Esther Benbassa
Esther Benbassa
Dans un examen de conscience sans concession, deux grands intellectuels spécialistes du judaïsme replacent le choc du 7 octobre et ses suites dans l'histoire longue du conflit israelo-palestinien. Ils analysent avec justesse la situation délicate dans laquelle ils se trouvent, déchirés entre les horreurs commises par le Hamas, leur attachement à l`éthique juive, leur rejet de la politique israélienne et leur indignation et leur douleur face au massacre commis à Gaza.
Istanbul, Tel Aviv, Paris. Trois villes, trois vies. Et un destin. Celui d'Esther Benbassa qui raconte son parcours de Juive athée, d'universitaire renommée, de femme politique française et de cosmopolite revendiquée. Une épopée simple, un voyage singulier guidé par l'attachement à l'héritage des générations et par le goût de l'avenir. Une histoire d'émancipation, un témoignage libre et vrai. Née en 1950 à Istanbul, dans une famille de la moyenne bourgeoisie juive, Esther Benbassa émigre en Israël avant de faire le choix de la France et d'en prendre la nationalité. Du CNRS à l'École pratique, elle devient spécialiste de ce monde sépharade d'Orient qui fut celui des siens et dont elle a entrepris d'écrire l'histoire. Intellectuelle publique intervenant dans les grands débats de société, elle devient sénatrice du Val-de-Marne, puis de Paris, s'engageant dans le combat pour les libertés publiques et pour les droits des minorités et des exclus. Une identité plurielle, un itinéraire hors norme. Toute une vie de conquête du savoir, d'enrichissement intellectuel et humain, de dévouement à la cause publique. Quand les voyages, les langues, l'imaginaire, les écrits et les rencontres s'unissent pour tisser ensemble une existence exceptionnelle.
Violences sexistes et sexuelles en politique "Notre quotidien, au Parlement, c'est d'être interrompues de manière intempestive, de subir en bruit de fond les bavardages et parfois les moqueries, de ne pas être écoutées. Prendre la parole pour dire que nous ne voulons plus subir les violences sexistes ou sexuelles que certains hommes nous infligent : voici l'urgence."
" L'urgence, pour les juifs, pour les musulmans, mais aussi pour le pays lui-même, est aujourd'hui à retisser les liens, à renouer le dialogue, en renonçant aux faux-semblants, aux paroles creuses, à la bonne volonté de pur affichage. À dire - à se dire - les choses avec franchise et dans le respect mutuel. Avec un objectif immédiat, qui est le vivre-avec. Sans renoncer pour autant à un autre, plus lointain mais plus ambitieux, faire société au-delà de ce qui nous sépare "
A l'orée d'une campagne présidentielle qui sera marquée par les débats sur l'identité nationale, l'intégration et l'immigration, Esther Benbassa, auteur cosmopolite, fille d'immigrés amoureux de la France et intellectuelle de haut vol, s'insurge et prend parti. Dans ce livre coup de poing et vivant, elle nous réconcilie avec une France historique inspirée par les véritables valeurs républicaines. Elle a la légitimité, le verbe, l'esprit et la plume pour clouer le bec à plus d'un. Traduite dans de nombreux pays, lauréate du Prix Françoise Seligmann contre le racisme, Esther Benbassa est notamment l'auteur de Être juif après Gaza (cnrs Editions, 2009), Histoire des Juifs de France (Seuil, 1997) et La Souffrance comme identité (Fayard, 2007).
Cet ouvrage montre brillamment comment en monde juif, depuis les fondations bibliques elles-mêmes, la souffrance, ses représentations et sa ritualisation ont façonné au fil des siècles l?histoire d?un peuple et d?une religion, et plus encore l?idée que ce peuple et cette religion se faisaient de leur histoire, désormais « lacrymale ». Il suit ce parcours jusqu?à ses ultimes métamorphoses et analyse le lien indissoluble qui s?est finalement tissé entre le génocide et l?État d?Israël, sa politisation, sa banalisation et sa transformation récente en une religion civile accessible à tous, un judaïsme « de l?Holocauste et de la Rédemption » ? la Rédemption étant la création de l?État hébreu. Au-delà du cas juif, il fournit des clés de compréhension des diverses trajectoires mémorielles et identitaires d?aujourd?hui, aussi nécessaires ou inévitables qu?envahissantes et dont la mémoire de la Shoah est devenue le modèle. Traitant pour la première fois dans la très longue durée et dans une perspective comparatiste l?immense dossier de la souffrance comme identité, Esther Benbassa engage aussi le débat, face à des devoirs de mémoire tyranniques, sur un droit à l?oubli qui ne serait pas amnésie, mais confierait à une histoire enfin plurielle et partagée le dépôt de nos passés de souffrances. Ce choix reste-t-il toutefois praticable dans une société qui fait du bien-être sa valeur suprême, où la souffrance distingue et garantit le plus souvent l?accès à une forme de reconnaissance, même si elle est essentiellement symbolique et n?ouvre pas toujours sur un avenir constructif ?
