Frithjof Schuon
Frithjof Schuon
Le pire travers de notre époque est sans doute de nier qu'il existe une Vérité - ou Réalité - intangible. Autrefois, l'esprit de subversion, fatalement présent dans le monde, était plus ou moins endigué par les religions et les sagesses traditionnelles. Mais les digues protectrices ont fini par céder et les vérités les plus évidentes, qui relèvent d'un principe, sont systématiquement remises en question. Or, qui dit vérités, dit vérité totale à laquelle elles se conforment, sauf à n'avoir d'autre fondement que le caprice ou l'intérêt. On s'ingénie plus que jamais à « remplacer » le Réel immuable par une illusion de Réel. Au fond, l'homme s'approprie - du moins le croit-il - la pure Liberté qui n'appartient qu'à la Vérité. On n'a jamais autant travesti le Réel, parce qu'on n'a jamais tant haï la Vérité. On laisse entendre aux hommes d'aujourd'hui que l'absence de critères est la liberté, les projetant ainsi dans le flux des rêves illusoires. C'est pourquoi, il est apparu fort utile de réunir l'essentiel de ce que Frithjof Schuon a écrit sur le Réel et l'irréel. Ce n'est qu'en connaissance de cause que l'homme peut juger des phénomènes qui sont susceptibles d'obscurcir son regard.
En cette période particulièrement instable - prolifération planétaire des guerres et des conflits, dérèglement climatique, catastrophes naturelles en cascade, immigration de masse, relâchement des moeurs, effondrement de toute vie spirituelle -, nombreux sont ceux qui évoquent la proximité de la fin des temps. En dépit de ce malaise général, diverses théories - à rebours des données traditionnelles de tous les univers religieux et spirituels - ont vu le jour. En général, elles entrevoient une évolution prodigieuse et sans précédent, ce que semble illusoirement augurer le développement spectaculaire de l'espace numérique et de l'intelligence artificielle. En parallèle, on trouve l'optimisme eschatologique extravagant propagé par des pseudo- et néo-spiritualités. C'est pourquoi il est apparu fort utile de réunir l'essentiel de ce que Frithjof Schuon a écrit à propos de cet âge sombre - appelé « kali-yuga » par les hindous et « âge de fer » par les Anciens - en se référant à tous les mondes religieux et sapientiels. Puisse le lecteur découvrir dans ces pages les causes multiples et le sens profond des bouleversements observés et en tirer toutes les conséquences.
Dans la lignée de ses précédents ouvrages, Frithjof Schuon présente une doctrine qui se propose de rappeler à l'homme moderne sa nature théomorphique et à rétablir le lien, trop souvent rompu, de celui-ci avec le Ciel et avec la beauté qui l'environne partout, dans la nature vierge, les créatures ou l'art sacré, et dont les manifestations sont autant de théophanies. C'est à cet homme, doué en sa substance même de ce qu'on peut appeler « l'instinct religieux », que s'adresse l'auteur dont le propos - par-delà l'apparente diversité des sujets abordés - s'articule autour des trois notions fondamentales de la Vérité, du Bien et du Beau. Telle est pour Frithjof Schuon la vocation première de l'homme : « connaître le Vrai, vouloir le Bien, aimer le Beau. » Ce livre n'a pas d'autre ambition que de nous guider vers cette voie de l'intériorité contemplative et intellective en éveillant en nous le sens de « cette barque salvatrice », la prière.
« L'image de l'homme que nous offre la psychologie moderne n'est pas seulement fragmentaire, elle est misérable. En réalité, l'homme est suspendu entre l'animalité et la divinité ; or la pensée moderne, qu'elle soit philosophique ou scientifique, n'admet pratiquement que l'animalité. » Le propos de cet ouvrage est de réaffirmer la noblesse native de la nature humaine déiforme. L'apanage fondamental de l'homme est en effet l'ouverture de son intelligence à la connaissance métaphysique, c'est-à-dire sa faculté de connaître et aimer Dieu - et par suite le Beau, le Bien et le Vrai. Cette faculté détermine le sens du sacré, de la prière et de la contemplation. Toutes choses sont alors reconduites à leur source divine comme autant de théophanies. Ainsi le symbole parle-t-il à notre intelligence et la création est-elle rendue à sa transparence métaphysique originelle. Il s'agit donc de corriger et parfaire l'image de l'homme, aujourd'hui mutilée, pour rendre compte de sa vraie nature. C'est cela ce que l'auteur croit pouvoir appeler la « transfiguration de l'homme ».
L'homme moderne, ironiquement baptisé "homo festivus" par Philippe Muray, est spirituellement et psychologiquement dépourvu de centre. Pourtant tout espoir n'est pas perdu pour lui, car il y a un Centre surhumain qui est toujours à notre portée et dont nous portons la trace en nous-mêmes, étant donné que nous sommes faits à l'image du Créateur. Si décentré que soit l'Homme, dès qu'il se tourne sincèrement vers le Ciel, son rapport avec Dieu lui confère un centre.
