Clara Malraux
Clara Malraux
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Découvrez les portraits de femmes d'exception qui ont marqué leur époque. Nos contemporaines célèbre leur énergie, leur talent et leur combat pour l'égalité, à travers des récits inspirants et des destins hors normes.
Rares sont les personnages historiques célèbres aussi mal connus, aussi controversés que le baron Jean de Batz. On s'accorde sur l'étonnante audace de ses tentatives pour sauver Louis XVI, pour délivrer Marie-Antoinette du Temple, puis de la Conciergerie, mais non sur les causes qui l'ont fait agir : un dévouement héroïque et sans bornes pour la famille royale, disent les uns ; il paraissait surtout ambitieux de faire fortune, corrigent les autres. Les détracteurs qualifient Batz d'aventurier gascon, brutal et sans scrupules, intimement mêlé à de honteux tripotages sur les fonds publics, lesquels tripotages auraient eu pour objet - en fait - de compromettre les plus enragés des conventionnels, et de semer ainsi la zizanie au sein de la Convention. Les panégyristes affirment : Il mit sa fortune à la disposition des émigrés, ou Cette race des Batz a donné deux des plus chevaleresques figures de notre Histoire : le légendaire d'Artagnan et le baron de Batz. Pour parvenir à une image plus nette du mystérieux baron, Marina Grey a entrepris sa propre enquête. Avec sa rigueur habituelle, elle a suivi, pas à pas, le lointain parent et émule de d'Artagnan depuis son Tartas natal (Landes), jusqu'à sa tombe du cimetière d'Authezat (Puy-de-Dôme) en passant, bien sûr, par Paris, théâtre de ses exploits. Grâce à sa perspicacité et à de nombreux documents inédits, sous la carapace du gentilhomme apprécié de Louis XVI, du dangereux contre-révolutionnaire craint de Robespierre, elle a découvert l'homme. Son récit nous le restitue, avec sa fougue, ses passions, ses ruses, ses humeurs, ses qualités exceptionnelles... et ses graves défauts.
Berlin, 1800. Rahel Levin y tient un salon où se croisent Goethe, Hegel, Heine et Beethoven. Clara Malraux lui rend hommage, mêlant histoire et introspection dans un dialogue passionné entre deux femmes d’exception, l’une romantique.
Nos vingt ans Clara fut la première femme d'André Malraux. Rebelle et passionnée, elle évoque ici leurs années de jeunesse, leur épopée amoureuse, des bals musette à la Cochinchine, des bouquinistes en bord de Seine aux prisons coloniales... Un témoignage décisif pour la compréhension du premier Malraux. Un livre merveilleux.
Après avoir, pendant vingt ans, connu aux côtés d'André Malraux une vie d'amours et d'aventures, Clara Malraux, juive, se retrouve seule et mère d'une enfant au lendemain de l'armistice. Commence alors pour cette femme, que le génie de son mari reléguait dans l'ombre, une vie quotidienne où il lui faut à chaque instant prendre des initiatives dont dépendent et l'existence de son enfant et la sienne. Suivant l'exemple de Gribouille qui se jette à l'eau pour ne pas être mouillé, elle plonge dans la Résistance et y engage la petite Florence. Clara Malraux relate la lutte clandestine qu'elle a vécue : mélange de tragique et de comique, de sérieux et de saugrenu, de maladresses un peu chapelinesque et de courage. Toute une époque revit ici, qu'anime le portrait d'une petite fille tour à tour écolière ou « courrière » d'un réseau, qui transporte de faux-papiers sous le pain de son goûter. Clara Malraux nous raconte, la guerre terminée, ses rapports avec le parti communiste, son choix en faveur de la Yougoslavie, son engagement envers Israël. Arrivée au terme de ses mémoires, il apparaît clairement à quel point Clara Malraux fut mêlée à tous les combats de son époque, y compris celui des femmes, dont elle fut l'une des premières à comprendre la nécessité. Le livre se clôt sur une évocation des joursnées de Mai 68 auxquelles elle participa, et qui marquèrent, selon elle, la fin de sa jeunesse : elle avait alors soixante-dix ans.
