Alain Desreumaux
Alain Desreumaux
Agir ensemble ne va pas de soi : l'action collective implique un projet collectif et des règles qui opèrent comme des lignes de conduite. L'étude de l'existence et de la transformation de toutes les formes d'action collective - de l'entreprise à l'association, en passant par toutes les formes privées ou publiques d'entrepreneuriat collectif - implique ainsi une théorie de l'action à même de faire leur place aux projets et aux règles par lesquels les collectifs d'action se conçoivent et se construisent. Nourri des apports fondamentaux de la sociologie des organisations francophone associée aux noms de Michel Crozier, Erhard Friedberg et Jean-Daniel Reynaud, l'ancrage régulationniste retenu pose le projet collectif au fondement de toute forme d'action collective. Il affirme la nécessaire prise en compte de l'agir projectif proprement humain impliqué dans l'action. Sur la base de cet ancrage régulationniste, le glossaire répond à l'exigence scientifique de maîtriser les concepts par lesquels les observateurs ou les chercheurs dialoguent avec le monde des pratiques observées. Offrant la possibilité d'un approfondissement de la réflexion, il constitue une aide indispensable pour toute personne désireuse de comprendre la vie des organisations.
En management stratégique, l'histoire de la pensée ne constitue pas une tradition aussi bien établie que pour certaines disciplines de sciences sociales, comme il en va en économie, par exemple. Telle qu'elle est d'ordinaire restituée, à peu de frais, elle se résume à la succession des écoles ou courants de pensée qui se sont accumulés depuis le milieu des années 1960. Sur la base de ce récit en quelque sorte standard et maintes fois reproduit, différentes représentations de l'état du management stratégique en tant que discipline académique opposent les analystes : de l'image d'un champ dominé par une sorte de pensée orthodoxe, inspirée de l'économie néoclassique, à celle d'un champ éclaté, voire cacophonique, confronté à une exigence de réunification paradigmatique. Quelle que soit l'image que l'on retient, on ne peut débattre utilement de l'avenir de la discipline en se tenant au récit standard, sans un regard critique sur l'ensemble des idées qui ont pu façonner son développement et en sont venues à être considérées comme allant de soi. Dit autrement, il convient de traquer les « impensés » que l'histoire officielle tend à nourrir.
On finit par ne plus savoir pourquoi les entreprises existent : pour produire des biens et services utiles ? pour faire du profit ? pour créer de l'emploi ? pour assurer d'autres missions, mais lesquelles ? Dans les débats contemporains sur l'entreprise et ses responsabilités, la confusion règne. On confond l'entreprise qui produit les biens et les services avec la société juridique dans laquelle se retrouvent les investisseurs. On dit parfois que l
Découvrez comment Philip Selznick a révolutionné la théorie des organisations en révélant que les structures ne sont jamais ce qu’elles prétendent être.
Titulaire d'un doctorat en sciences administratives et en sociologie de l'université de Yale, Jay B. Barney est actuellement professeur de management stratégique à l'université de l'Etat d'Ohio. Il exerce parallèlement une activité de conseil en analyse stratégique et en matière de changement organisationnel. Ses recherches couvrent une assez large variété de domaines (entrepreneurship, théorie de l'agence, gestion du changement, etc), mais il a essentiellement acquis sa réputation dans le champ du management stratégique, comme contributeur essentiel au courant de la Resource-based View (RBV). C'est cette contribution qui retiendra l'attention ici. Le dossier de publications de Jay B. Barney est extrêmement fourni. Il comporte environ quatre-vingts articles publiés dans les revues académiques les plus prestigieuses (Academy of Management Review, Management Science, Strategic Management Journal, Journal of Management, Sloan Management Review, Journal of Business Venturing, etc.), auxquels s'ajoutent de très nombreuses communications en colloques et trois ouvrages. Nous verrons successivement comment se positionnent ces travaux de façon générale et quel est le coeur de la contribution de Barney, avant de faire quelques remarques conclusives.
Aimez-vous l'argent? Si on vous pose la question, quelle est votre réaction ? Réponse franche et directe ou silence prudent et embarrassé ? Il est vrai que la relation que nous entretenons avec l'argent est complexe. D'ailleurs, avez-vous jamais pensé à l'argent en terme de relation? La plupart d'entre nous aime en gagner. Beaucoup caressent même le souhait d'être ne serait-ce qu'un peu plus riche. Parfois, un gouffre se creuse entre le fait d'aimer "gagner de l'argent" et celui d'"aimer l'argent". La faute à des opinions et jugements forgés dès l'enfance, conditionnant notre vision de l'argent: simple moyen ou symbole ultime de réussite? Ce livre invite à un voyage intime au coeur de notre relation à l'argent : une réflexion très libre pour redécouvrir un lien qui influence notre existence pour le meilleur et pour le pire !
Les organisations constituent une composante essentielle de nos sociétés et mobilisent de ce fait l'attention des spécialistes de différentes disciplines de sciences humaines et sociales, à la fois pour en comprendre le fonctionnement et proposer des modes d'agencement et de gestion pertinents. Cet ouvrage présente les éléments fondamentaux d'une compréhension du monde des organisations, à la fois divers et complexe, et restitue le contenu des principaux courants théoriques traitant des questions que l'on est en droit de se poser à leur propos : Qu'est-ce qui constitue l'essence de l'organisation ? De quoi se compose-t-elle ? Comment distinguer l'organisation d'autres types de collectivités humaines ? Sur quelles bases peut-on répertorier les différentes formes d'organisation ? Quelles sont les logiques de leur fonctionnement ? Qu'est-ce qui fonde la dynamique d'une organisation ? Sur toutes ces questions, les sciences humaines et sociales apportent des éléments de réponse dont cet ouvrage ordonne le contenu tout en soulignant le caractère composite des connaissances accumulées, la diversité des points de vue et la concurrence, voire le conflit des interprétations. L'ouvrage est plus particulièrement destiné aux étudiants qui s'engagent dans la formation doctorale en sciences de gestion, et plus largement en sciences sociales, ainsi qu'à tous ceux qui sont amenés à assurer des enseignements de théorie des organisations. Il s'adresse également aux étudiants de deuxième année de master qui suivent un cursus préparant aux métiers de conseil en organisation. Les praticiens qui s'interrogent sur leurs choix organisationnels y trouveront également des cadres d'analyse susceptibles de nourrir leur réflexion.