Jean-Christophe Attias
Jean-Christophe Attias
Dans un examen de conscience sans concession, deux grands intellectuels spécialistes du judaïsme replacent le choc du 7 octobre et ses suites dans l'histoire longue du conflit israelo-palestinien. Ils analysent avec justesse la situation délicate dans laquelle ils se trouvent, déchirés entre les horreurs commises par le Hamas, leur attachement à l`éthique juive, leur rejet de la politique israélienne et leur indignation et leur douleur face au massacre commis à Gaza.
" L'urgence, pour les juifs, pour les musulmans, mais aussi pour le pays lui-même, est aujourd'hui à retisser les liens, à renouer le dialogue, en renonçant aux faux-semblants, aux paroles creuses, à la bonne volonté de pur affichage. À dire - à se dire - les choses avec franchise et dans le respect mutuel. Avec un objectif immédiat, qui est le vivre-avec. Sans renoncer pour autant à un autre, plus lointain mais plus ambitieux, faire société au-delà de ce qui nous sépare "
Né en 1958 d'un couple « mixte », mère catholique charentaise et père juif d'origine algéro-marocaine, Jean-Christophe Attias s'est longtemps demandé ce qu'il pouvait bien être lui-même. À l'âge de vingt ans, il tranche de manière radicale le débat intérieur qui l'agite depuis l'enfance et se convertit au judaïsme orthodoxe. Désormais, pense-t-il, les choses sont claires : il est - et il est seulement - ce qu'il a décidé d'être. Quarante ans plus tard, il revient sur cet itinéraire. Sur ce qui s'est passé jusqu'à ce choix et après. Car Jean-Christophe Attias est toujours juif. Mais « un juif de mauvaise foi » qui, après avoir connu le réconfort d'une pratique rigoriste, goûte les joies, non moins délectables, de la transgression. Il sait désormais que l'« identité » est toujours un piège, qu'il est doux d'y tomber, mais qu'il faut savoir s'en affranchir. Ce livre, émouvant et drôle, est le récit d'un voyage. Libre, inachevé et sans destination connue. Traversant cent lieux divers, visités ou rêvés. Et jalonné d'autant de rencontres, réelles ou imaginaires, mais toujours décisives. Jean-Christophe Attias s'est-il retrouvé en chemin ? Rien n'est moins sûr. Il espère seulement que Dieu, qui n'existe pas, mais qu'il veut bien encore prier de temps en temps, continue à le reconnaître comme l'un des siens.
Livre un, ou recueil disparate ? Texte ou objet ? Révélation divine ou mythe national ? Littérature ou code législatif ? Espace de dialogue ou champ de bataille ? Prétexte à toutes les régressions ou tremplin de tous les changements ? Pour les Juifs, au fil de plus de deux millénaires, la Bible a été tout cela, et bien d'autres choses encore. Parce qu'à travers elle et les divers rapports que les Juifs ont historiquement construits avec elle, ce sont les multiples métamorphoses des Juifs eux-mêmes qui se donnent à lire. Non moins d'ailleurs que les multiples métamorphoses de leurs adversaires ou de leurs concurrents. Car la Bible a aussi été brandie contre les Juifs pour les convaincre de leur erreur, les convertir, pour démontrer la bassesse ou la médiocrité supposées de leur nature. Est-ce donc bien toujours au même « Livre » que songe chacun en prononçant le mot ? C'est à cette question que répond avec une profondeur et une érudition étourdissantes cette libre méditation qui aspire à enseigner, éclairer, mais aussi briser certaines évidences pour en retrouver d'autres, et abolir le sentiment de « familière étrangeté » que la Bible éveille en chacun, croyant ou pas.
Un soir de novembre 2003, à la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde, le romancier et sociologue Azouz Begag, enfant des bidonvilles et de la banlieue à Lyon, croise Dominique de Villepin, flamboyant ministre des Affaires étrangères. Sur le mode de la plaisanterie, Azouz lui fait savoir combien il aimerait être ambassadeur dans quelque pays lointain d'Afrique. Dix-huit mois plus tard, le jeudi 2 juin 2005, son portable sonne : c'est Villepin, nouveau Premier ministre, qui lui annonce de but en blanc qu'il l'a nommé ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances. Une nomination symbolique pour incarner la diversité française ? ou bien une promotion destinée à faire contrepoids à l'image répressive du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy ? De fait, à compter du jour où le mot « racaille » est lancé par ce dernier et à compter du début de la crise des banlieues de novembre 2005, c'est la guerre ouverte entre l'hôte de la place Beauvau, son entourage, et le ministre délégué, insulté, ignoré, bafoué, confiné dans sa rage et sa persévérante volonté de bien faire. C'est la chronique de ces deux ans d'expérience gouvernementale, unique dans les annales de la République que retrace ce récit haut en couleurs.
Le débat public paraît plus que jamais dominé par une " géographisation " simpliste des problématiques territoriales et par une idée erronée, quoique répandue, selon laquelle le " périurbain " serait inéluctablement un bassin de relégation et un réservoir du vote FN. Le débat public paraît plus que jamais dominé par une " géographisation " simpliste des problématiques territoriales et par une idée erronée, quoique répandue, selon laquelle le " périurbain " serait inéluctablement un bassin de relégation et un réservoir du vote FN. Or pour ouvrir la voie à une action véritablement efficace, en une période où le super-territoire, la Métropole, semble être devenu le nouveau sésame de l'intégration, il faut analyser " fractures " et " relégations " avec quelque rigueur. Et surtout ne pas se contenter de recycler l'opposition ville/campagne pour s'en tenir à une vision binaire et statique occultant un monde à la fois plus complexe et plus dynamique. Déjà faudrait-il se mettre d'accord sur le sens des mots employés pour en parler. Qu'entend-on finalement par " périurbain " ou encore par " banlieue " ? Y a-t-il derrière ces mots des réalités stables et homogènes ? Il est permis d'en douter. De fait, seule l'articulation de nouveaux concepts, évoquant des formes de vie plutôt que de simples ancrages territoriaux, paraît en mesure de décrire toutes les mobilités à l'oeuvre. Réunissant acteurs de terrain et chercheurs, cet ouvrage tente un diagnostic, évalue les actions déjà engagées et formule des propositions. En une période de refonte de la politique de la ville et de réforme territoriale, l'enjeu d'une telle approche croisée, intégrant les questions sociales, économiques et environnementales, paraît crucial. Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias animent tous les deux depuis 2005 " Le Pari(s) du Vivre-ensemble ". Photographies de Luc Boegly.