David Le Breton
David Le Breton
Et si les écrans redéfinissaient notre façon de parler, d’écouter et de vivre ensemble ? Ce débat passionnant entre Najat Vallaud-Belkacem, David Le Breton et Julie Neveux explore les enjeux de la parole à l’ère numérique.
Le sportif de haut niveau est-il cet « extrême contemporain » condamné à voir disparaître son propre corps par épuisement à vouloir être à la hauteur des performances et des innovations techniques ? L'homme sensible doit-il céder et s'hybrider à la machine, à l'inerte, pour satisfaire aux performances physiques attendues sur les stades, charge à l'exosquelette de battre les successeurs d'Usain Bolt ?
Une anthropologie sensible de ce vélo qui, comme la marche, nous donne tant le sentiment d'être vivant·es. L'espace, en France, semble entièrement colonisé par la voiture. Semble ? Oui, car une curieuse machine fait de la résistance : le vélo. Devenu un emblème de l'écologie politique, il appelle (sauf en compétition) à la lenteur, à la nonchalance, à ne pas traverser le monde mais à en faire partie. Fidèle à son approche humaine, érudite, malicieuse, David Le Breton nous montre le vélo et le cycliste sous une lumière sensible et dans tous ses aspects culturels, techniques, touristiques, sociétaux ou sportifs.
Et si le bonheur se trouvait au bout de nos pas ? Marcher la vie de David Le Breton explore avec finesse comment la marche, loin des écrans et du tumulte moderne, devient un art de vivre et une thérapie pour l’âme.
À 14 ans, elle rencontre l’amour de sa vie. Trente ans plus tard, la maladie arrache son mari à ses côtés. Dans L’amour au bout des doigts, Patricia Tsavdaris Duchâtel transforme la douleur en poésie et la résilience en art.
Découvrez Cicatrices : L'existence dans la peau, une exploration captivante des marques qui façonnent notre identité. David Le Breton, anthropologue renommé, décode le langage secret de nos cicatrices et leur impact sur notre rapport au monde.
La sociologie du corps est un chapitre de la sociologie plus particulièrement attaché à la saisie de la corporéité humaine comme phénomène social et culturel, matière de symbole, objet de représentations et d'imaginaires. Elle rappelle que les actions qui tissent la trame de la vie quotidienne, des plus futiles ou des moins saisissables à celles qui se déroulent sur la scène publique, impliquent l'entremise du corps. De quelle manière cette sociologie de l'enracinement physique de l'acteur dans son environnement propose-t-elle une élucidation des logiques sociales et culturelles ?
À travers les visages des siècles dans la peinture et les écrits philosophiques, David Le Breton mène l'histoire du visage, ce lieu central de notre communication, de l'invention du visage avec le miroir et la photographie à sa signification sociale. Il explore son ambivalence dans le face à face, le dévisager et le mauvais oeil. Ses paradoxes avec la ressemblance, la beauté et la laideur, le voilé, dévoilé et enfin ces dernières années le masque. Il nous conduit à la réflexion ultime que l'un des caractères de la violence symbolique mise en place par le racisme consiste d'abord en la négation chez l'autre de son visage. Une réflexion remise à jour par l'usage des masques des deux dernières années et les troubles qui en ont résulté. Un parcours fascinant.
David Le Breton poursuit son anthropologie du corps de façon plus affinée, plus littéraire aussi au regard de ses précédents ouvrages, il ouvre des voies de réflexion au lecteur. Ici pas d'interviews, que du vécu et des citations d'écrivains, de cinéastes ou des peintures qui décrivent sur le vif des sourires, des centaines de sourires plus ou moins célèbres où se voilent des significations contradictoires. Le sourire se devine, il gagne les yeux, transforme le visage et nous introduit l'un à l'autre avec toute la subtilité polysémique d'une humanité qui s'y reconnaît. Le sourire est bien un effleurement de l'âme, il dit la subtilité de la présence au monde, à l'autre et à soi. Les savants peuvent bien constater que le sourire est la réaction la plus faible du visage à toute excitation légère et faciale, les poètes comme Paul Valéry y voient « le premier luxe de l'être. Ce n'est plus le besoin qui pleure et qui crie. C'est l'ouverture de l'inutile besoin de communiquer pour autre chose que l'apaisement d'une soif ». Oui, le sourire est un adoucisseur de contact quand il n'est pas convenu, de circonstance, narquois, exaspérant ou, bêtement, pour donner le change. C'est aussi une ritualité parfois régie par une subtile hiérarchie sociale qui permet à l'individu de communiquer autrement, sans mot, de tout son corps. Cette anthropologie de l'énigmatique touche bien sûr aux conventions et aux interactions sociales, elle touche aussi à notre spiritualité vraie et naïve qui nous fait exister autant que résister au monde et communiquer de soi à l'autre.
