Dans La vie sociale, Jérôme Orsoni tisse une trame littéraire d’une telle intensité qu’elle exige du lecteur une vigilance constante, car chaque page tournée pourrait bien renverser vos attentes et redéfinir votre perception du récit. Un roman qui questionne, dérange, et nous confronte à nos propres contradictions.
La vie sociale
Un photographe, épuisé par la ville et son métier de prédateur d’images, fuit tout pour s’interroger : et si la solitude était le seul moyen de se retrouver ?
C'est là, surtout, qu'a décidé de se rendre le narrateur de La vie sociale, pour fuir la grande ville invivable et cesser d'être ce photographe vampire, se nourrissant de la vie de ses modèles, qu'il a le sentiment d'être devenu au fil du temps.
« Tu connais l'histoire de la pierre qu'on jette et qui croit que c'est elle qui veut se mouvoir ? », écrit-il. « Ce n'est pas mon histoire. » Et pourtant. Si je ne suis pas une erreur de la nature et que je n'en suis pas non plus le point culminant, que suis-je ? En fait, ce n'est pas la bonne question, me suis-je corrigé. La bonne question serait plutôt celle-ci : Qu'est-ce que je fais ici ? Mon corps est le point culminant de la forêt et pourtant je n'appartiens pas à la forêt.
Jérôme Orsoni
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Jérôme Orsoni est un auteur français contemporain, dont l’œuvre explore les marges de la littérature, entre récits, essais et nouvelles. Il a notamment reçu le Prix Christiane Baroche du premier recueil de nouvelles de la SGDL en 2016 pour Des monstres littéraires (Actes Sud). Ses livres, souvent marqués par une écriture exigeante et une réflexion sur l’art, la solitude et la société, s’inscrivent dans une démarche littéraire audacieuse et pluridisciplinaire. La vie sociale, paru en 2025 aux éditions Bakélite, confirme son statut d’auteur à part dans le paysage littéraire actuel.
newsmode Revue de presse
Plongée en forêt et en soi-même, le dernier récit de Jérôme Orsoni convoque notamment Wittgenstein, Thoreau et John Cage, pour remédier à l’ennui et la colère de la « vie sociale », quand on ne sait plus ce qu’on fiche là. De la littérature « dure », vertigineuse, mais qui invite à cheminer et à se laisser couler dans le flux de l’impermanence, jusqu’à la joie.
Dans ce roman agaçant avant que d’instiller un perpétuel déplacement ironique, Jérôme Orsoni enchâsse les fugues et fuites de son narrateur pour mieux nous faire entendre la fugitive hallucination que notre vie sociale, bien rangée dans ses cases et dominations, serait.