Géraldine Aïdan
Géraldine Aïdan
"Comment s'y retrouver dans ce pays qui change si curieusement...?" Dans cette expérience commune d'un deuxième recommencement du monde, toujours fragile, provisoire et aléatoire, Jo Jong-nae nous montre combien, l'ancien et le nouvel ordre social cohabitent. Où l'ancien est toujours prêt à resurgir et à être actif, tout en se déployant, au service du nouvel occupant-libérateur et où le nouveau va jusqu'à être érigé en loi, réduisant davantage le peuple à l'asservissement, en affamant non seulement "les corps mais aussi les esprits".
L'identité juridique de la personne humaine nécessite aujourd'hui d'être revisitée : aux critères objectifs traditionnels (nom, prénom, nationalité) renforcés par des nouveaux critères biologiques et technologiques (données biométriques, empreintes génétiques...) s'adjoignent de plus en plus des critères subjectifs (volonté, sexe psychique, sentiment d'appartenance...) pour déterminer l'identité de la personne humaine. Sur chacun des aspects de l'identité de la personne humaine, une double analyse, juridique et extrajuridique a ainsi été menée.
Ces dernières décennies, un phénomène juridique et politique d'ampleur a vu le jour : l'immixtion du droit dans la sphère intime des individus. Cet ouvrage vise à montrer la prise en compte croissante de la dimension psychique des personnes par l'État. L'intérêt porté à l'intériorité ne se limite plus à la volonté et à ses déclinaisons, mais s'ouvre désormais à l'identité, au sexe, à la souffrance, à la filiation psychiques comme au libre épanouissement et au bien-être. Désormais, les préjudices d'anxiété ou les troubles de stress post-traumatiques sont juridiquement reconnus, et les comportements psychiques encadrés au même titre que les comportements physiques. Cette évolution marque l'émergence d'un sujet psychique dans la sphère juridique et invite à repenser les usages du corps dans le droit et la science du droit. Cet ouvrage déplace le regard vers la dimension intérieure de la personne et s'attache à identifier, décrire et analyser les normes juridiques visant un fait psychique. Comment sont-elles organisées ? Comment évoluent-elles ? À quelles conditions est-il possible de connaître concrètement un fait par nature non directement observable ? Quels procédés et nouvelles sciences les acteurs du droit mobilisent-ils pour s'en emparer ? Dans quelle mesure l'encadrement juridique des psychismes individuels est-il devenu un enjeu majeur de nos politiques publiques ? L'introduction de la psyché dans le droit d'États démocratiques constitue une nouvelle étape décisive de la modernité et la psychépolitique un nouveau versant de la biopolitique contemporaine.