Nos existences parfois nous pèsent. Même pour un temps, nous aimerions prendre congé des nécessités qui leur sont liées. Se donner en quelque sorte des vacances de soi pour reprendre son souffle. Si nos conditions d'existence sont sans doute meilleures que celles de nos ancêtres, elles ne dédouanent pas de l'essentiel qui consiste à donner une signification et une valeur à son existence, à se sentir relié aux autres, à éprouver le sentiment d'avoir sa place au sein du lien social. L'individualisation du sens, en libérant des traditions ou des valeurs communes, dégage de toute autorité. Chacun devient son propre maître et n'a de compte à rendre qu'à lui-même. Le morcellement du lien social isole chaque individu et le renvoie à lui-même, à sa liberté, à la jouissance de son autonomie ou, à l'inverse, à son sentiment d'insuffisance, à son échec personnel. L'individu qui ne dispose pas de solides ressources intérieures pour s'ajuster et investir les événements de significations et de valeurs, qui manque d'une confiance suffisante en lui, se sent d'autant plus vulnérable et doit se soutenir par lui-même à défaut de sa communauté.
Mal-être, conduites à risque, contrôle de son apparence, addictions, troubles alimentaires, difficultés affectives ou sociales, rites de la virilité et de l'entre-soi... L'adolescence se révèle pour certains une épreuve difficile. Vécue avec exubérance ou discrétion, elle reste un passage obligé, même si elle est ressentie de façon différente par chaque nouvelle génération. Le sociologue et anthropologue David Le Breton, professeur à l'Université de Strasbourg, revient sur ce qui caractérise l'adolescence dans notre société en perpétuel changement.
Toute existence est une permanente prise de risque, reflet de nos fragilités physiques et psychologiques. Mais nos sociétés technologiques semblent générer de nouveaux types de risques et des inquiétudes croissantes parmi les populations. De ce constat est née, dans les années 1980, une sociologie du risque explorant ces zones de fractures de confiance et de fragilité. Une autre approche sociologique est venue l'enrichir en s'intéressant aux conduites à risques individuelles et à leurs significations. En s'appuyant sur l'analyse de nombreux exemples concrets, cet ouvrage dresse un panorama des recherches menées et des savoirs constitués ces dernières années autour de la notion de risque, qui est désormais une question sociale autant que politique, économique, juridique ou encore éthique.
Qui n'a jamais ri de sa vie ? Même sans le vouloir cette turbulence passagère qui affecte tous les hommes et les femmes est avec les larmes la preuve intangible que nous sommes bien reliés affectivement entre nous sur des modes très particuliers. David Le Breton, continuant son anthropologie du corps, s'attaque ici aux "corps de rire' qui se déploient souvent à nos dépens, mais il montre qu'ils sont parfaitement inscrits dans des moments de l'histoire et de nos histoires personnelles et qu'ils forment des parenthèses nécessaires dans nos quotidiens devenus lourds et difficiles. C'est "par le rire que le monde redevient un endroit voué au jeu, une enceinte sacrée, et non pas un lieu de travail', nous assure le poète Octavio Paz, et c'est bien ce que David Le Breton nous montre dans sa magistrale démonstration où rien de ce qui touche au rire n'est ignoré. De nos sociabilités multiples et rieuses en passant par la police du rire, l'ironie, la dérision, les rires d'Orient, l'humour, les folklores obscènes et même les sms, tout nous amuse ou tout peut être tourné en dérision.
