Genevieve Lessard
Genevieve Lessard
Dans quels contextes se manifestent les violences dans la vie des enfants et des adolescents ? Comment ces jeunes définissent-ils eux-mêmes leur expérience de ces violences ? Le développement des recherches et des interventions témoigne-t-il d'une reconnaissance de ces jeunes comme des acteurs sociaux importants ? Nos façons de définir et de mesurer les violences sont-elles adéquates ? Y a-t-il lieu de revoir les fondements théoriques et méthodologiques de notre étude de ce phénomène ? Les politiques sociales et les programmes d'intervention sont-ils adaptés aux besoins des jeunes victimes de violences ? De tels questionnements, qui émanent de la multiplication des écrits sur les violences dans la vie des enfants et des adolescents des dernières décennies, sont cruciaux et constituent l'essence du présent ouvrage. L'analyse qui en est faite se veut entière ; elle cherche à inclure plusieurs formes de violences vécues dans différentes sphères de vie des jeunes et elle désire interpeller les divers acteurs en sciences humaines et sociales qui s'intéressent à la question. Ce livre - qui offre un espace de réflexion critique par l'analyse de certains enjeux théoriques, méthodologiques ou sociaux eu égard aux connaissances et aux pratiques actuelles dans le domaine - s'adresse donc autant aux chercheurs et aux étudiants qu'aux praticiens, aux gestionnaires ou aux politiciens.
Cette fois encore, Nouvelles pratiques sociales propose un numéro substantiel, tant par la richesse des analyses menées dans les différents articles que par son nombre de pages ! Il reflète ainsi l'évolution de la revue, qui publie à présent des dossiers contenant régulièrement de huit à dix articles scientifiques - soit environ le double du nombre d'articles inclus dans les dossiers de la première moitié de l'existence de la revue, fondée en 1988. Or, la publication de ces articles repose sur le processus d'évaluation par les pairs, chaque article étant soumis à l'examen critique d'au moins deux personnes chargées de formuler un jugement sur leur qualité scientifique. Il est de plus en plus fréquent que nous ayons à solliciter près de 10 personnes (parfois plus !) pour réaliser ce travail essentiel. En effet, l'évaluation ne consiste pas seulement à autoriser ou à refuser la publication d'un texte, le processus étant, comme souvent, aussi important que son résultat : la conversation scientifique qui se déroule au travers des commentaires issus de l'évaluation et des réponses données par les auteur·es participe assurément d'un perfectionnement des textes. Au-delà de l'enjeu de l'acceptation ou non d'un article, cette conversation a, de surcroît, le potentiel de nourrir les réflexions des auteur·es comme des évaluatrices et évaluateurs, à long terme.