Didier Chaulet
Didier Chaulet
La notion de médiation s'est imposée ces dernières années dans le domaine du soin psychique, en particulier dans les dispositifs de groupe. Son acception la plus courante vient essentiellement désigner le fait d'introduire dans les séances une activité comportant une dimension de jeu ou de création par le biais d'objets médiateurs encore appelés objets intermédiaires, objets de la relation. Cet usage pratique, s'il vient circonscrire le cadre général des groupes thérapeutiques dits à médiation, ne peut en exclure le champ plus spécifique des psychothérapies de groupe privilégiant la parole, dans la mesure où le groupe en lui-même vient ici se constituer comme espace de médiation entre patients et thérapeute. Comment définir la fonction médiatrice suivant ces différentes modalités de groupe ? Peut-on envisager une articulation entre processus de médiation et processus groupal ? A quel niveau situer le ressort thérapeutique ? Autant de questions qui méritent d'être abordées comme un problème engageant des choix théoriques et par conséquent un choix de pratique clinique. En présentant un large panorama d'approches thérapeutiques, les auteurs confrontent leur cadre de référence sur ces différents points, supposant une nécessaire formation pour sortir de positions simplement empiriques.
Cet ouvrage développe une réflexion sur les potentialités régressives des dispositifs de groupe. Leur capacité à réactiver différentes phases constitutives de la vie psychique induisent des expériences subjectives primitives, traversées par des éprouvés corporels. Cette possibilité de réveiller des traces mnésiques inconscientes, avec son cortège de manifestations sensori-motrices, vient ouvrir la question du travail de symbolisation, dans ces conditions spécifiques. Comment cette présence du corps et son expression gestuelle, en lien avec les autres du groupe, préfigurent et font advenir le langage ? Quelles modalités de transformations contient le groupe pour accueillir des patients aux troubles identitaires, aux symptômes archaïques, que ce soit de nature structurelle ou processuelle ? Comment cet espace de travail psychique groupal, avec ses mouvements incessants, entre « je suis toi » (ou comme toi) et « je ne suis pas toi » (ou pas comme toi), favorise pour chacun une appropriation subjective ? Les auteurs s'appuient sur leur expérience clinique et les évolutions de la théorie psychanalytique mises à jour dans le champ des pathologies les plus archaïques pour apporter leur contribution à la recherche actuelle sur les modèles du soin psychique. Ouvrage publié sous l'égide du CIRPPA, Auxerre. Mise en vente le 18 juin 2015.