Tandis que la mer se retirait
Un samedi de printemps, le destin bascule : une enfant blessée, un médecin en urgence, et l’émotion pure d’un récit où chaque mot compte. Tandis que la mer se retirait mêle poésie et suspense, entre fragilité et espoir.
C'était un samedi de printemps.
Le train s'arrêta net entre deux gares. L'endroit était presque désert, sans habitations construites. Proches du quai, quelques baraquements étaient disloqués, au milieu de mauvaises herbes jaunies.
Le contrôleur demanda un médecin dans les wagons de Première. Je me levai. Parvenue à sa hauteur, il rectifia : « C'est sur le quai. »
J'ai pensé que tout était fini, quelqu'un était passé sous les rails. J'appréhendais qu'il ne soit encore vivant.
Madeleine était allongée. Elle avait huit ans environ, respirait encore, avec la marque d'un choc frontal.
Le visage était blanc sous le choc. Elle n'avait presque pas de cheveux. Le vêtement qu'elle portait était si léger qu'on découvrait toute la misère du monde et de l'instant.
Je suis restée près d'elle pour lui inventer une mémoire.
Découvrez ce récit de vie émouvant et tout en poésie !
EXTRAIT
L'enfant gisait en plein milieu de l'été,
le visage renversé par le sommeil,
docile à l'éclat du danger.
Elle se murmurait des mots d'ombre
pour se protéger
avant que la nuit des nuits
ne l'eût atteinte et défigurée.
Supplique à la dérive des mots
promis au silence.
Cantique de l'aurore
où se défont les parures.
Plain-chant musical des chagrins
sans larmes et sans recours.
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Nicole Batlaj est une auteure contemporaine publiée aux éditions Publishroom, spécialisée dans les récits de vie et les textes où se mêlent poésie et émotion brute. Son écriture, à la fois dépouillée et lyrique, explore les instants de bascule, les rencontres inattendues et les résiliences silencieuses. Médecin de formation, elle puise dans son expérience professionnelle pour donner une profondeur unique à ses récits, comme en témoigne Tandis que la mer se retirait, où l’urgence médicale devient le cadre d’une réflexion sur la fragilité humaine.