Jean Dumont
Jean Dumont
On était aux derniers moments. Ça devait être mon dernier jour. Je pense que j'ai fait le tour. J'ai pas mal tout essayé, tout entendu. Je tourne en rond depuis quelque temps. Me semble qu'il n'y a rien de neuf. La vie devait être autre chose, mais c'est comme ça. De toute façon, il est temps pour moi de laisser la place. Heureusement, il y a des personnes qui comprennent que cela n'a rien à voir avec les gens, mais bien avec la vie qui est, dans mon cas, rendue à son bout. Quand on a vécu comme j'ai vécu, il est normal de faire ses valises, une dernière fois. Avec L'enfance mortelle, Jean Dumont, figure bien connue en Outaouais, signe un quatrième roman plein d'inventivité et de réflexions originales sur le sens de la vie et de la mort. Timoun, un enfant aveugle de douze ans, ne peut voir le monde, mais le comprend mieux que bien des adultes...
«Te souviens-tu quand tu étais petit et qu'on s'enfermait dans le garde-robe ? - Ah oui ! Tu voulais m'expliquer Platon et le mythe de la caverne, rien de moins. Maman servait de lumière derrière nous avec la lampe de poche pour projeter des formes sur le mur devant nous. Tu me demandais de deviner les objets. - Oui et souvent tu n'y parvenais pas, il fallait que tu regardes derrière pour saisir les objets réels. - Et ? - Et on est, ici, dans la caverne de Platon. Ce que tu y vis n'est qu'une illusion, le réel est à l'extérieur. Il faut accepter la cruauté du soleil, fiston. - La cruauté du soleil ? - La vie, la mort dans la caverne sont illusions, seule l'idée de la vie ou de la mort est vraie, réelle. La cruauté du soleil. - Pas certain que j'en sois capable, p'pa.» Depuis sa retraite comme enseignant au Cégep de l'Outaouais et chroniqueur à Radio-Canada, Jean Dumont consacre son temps au golf et à l'écriture. Dans Le batelier des rives incertaines, les lecteurs retrouveront avec bonheur le personnage d'Adéodat, qui conduit des patients atteints du cancer à leurs rendez-vous. C'est l'occasion de réfléchir à sa propre vie et, qui sait, peut-être de lui donner un second élan.
Léandre Mazure quitte la France et émigre au Québec en quête d'une nouvelle vie. Engagé comme professeur dans un cégep, l'aspirant comédien donnera le cours de poésie. Déçu de ne pas être titulaire des classes de théâtre, Léandre décide de se glisser dans la peau des poètes : tour à tour, il devient Hugo, Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé. À force de « jouer » à être un autre, il y a danger de se perdre. Est-il un professeur ou un imposteur ?