la fois efficace et démocratiquement équilibrée. Au fil des années, le pouvoir présidentiel est devenu l'unique pouvoir, dont le gouvernement lui-même est devenu la simple courroie de transmission. Le paradoxe est que cette surpuissance présidentielle, à la fois omnipotente et irresponsable, a débouché à la longue sur le contraire de ce qu'elle était censée apporter, à savoir l'efficacité. La France a donc perdu sur les deux tableaux. La critique de nos institutions, que présente ici Jean-François Revel, tranche sur les critiques habituelles. Il ne s'agit pas, en effet, à ses yeux, de savoir si le mandat présidentiel est trop long ou trop court, s'il doit être renouvelable ou non. Il ne s'agit pas non plus de remettre en question l'élection au suffrage universel direct, à laquelle les Français sont devenus, à juste titre, très attachés. Il s'agit de redéfinir le contenu des attributions présidentielles, et de les réinsérer dans un ensemble qui redevienne démocratique, c'est-à-dire qui soit fondé sur le contrôle mutuel des pouvoirs. C'est qu'il faut s'interroger sur ce que l'on entend au juste par État fort. Un pays peut très bien, comme en Amérique latine, avoir un président fort à la tête d'un État faible. Le président fait exécuter par l'État tout ce qui lui plaît. Mais l'État est, en même temps, incapable de résoudre les grandes questions de fond de la société. Sa politique étrangère même, le trop fameux "domaine réservé", peut s'égarer. Ce pays tombe alors de l'absolutisme inefficace dans l'anarchie autoritaire.
Et si la plus grande menace pour les démocraties venait de leur propre aveuglement face au terrorisme ?
Une confrontation inédite entre l'Orient et l'Occident, entre deux cultures, deux visions de la vie, entre un père, philosophe, et son fils, moine bouddhiste. "Un livre exceptionnel, le meilleur sans doute que l'on puisse trouver aujourd'hui sur la vérité, mais aussi sur les difficultés du boudhisme." Luc Ferry, Le Point "Imprégné de la pensée occidentale rationaliste, Jean-François Revel dialogue avec son fils Mathieu Ricard, biologiste devenu moine bouddhiste. Au fil de la conversation, ce sont finalement les grandes questions aux frontières de la philosophie, de la science, de la spiritualité et du politique qui sont abordées. Une riche réflexion sur le sens de la vie et de l'engagement contemplatif." Frédéric Lenoir, L'Express
A-t-on tiré les enseignements de la chute du mur de Berlin et de l'effondrement du régime soviétique qui s'ensuivit ? Dix ans à peine après ces événements majeurs du XXe siècle, il semblerait qu'au rêve totalitaire avorté ait succédé dans l'esprit de la gauche internationale le projet d'un retour aux sources de la doctrine communiste. Le déni de l'Histoire n'aura pas suffi et, par un invraisemblable retournement de situation, c'est aujourd'hui le procès du libéralisme qu'instruisent les élites socialistes.
Cet abécédaire est une invitation à lire et relire l'oeuvre de Jean-François Revel, mordante, clairvoyante et d'une étonnante actualité. " Dix ans plus tard, le voici tel qu'en lui-même, et toujours actuel, ce combattant de la liberté d'une décapante et magnifique lucidité. " Mario Vargas Llosa Philosophe, journaliste, éditeur, critique d'art, pamphlétaire, gastronome érudit : le talent si singulier de Jean-François Revel s'est illustré de multiples façons. Chaque fois, il a manifesté la même indépendance d'esprit, le même désir d'être compris par le plus grand nombre, sans vulgariser ni banaliser la réflexion. Plus qu'un florilège de citations, cet abécédaire est une invitation à lire et relire une oeuvre mordante et clairvoyante. D'une étonnante actualité, la pensée de Revel frappe par le trait polémique et l'ironie, usant d'une constante liberté de ton face à toutes les formes de dogmatisme. Même sur des sujets graves, il savait convaincre avec un humour décapant. Comme il le disait à propos de son ami Simon Leys : " Au siècle du mensonge, parfois, la vérité relève la tête et éclate de rire. " " Composé par des amis et complices de Revel, comme j'ai eu la chance de l'être moi-même, cet abécédaire me remet en mémoire ce que je disais au lendemain de sa mort pour lui rendre hommage : cher Jean-François, nous allons te regretter. Dix ans plus tard, le voici tel qu'en lui-même, et toujours actuel, ce combattant de la liberté d'une décapante et magnifique lucidité. " Mario Vargas Llosa