Blandine Laperche
Blandine Laperche
Le cyanotype, procédé d'impression né dans le contexte de l'invention de la photographie dans les années 1840, renaît actuellement dans le domaine de l'art et à la faveur du Do it Yourself. Cet ouvrage prend le parti d'associer les cyanotypes composés essentiellement à partir de plantes et de fleurs séchées et de les illustrer avec des réflexions d'intellectuels d'hier et d'aujourd'hui (philosophes, historiens, économistes, écrivains) sur les rapports de l'humain à la nature ou de la nature à l'humain : Naturalis Causa. Il évoque, par petites touches impressionnistes, l'optimisme, mais aussi les craintes qui ont marqué l'histoire du modèle économique dans lequel nous vivons. L'ouvrage se veut un recueil à feuilleter, l'oeil tantôt attiré par les mots, par la profondeur du bleu de Prusse, par les touches d'aquarelle, par les traces laissées par le sel ou les épices saupoudrées pour donner au cyanotype un jour nouveau.
Le mythe du petit entrepreneur devenu patron de multinationale est vieux comme le capitalisme. En son nom, patronat et gouvernements (mais, souvent aussi, de nombreuses associations : junior entreprises, clubs d'investisseurs, boutiques de gestion, banque des pauvres...) ont fait de la création d'entreprise et de la défense de la petite entreprise la planche de salut pour sortir du chômage et stimuler la croissance : de la prime Barre à la fin des années soixante-dix à la loi Madelin des années quatre-vingt-dix, chômeurs et fonctionnaires, soupçonnés de vivre aux crochets de la société, sont ainsi priés de faire preuve d'initiative et de créer leur entreprise. Malheureusement, il y a loin du mythe à la réalité de l'économie de marché. Ce livre remet les pendules à l'heure en retraçant la véridique histoire de l'entrepreneur (depuis que le terme existe), en montrant comment le mythe s'est construit, dans la théorie économique aussi bien que dans le discours social, et en démontrant, enquête à l'appui, comment la réussite entrepreneuriale est toujours une oeuvre collective : pas de réussite sans un capital social - on reconnaîtra la référence à Pierre Bourdieu - dont hérite l'heureux élu et qu'il fait fructifier avec l'aide de l'État, de sa famille, de ses amis, etc. Il ne s'agit cependant pas, pour Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis, de dénigrer l'esprit d'entreprise, mais de mettre en garde contre sa mythification (l'échec est lourd de drames humains et familiaux). Ce livre est donc indispensable aux conseilleurs et aux candidats à l'aventure entrepreneuriale...
Christopher Freeman a révolutionné l'analyse de l'innovation en croisant économie, histoire et sociologie. Découvrez comment ses théories, inspirées de Marx et Schumpeter, éclairent encore aujourd'hui les dynamiques industrielles et technologiques.
Christopher Freeman a créé une méthode inédite pour analyser l'innovation dans les sociétés industrielles, en réalisant une nouvelle combinaison entre l'économie, l'histoire, la sociologie et la science politique. Il s'est appuyé notamment sur Marx (rapports dialectiques entre forces productives et rapports sociaux de production), Schumpeter (dynamique de l'innovation), et Bernal (nature de la science en général et des sciences sociales en particulier), refusant la boîte à outils néo-classique basée sur les notions d'équilibre et de rationalité économiques des agents, s'inscrivant ainsi dans les théories évolutionniste et néoschumpetérienne. Tour à tour créateur et découvreur d'opportunités, « entrepreneur en sciences sociales » (Louça et Cabral, 2021) et chercheur, Freeman a marqué la discipline sur les plans scientifique et institutionnel.