« Marcher de nos jours, et surtout de nos jours, ce n'est pas revenir aux temps néolithiques, mais bien plutôt être prophète », écrivait Jacques Lacarrière. Revisitant une réflexion menée il y a une dizaine d'années, David Le Breton constate que le statut de marcheur a beaucoup changé. Aujourd'hui la marche s'impose comme une activité de loisir. L'imaginaire contemporain se réfère plutôt à l'idée de disponibilité et à la nécessité pratique d'entretenir son corps. L'auteur refonde ici son récit dans les témoignages et les philosophies de la marche, il redit avec bonheur que marcher est avant tout un long voyage à ciel ouvert dans le plein vent du monde et dans la disponibilité à ce qui advient, que tout chemin est enfoui en soi avant de se décliner sous nos pas et que la marche ouvre à chaque fois à une expérience et à une transformation heureuse de soi.
La douleur chronique déchire toute l'existence, elle épuise celui qui la ressent autant que son entourage; le premier parce qu'il a du mal à l'exprimer, le second parce qu'il a du mal à comprendre, fût-il médecin. Or beaucoup connaissent certains états où la douleur est toute, ou presque toute la maladie, où elle est si hallucinante que la symptomologie devient secondaire. C'est à cet endroit, cette limite, que le sociologue du corps explore, consulte, interroge autant ceux et celles qui vivent cette douleur inexpliquée et inexplicable que ceux, les soignants, qui dans notre société de diagnostics scientifiques et de soins cherchent et essayent de juguler nos souffrances physiques. Notre médecine a, depuis peu, pris la douleur en considération et l'on conçoit mal désormais que l'étude de la douleur chronique puisse se faire sans prendre d'abord en compte la subjectivité intime de ceux qui la vivent. Des progrès sont réalisés mais il est temps, dit David Le Breton, que l'on développe une médecine de la douleur centrée sur l'expérience intime des personnes afin de les aider, sinon à guérir, au moins à accomplir une "réinvention de soi', autrement dit une réorganisation radicale de l'existence avec et autour de cette douleur chronique à tous les niveaux de son quotidien dans le but de reconquérir au moins une estime de soi dont on sait aujourd'hui qu'elle participe grandement à
Une première partie de l'ouvrage repose sur une vaste enquête financée par la Fondation Vinci Autoroutes sous l'égide de Bernadette Moreau, effectuée sous la direction de David Le Breton. Il s'agit d'une enquête qualitative, la première d'une telle ampleur autour de conducteurs/conductrices entre 18 et 25 ans afin de comprendre leur relation à la voiture, à la transmission, aux manières de conduire, leur perception des risques routiers, leur usage au volant des technologies de l'information et de la communication, leur évaluation des campagnes de prévention. Ils sont également interrogés sur leurs propres préconisations en matière de sécurité routière. L'enquête s'appuie sur plus de 150 entretiens semi-directifs dans lesquels les jeunes racontent des histoires, évoquent leurs représentations, leurs raisons d'agir, leurs valeurs, leurs soucis quand ils sont sur la route, leur rapport aux technologies dans l'habitacle, leur perception des piétons et des cyclistes, les mobilités partagées, le covoiturage, l'écologie... La question du « pourquoi » est donc au coeur des entretiens. Nous avons également distingué une population spécifique de jeunes Parisiens, ou de la banlieue proche, titulaires d'un permis de conduire, et d'autres qui ne l'ont pas, en considérant que dans la mégalopole parisienne le rapport à la voiture est différent de ce qui se joue dans les autres grandes villes ou dans le monde rural. Cette première partie s'appuie en permanence sur les propos des jeunes conducteurs. Dans une seconde partie, des spécialistes de la sécurité routière ou de l'adolescence s'expriment sur différents points de la conduite routière des jeunes générations.
Préface de Boris Cyrulnik Postface de Pierre Joxe. Comment aider les adolescents à sortir de la délinquance ? En les transformant en héros, acteurs de leur propre réinsertion. L'association Seuil innove résolument dans le domaine difficile, douloureux de l'adolescence marginale en proposant individuellement à des mineurs en grande difficulté des marches qui se déroulent sur 2.000 km dans un pays étranger, en toutes saisons. Accompagné d'un adulte, chaque jeune se trouve en position de devenir acteur de sa propre réinsertion. Des spécialistes de l'adolescence mais aussi des acteurs - éducateurs, psychologue et adolescents ayant accompli une marche - analysent et témoignent de cette méthode exigeante et de cette aventure humaine. David Le Breton, anthropologue, université de Strasbourg. Daniel Marcelli, pédopsychiatre, université de Poitiers. Bernard Ollivier, écrivain-voyageur.