Que faut-il entendre par « Religion pérenne » ? Pour Frithjof Schuon, la pérennité de la religion dérive de l'absoluité et de l'éternité de sa vérité ultime. Quant au mot « religion », au singulier, il désigne à la fois l'essence de toutes les traditions authentiques et le caractère d'obligation et d'intégralité que le lien religieux comporte. Le but premier de l'ouvrage est donc de décrire la Réalité Divine. Pour cela, il est nécessaire de lever certains des voiles confessionnels qui cachent la Vérité pure. Ainsi l'auteur montre que l'introduction de biais moraux, de zèle obédientiel ou de « sublimisme » mystique en théologie et spiritualité chrétiennes et musulmanes nuit trop souvent à l'intelligibilité du message central de ces religions. Illustrant à la fois les aspects essentiels et fragmentaires des religions formelles, le chapitre final apporte des éclaircissements précieux sur la question complexe des états posthumes.
Ce n'est qu'en partant des principes métaphysiques que l'on peut comprendre la nature profonde des deux religions que sont le christianisme et l'islam, leurs points communs et les incompatibilités théologiques de surface. La marge humaine et les vicissitudes historiques expliquent du reste bien des choses. Dans cet ouvrage, F. Schuon développe certains aspects archétypaux du christianisme, aspects que l'on retrouve aussi bien dans l'islam que dans l'hindouisme ou le bouddhisme, et qui sont autant de ponts entre les diverses religions.
Dans la continuité de son premier livre sur la médiation intitulé "Sociologie des pratiques de médiation" (2002), Fathi Ben Mrad poursuit ses analyses de la médiation. L'auteur appréhende les médiations à partir des communications observées en situation. Son objectif est notamment de scruter les interactions communicatives des médiateurs et des médiés. Des figures comme le démasquage, le sous-entendu, ou la concession apparaissent dès lors comme des rhétoriques singulières observables chez ces médiés. Figures, face auxquelles les médiateurs développent des habilités adaptatives et des ajustements de leurs pratiques.
Le terme ésotérisme est si souvent usurpé pour masquer des idées aussi peu spirituelles et aussi dangereuses que possible, et ce qu'on connaît des doctrines ésotériques est si souvent plagié et déformé, qu'il n'y a pas seulement avantage, mais même obligation, de faire entrevoir, d'une part ce qu'est l'ésotérisme véritable et ce qu'il n'est pas et, d'autre part, ce qui fait la solidarité profonde et éternelle de toutes les formes de l'esprit. [...] Si nous parlons d'unité transcendante, nous voulons dire par là que l'unité des formes religieuses doit être réalisée d'une façon purement intérieure et spirituelle, et sans trahison d'aucune forme particulière. Les antagonismes de ces formes ne portent pas plus atteinte à la vérité une et universelle, que les antagonismes entre les couleurs opposées ne portent atteinte à la transmission de la lumière une et incolore.
Conventionnellement, on considère le soufisme comme l'ésotérisme de l'islam. Ce livre entend montrer que cette définition ne peut être acceptée qu'en émettant certaines réserves. En effet, quand on étudie le soufisme sans aucune idée préconçue, on se rend compte qu'il n'est pas l'ésotérisme mais qu'il le contient. C'est dire qu'il y a deux soufismes, un qui prolonge simplement la religion commune dans le sens de la piété, de l'ascèse, de l'imagerie mythique et mystique, et un autre qui est la quintessence du symbolisme religieux et qui, par là même, le dépasse ; cette quintessence est métaphysique et, par conséquent, universelle.
Valérian, le plus grand space-opéra publié par des auteurs français, nous entraîne dans un monde et un futur lointains. Le duo est constitué d'agents spatio-temporels : Valérian et Laureline. C'est à bord d'un vaisseau affrété par Galaxity, capitale de l'Empire Terrien, qu'ils se déplacent pour vivre des aventures hautes en couleur. Les scénarios font d'habiles clins d'oeil à notre époque, mettant en scène tyrans et dictateurs, souvent bien proches de ceux de notre 20ème siècle. Le dessin est classique mais doué d'une fantaisie qui donne une saveur rarement égalée aux créatures monstrueuses ou sympathiques que croise Valérian. Grâce à des histoires formidablement inventives, les auteurs de Valérian ont su séduire le public le plus large possible depuis 1967, année de création de cette série pour l'hebdomadaire PILOTE. L'album Les Habitants du Ciel constitue une étonnante "encyclopédie loufoque" détaillant chacune des créatures qui apparaissent dans les 13 albums.