Tout le monde se souvient du « Mystère des trois crimes » qui se sont déroulés dans la demeure du sénateur Eustache Poivrier. Ce dernier y fut retrouvé mort, une balle dans la tête, après avoir été égorgé, auprès de sa fille, également abattue par un projectile dans le front. Non loin des deux corps gît celui d'un inconnu, assassiné de la même façon... Mais ce qui désempara la police officielle fut que toutes les balles provenaient d'armes différentes, dont celle qui tua le père et qui appartenait à son enfant... Ces meurtres sanglants et ceux qui suivirent seraient demeurés irrésolus si les membres de l'agence de détectives IGGINS & C° ne s'étaient pas lancés sur la piste du ou des coupables avec le succès que l'on sait et que vous allez découvrir maintenant...
Bien que se déroulant durant la guerre, ces nouvelles ne se veulent pas guerrières ; certes beaucoup de ceux que l'on y voit savent qu'ils jouent avec la mort - la leur et celle des autres. Mais aucun d'entre eux, je le crois, n'a la forfanterie du courage, le goût du sang versé. D'ailleurs dans ce livre, dans la réalité aussi, les femmes surent faire face au danger comme les hommes, or le goût du courage pour le courage n'est pas - j'en suis heureuse - le fort des femmes. Il n'en reste pas moins que la vie est une maison qui ne fait pas crédit et où la seule dignité consiste à payer comptant sans essayer de tricher. C.M.
Ce volume - qui rassemble, sous son titre général, les trois premiers tomes des mémoires de Clara Malraux - raconte d'abord l'histoire extravagante d'un jeune couple de l'entre-deux-guerres ; lui, ténébreux et exalté, hanté par le désir de gloire, apprend à devenir l'illustre André Malraux. Et elle, Clara, découvre avec lucidité que la proximité du génie promet autant de joies que de déconvenues. Ensemble, ils vont donc traverser l'époque et ses fièvres, dévorant tout ce que l'histoire ou l'art peuvent offrir à leurs instransigeantes passions : de l'art nègre au dadaïsme, de la guerre du Rif au massacre de Poulo Condor, de la mode selon Poiret aux templs khmers. leurs aventures d'alors appartiennent désormais à la légende. L'expédition au Cambodge, la mobilisation des intellectuels français en faveur de leur jeune collègue accusé de pillage, le second voyage en Indochine avec la création d'un journal dénonçant les méfaits de la colonisation sont ici les grandes dates d'un récit unique en son genre. Avec sa finesse, sa tendresse, ses colères, Clara a su, mieux que personne, ressusciter le premier Malraux - celui dont la vie, irrésistiblement, se transforme en destin.
« L'insurrection espagnole, nous l'avons apprise en pleine joie du Front populaire, dans une loge. Mon souvenir est que l'on jouait Numance, mais c'est trop beau pour être vrai. Toujours est-il que nous nous trouvions aux côtés des Lagrange, nos mains à Madeleine et moi se détachant, claires, sur le velours rouge de l'avant-scène. Peut-être n'étaient-elles pas aussi minutieusement soignées qu'il eût convenu à des mains d'épouse de ministre, d'épouse de prix Goncourt, et nos robes non plus n'étaient pas à la hauteur de nos rôles, ni d'ailleurs les vestons d'André et de Léo : le Front populaire croyait peu aux déguisements de parade. Tout de même, pour un soir, le sous-secrétaire d'Etat aux Sports et Loisirs avait abandonné son chandail à col roulé. Telle quelle, notre loge évoquait, avec ma voisine vêtue de blanc, le Balcon peint par Manet. »
« Notre retour ? Le bateau quitté à Marseille, dans les fenêtres du train s'inscrit une terre petitement partagée où, parfois, il suffit d'un cyprès, champignon effilé, pour abriter une possession humaine. Tant d'intimité semblerait rassurante si on me laissait le temps de l'accoutumance, mais il faut en toute hâte retourner « chez nous ». Oh Novalis qui demande vers quoi nous allons et qui répond « Toujours vers le foyer ». Traversant mon propre pays, je me sens dépaysée par ses limites. Mon regard s'est habitué à la mer, auparavant à la murette verte, continue, des rizières : j'ai presque oublié qu'il existe des parcelles. Ma vie va-t-elle devenir, elle aussi, repliée et fragmentaire? J'ai peur. Avec raison. »