David Le Breton, poursuivant son anthropologie du corps, montre comment le recours au corps marque la défaillance de la parole et de la pensée. Ces êtres qui se coupent, s'entaillent, se blessent volontairement et secrètement dont il parle ici tentent en réalité de porter le langage à un autre niveau, de transcender l'impasse relationnelle dans laquelle ils se trouvent. Ils s'entament le corps comme s'ils posaient des limites aux souffrances extérieures, ils font cela pour se sentir plus vivants. Leur peau est devenue surface d'inscription de leur mal-être et de leur refus. Ils changent leur corps à défaut de changer le monde. À cette étrange auto-chirurgie du sens chez les adolescents, qu'il faut lire comme la recherche d'une redéfinition de soi, David Le Breton ajoute une réflexion sur les atteintes corporelles délibérées en situation carcérale, marquages indélébiles qu'il faut lire comme l'expression d'une résistance à l'humiliation et à l'enfermement, ainsi que sur les artistes de "body art" qui, à travers leurs performances sanguinolentes et douloureuses, essayent d'ébranler le miroir social. Avec cet ouvrage très fort, parfois à la limite de l'insoutenable, l'anthropologue du corps montre que la recherche de la fabrique du sacré à usage personnel, la sollicitation de l'autre au-delà du social sont la manifestation du désir éperdu d'exister, serait-ce aux limites de la condition humaine.
Il y a la forêt du flâneur, du fugitif, celle de l'indien, la forêt du chasseur, du garde-chasse ou du braconnier, celle des amoureux, des ornithologues, la forêt aussi des animaux ou de l'arbre, celle du jour et de la nuit. Mille forêts dans la même, mille vérités d'un même mystère qui se dérobe et ne se donne jamais qu'en fragments. Tout comme il y a un paysage, un son, une saveur, un parfum, un contact, une caresse, pour déplier le sentiment de la présence et aviver une conscience de soi. David Le Breton explore les sens, tous nos sens, comme pensée du monde. Cette fois l'anthropologue se laisse immerger dans le monde afin d'être dedans et non devant. Il nous montre que l'individu ne prend conscience de soi qu'à travers le sentir, qu'il éprouve son existence par des résonances sensorielles et perceptives. Ainsi tout homme chemine dans un univers sensoriel lié à ce que sa culture et son histoire personnelle ont fait de son éducation, chaque société dessinant une "organisation sensorielle" qui lui est propre. Percevoir les couleurs est un apprentissage autant que d'entendre ou de voir. Toucher, palper, sentir dans l'étreinte ou la souffrance, c'est faire affleurer la peau et la pensée dans la concrétude des choses, c'est aussi se sentir, goûter et parfois même être dégoûté. L'auteur se fait explorateur des sens et n'omet rien de nos attirances et de nos rejets. Proposant que l'on réfléchisse désormais au "Je sens donc je suis", il rappelle que la condition humaine avant d'être spirituelle est bel et bien corporelle.
