Jacques Rossiaud
Jacques Rossiaud
«Tu ne feras pour toi ni sculpture ni image quelconque de ce qui est dans les cieux en haut, sur la terre en bas, et dans les eaux sous terre.» (Exode 20, 4) Si la représentation est fonction du langage, elle ne semble pas aller de soi pour certaines écritures qui assument apparemment l'interdit proféré par la parole divine. Pour la tradition juive, ce commandement équivaut à l'interdit de l'idolâtrie. Freud est le premier à le reconnaître comme «un triomphe de la vie de l'esprit sur la vie sensorielle» et pulsionnelle. L'interprétation de ce deuxième commandement ne fait cependant pas l'unanimité dans la tradition qui l'a promulgué. L'histoire de l'art juif, depuis la construction du Temple de Jérusalem jusqu'aux créations des maîtres contemporains, montre que l'interdit biblique ne fut jamais interprété à la lettre. Les sages du Talmud admettent la représentation des formes vivantes tout en lui assignant une limite, et leurs débats nous enseignent ce que la distinction entre le réel, l'imaginaire et le symbolique engage sur le plan éthique. Cet enseignement est ici le point de départ d'une relecture des oeuvres de Duras, Sarraute et Guyotat, qui s'interdisent la représentation par un travail d'écriture visant à délégitimer l'image. Elles sont, ces oeuvres - sublimation du pulsionnel oblige -, pétries par une force corporelle qui, non contenue par les limites de l'image, met en jeu le réel d'une jouissance à déchiffrer.
"Chasse les prostituées, aussitôt les passions troubleront tout": le second Moyen Âge semble une méditation sur ces paroles de saint Augustin. Ribaudes et grandes courtisanes, ruffians et maquerelles, étuves privées et bordels publics : le monde des amours vénales, bien visible, marquait alors les sociétés occidentales de son omniprésence. Vingt ans après son ouvrage fondateur, La Prostitution médiévale (Flammarion, 1988), Jacques Rossiaud renouvelle ses analyses à la lumière de la recherche récente. En une synthèse magistrale, il brosse le tableau non plus de la, mais des prostitutions au Moyen Âge, mettant en évidence la complexité des pratiques qui relèvent de la vénalité, et la multiplicité des consonances sociales que celle-ci revêt.
"Chasse les prostituées, aussitôt les passions troubleront tout": le second Moyen Âge semble une méditation sur ces paroles de saint Augustin. Ribaudes et grandes courtisanes, ruffians et maquerelles, étuves privées et bordels publics : le monde des amours vénales, bien visible, marquait alors les sociétés occidentales de son omniprésence. Vingt ans après son ouvrage fondateur, La Prostitution médiévale (Flammarion, 1988), Jacques Rossiaud renouvelle ses analyses à la lumière de la recherche récente. En une synthèse magistrale, il brosse le tableau non plus de la, mais des prostitutions au Moyen Âge, mettant en évidence la complexité des pratiques qui relèvent de la vénalité, et la multiplicité des consonances sociales que celle-ci revêt.
Lyon 1250-1550. Réalités et imaginaires d'une ville, propose un voyage entre Rhône et Saône au temps où la ville rayonnait par ses foires, ses livres et ses poètes. Le parcours commence par deux brèves synthèses qui font revivre la ville au premier XVIe siècle et les rapports qu'elle a entretenus au fil des siècles avec ses fleuves. Il se poursuit par une analyse du célèbre Plan scénographique de 1550 et s'attarde sur les gens des métiers. Les belles séries fiscales conservées aux Archives Municipales permettent de définir un groupe socioprofessionnel original, les affaneurs, et de comprendre la spécificité des confréries lyonnaises à la fin du Moyen Âge. La vie politique de la cité rhodanienne entrée en 1312 seulement dans le royaume de France et longtemps située à sa frontière, est étudiée sous l'angle de l'historiographie, des emblèmes de la ville et de la production documentaire considérée comme un acte politique. En suivant la plume alerte de Jacques Rossiaud, le voyageur s'intéressera aussi aux manières de vivre des Lyonnais et Lyonnaises entre XIVe et XVIe siècle : l'alimentation, les langues et les façons de s'exprimer, l'éducation que recevaient les jeunes et les formes souvent violentes que prenait leur sociabilité, les relations amoureuses enfin. L'itinéraire s'achève par une reconstitution des rituels et des représentations urbaines. L'étude d'une procession d'un exceptionnel intérêt, la fête des Merveilles et ses métamorphoses, conduise le lecteur du temps où l'archevêque de Lyon régnait en seigneur sur la ville à l'aube de la Contre-Réforme. Tout au long du parcours, on rencontre des Lyonnais célèbres, les François Garin, Pierra Sala ou Symphorien Champier, mais on découvre aussi de multiples destins forgés par une étonnante mobilité sociale et géographique (tels les Meynier alias Lyure) . L'ouvrage comble un manque de la production historiographique et procure une vue riche et originale sur l'histoire de l'une des grandes villes d'Europe entre Moyen Âge et époque moderne. Fruit d'une longue familiarité avec les archives lyonnaises, le livre est une synthèse qui ouvre de nouvelles pistes de recherche.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.