Trouver l'amour ? En ce qui la concerne, Kate Seymour y a renoncé depuis une éternité. Ironie du sort, elle a hérité d'un don infaillible : détecter l'alchimie entre deux êtres. Alors, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, elle a lancé l'agence de rencontres Kinnections. Mais voilà qu'au lieu de provoquer des étincelles, Kate s'attire les foudres de Slade Montgomery. Avocat cynique, ce magnat du divorce n'est autre que le frère d'une de ses clientes. Le jour où il débarque dans son bureau et clame que Kinnections n'est qu'une arnaque, Kate se jure de tout faire pour lui prouver le contraire. Quitte à mettre son propre coeur en péril.
Le débat public paraît plus que jamais dominé par une " géographisation " simpliste des problématiques territoriales et par une idée erronée, quoique répandue, selon laquelle le " périurbain " serait inéluctablement un bassin de relégation et un réservoir du vote FN. Le débat public paraît plus que jamais dominé par une " géographisation " simpliste des problématiques territoriales et par une idée erronée, quoique répandue, selon laquelle le " périurbain " serait inéluctablement un bassin de relégation et un réservoir du vote FN. Or pour ouvrir la voie à une action véritablement efficace, en une période où le super-territoire, la Métropole, semble être devenu le nouveau sésame de l'intégration, il faut analyser " fractures " et " relégations " avec quelque rigueur. Et surtout ne pas se contenter de recycler l'opposition ville/campagne pour s'en tenir à une vision binaire et statique occultant un monde à la fois plus complexe et plus dynamique. Déjà faudrait-il se mettre d'accord sur le sens des mots employés pour en parler. Qu'entend-on finalement par " périurbain " ou encore par " banlieue " ? Y a-t-il derrière ces mots des réalités stables et homogènes ? Il est permis d'en douter. De fait, seule l'articulation de nouveaux concepts, évoquant des formes de vie plutôt que de simples ancrages territoriaux, paraît en mesure de décrire toutes les mobilités à l'oeuvre. Réunissant acteurs de terrain et chercheurs, cet ouvrage tente un diagnostic, évalue les actions déjà engagées et formule des propositions. En une période de refonte de la politique de la ville et de réforme territoriale, l'enjeu d'une telle approche croisée, intégrant les questions sociales, économiques et environnementales, paraît crucial. Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias animent tous les deux depuis 2005 " Le Pari(s) du Vivre-ensemble ". Photographies de Luc Boegly.
Dans le sillage des attentats de janvier 2015, la nuit tragique du 13 novembre a fait basculer la France dans une ère de violence, de deuil et d'anxiété. Dans un enchaînement de catastrophes, le pays paraît s'enfoncer lentement dans le chaos. Une secousse qui bouscule aussi les êtres, jusque dans leurs retranchements, faisant remonter les vécus enfouis qui se confondent parfois avec ceux des hommes et des femmes fauchés par les balles des terroristes. Qui donc étaient ces morts? Leurs histoires interpellent les nôtres, les associant à celle de toute une nation en panique.Une femme venue d'ailleurs essaie de relire ce qui est arrivé à l'aune de ses errances passées, avec empathie, dans ses nuits désormais blanches. Elle croise les vies, les lieux, les époques, les libertés évanouies, la politique en berne, et refuse obstinément de céder au désespoir ambiant. Elle descend dans ses propres décombres pour redonner un peu de vie à ces morts dont l'ombre a pesé de tout son poids sur les événements des mois qui ont suivi. Célébration de la liberté, ce récit est aussi un regard sur le monde d'où la vie, malgré tout, sort victorieuse.
Qu'est-ce qu'une " minorité " ? Un groupe numériquement faible que sa religion, son origine ethnique, la couleur de sa peau ou son orientation sexuelle distingue de la population dite majoritaire, et expose à des discriminations d'ampleur et de nature variables. En France, le mot renvoie plus spécifiquement à tous ceux que l'on continue de percevoir comme étant " issus de l'immigration ", quand bien même ils seraient français depuis plusieurs générations. " Visibles " lorsqu'elles dérangent, ces minorités deviennent curieusement " invisibles " dès qu'il s'agit de représentation politique. En intégrant les " minoritaires " au jeu politique, les partis trouveraient à la fois le moyen d'emporter l'adhésion active de populations traditionnellement négligées et l'occasion de conformer leur pratique à leurs idéaux affichés pour dégripper enfin l'ascenceur social. S'en tenant au constat que ces populations, au fond, ne votent pas, ou guère, beaucoup de politiciens se montrent finalement peu soucieux de les inciter à le faire, alors que le vote est la première expression d'une citoyenneté responsable. Réunissant les analyses des meilleurs spécialistes européens et américains de la question, ainsi que les témoignages d'acteurs politiques français, cet ouvrage de référence aborde le fait minoritaire dans une perspective comparatiste, pour mieux en saisir les enjeux et mettre à mal les préjugés et les peurs qui l'entourent, en particulier dans un contexte de forte poussée national-populiste.