Charles N'kouanga
Charles N'kouanga
Le Kakongo, un pays imaginaire de l'Afrique équatoriale, renaît à la démocratie après trois décades d'une parenthèse monopartite. Durant la décennie perestroika, à la suite des élections présidentielles sur fond de repli identitaire, le pays bascule dans le chaos. La création de milices prétoriennes légitimées par le président de la République démocratiquement élu marginalise la force publique régulière. À Mavoula, la capitale, les obédiences et partis politiques s'opposent par milices privées interposées qui s'affrontent, avant que la situation ne dégénère sur l'ensemble du Kakongo. Pendant ces événements, le lieutenant Malanda, un officier de la Police, est intercepté par une des milices. Soupçonné d'intelligence, il se retrouve coincé entre deux mondes belliqueux, aveuglés par des préjugés ethniques très intégristes. Pieds et mains ligotés, les yeux recouverts d'un bandeau de supplicié, cet officier est conduit au bord du fleuve, à l'onde aux langueurs mystiques, pour y être « descendu ». Tout à coup, le destin s'interpose et le voyage ad patres est contrarié, heureusement.
Nanouche était une enfant désirée. Elle était vivement et tellement souhaitée que ses parents attendaient sa venue avec nervosité. L'allégresse provoquée par la naissance du fruit de leur amour était sans mesure. Ils préparaient donc sa venue avec enthousiasme, afin que cet enfant naisse dans un univers où il ne manquerait de rien. C'est-à-dire : l'amour, les câlins, les soins et les vêtements. Durant les premiers jours de sa vie, un ictère intense survint et eut des conséquences irréparables. Cela a transformé leur joie en cauchemar. Ce calvaire les a conduit à parcourir les dédales des hôpitaux, les arcanes des spiritistes, et à écouter les élucubrations des guérisseurs et des marabouts ainsi des tradi-thérapeutes.Nanouche ou l'enfance végétative est l'évocation d'une histoire authentique. Un témoignage sur l'accompagnement quotidien, en Afrique noire, d'un enfant vivant avec un handicap. Celui-ci a pour but de plébisciter des comportements nouveaux en faveur des enfants handicapés, afin qu'ils soient traités avec amour, humanité et décence.
Le Kakongo, un pays imaginaire de l'Afrique équatoriale, croupit sous le règne de l'Amiral-Président qui le dirige d'une main d'airain. Cependant, depuis l'effondrement du bloc communiste, le régime essaie de résister, malgré les bourrasques des conférences nationales. Les aléas de la conjoncture économique internationale contraignent l'Amiral-Président à lâcher du lest. Un recadrage économique entraîne subséquemment la naissance d'une organisation syndicale indépendante dans le sillage de la privatisation de la compagnie des chemins de fer. À la suite d'une grève des cheminots, le Kakongo tourne au ralenti. La découverte du cadavre d'un célèbre leader syndical du rail, tué mystérieusement dans un accident de voiture, entraîne le départ de Klaus, son ami de nationalité allemande et de Magalie, sa compagne, vers l'Allemagne. Pourtant, Magalie qui s'émerveille de découvrir enfin l'Europe, va malheureusement déchanter.
Le Clochard, composé de trois parties, est une compilation de deux nouvelles, le Clochard et Trangouma, suivies d'un poème intitulé « Ancien enfant de troupe ». Le Clochard évoque la situation des jeunes congolais obnubilés par des désirs d'émigration ou d'expatriation, en vue d'expérimenter le mirage européen. Etudiants boursiers, fonctionnaires en mission et aventuriers divers, chacun veut obstinément immortaliser son passage en France. Cependant, ces « parisiens » congolais, arrivent dans l'Hexagone avec des « congolismes » particuliers qui, parfois, leur jouent des tours cocasses aux conséquences imprévisibles. Par ailleurs, Trangouma est une des manifestations de l'esprit AET, caractéristique des anciens enfants de troupe. Il traduit l'évocation d'une des façades de la vie des enfants de troupes de l'Ecole militaire préparatoire Général Leclerc de Brazzaville. En effet, confrontés à diverses contingences, les enfants de troupes, du fait de leur jeunesse, doivent parfois faire face à certains défis, vraies gageures, qu'impose leur particularité juvénile et de gosses reclus. « Ancien enfant de troupe », enfin, est un poème de réminiscence.