Comment peut-on survivre lorsqu'on a été prénommé Hannibal par un père historien ? Vaincu dès le départ, notre héros, lui aussi historien, n'a jamais été à la hauteur des rêves de son géniteur. Chassé de l'université, il a sombré dans l'alcoolisme et la lamentation paranoïaque. À la mort de son père, il hérite de trois boîtes au contenu hétéroclite. Au milieu des journaux intimes et des souvenirs de l'enfance se cache le début d'un plan machiavélique qui va pousser Aníbal vers des personnages excentriques et d'anciennes amours. Névrosé, plein de ressentiment, entraîné vers des aventures inattendues, Aníbal découvre la duplicité des tours que joue parfois la génétique. Il se retrouve alors plus proche de son père qu'il ne l'a jamais été de son vivant. Sa colère cède la place à l'empathie tandis que tout nous donne à penser que ce que nous haïssons le plus est peut-être la vision de ce que nous n'arriverons pas à être. Un roman original où un sens du comique exceptionnel se déploie dans des plans et des rythmes variés, une littérature rare. Un plaisir de lecture absolument délectable. « Un héritage piégé donne naissance à un grand roman qui se développe entre la vérité maquillée qu'on adore et la vérité sans éclat qui retient les ombres. Deux territoires, un même paysage : éblouissant, vraiment, messieurs les lecteurs. » - La Nueva España
On consacre un tiers de nos vies à dormir mais que connaît-on du sommeil ? Une anthropologie pour comprendre cette part inconnue de nos vies. « Qu'est-ce que les hommes désirent vivement, mais ne connaissent point quand ils l'ont ? Le sommeil. » - Leonard de Vinci Le dormeur est dans un état intermédiaire, consenti, mais qui lui échappe, il le choisit ou s'y abandonne. À la fois ici et ailleurs, absent à lui-même, il ne répond plus ou alors il faut le secouer pour le ramener à la conscience de soi. Il n'est plus là à ce moment, impossible de le solliciter quand il est immergé en lui. Il ne sait avoir dormi qu'une fois éveillé. Le sommeil absorbe le dormeur, il le délivre de l'effort quotidien d'exister, de persister dans sa personne, mais il demeure secret, il échappe à la volonté et à l'entendement, et pourtant nous lui consacrons un tiers de nos vies. Cette anthropologie nous aide à comprendre la part inconnue de nos vies.
« La parole est cet instrument précieux qui nous lie aux autres, elle est au coeur de toutes les relations sociales. En ce sens elle est fondatrice de la condition humaine. Cependant la parole contemporaine témoigne d'une nette ambivalence. Jamais elle n'a connu un tel déploiement, mais elle sert le meilleur et le pire. Si elle contribue en permanence à transformer le monde dans une réciprocité aux autres, elle est aussi manipulée ou brisée par les puissants. Souvent elle est difficile à prendre ou bien elle reste sans écho, et nombreux sont les sans-voix dans nos démocraties contemporaines. Le silence est nécessaire à la parole, il introduit un espace de respiration, de méditation. Il est le souffle des conversations et leur tempo. Mais le silence tend à être chassé de mille manières de l'environnement social. Le bruit ne cesse de gagner et de rendre parfois la parole inaudible. Il est difficile aujourd'hui de s'abstraire, de trouver les conditions d'une intériorité. Le silence se fait rare. Mais peut-on parler sans se taire et donc sans écouter l'autre, peut-on penser dans le bruit ? La parole, dans ce sens, est étroitement solidaire du silence. » P.B. et D.L.B.
Face aux excès de la communication, les deux auteurs dialoguent sur les vertus respectives du silence et de la parole. Cette rencontre intellectuelle met en scène une vraie différence d'approche en même temps qu'une forte complicité sur l'essentiel. David Le Breton, anthropologue du corps qu'il définit comme notre « souche identitaire », travaille à une approche globale de l'humain où le silence occupe une place souvent déterminante par sa capacité inouïe à porter le sens. Philippe Breton, pour qui le « pouvoir de la parole » est une alternative historique qui s'impose progressivement à la « parole de pouvoir », propose une approche centrée sur la parole, non pas réduite à l'oral mais en amont de la communication comme source de tout l'être. Leur différence est ici mise à l'épreuve sur une dizaine de thèmes classiques, support d'une réflexion renouvelée, par exemple sur le sacré, la mémoire ou la violence, et prétexte à une exploration en profondeur de la condition humaine. Philippe Breton est chercheur au CNRS, laboratoire Cultures et sociétés en Europe, enseignant à l'université Marc Bloch de Strasbourg et à l'université Paris 1, Sorbonne. Il est lauréat de l'Institut et auteurs de nombreux ouvrages traduits en plusieurs langues, notamment, Eloge de la parole (La Découverte, 2007) et Convaincre sans manipuler (La Découverte, 2008). David Le Breton est professeur de sociologie à l'université Marc Bloch de Strasbourg et chercheur au laboratoire Cultures et sociétés en Europe. Membre de l'Institut universitaire de France, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Silence (Métailié), En souffrance. Adolescence et entrée dans la vie (Métailié) et d'un roman policier, Mort sur la route (Métailié).