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Thomas Dodman

Thomas Dodman

3 livres
ebook cover of Les Volontaires, by Thomas Dodman
Seuil | 25 September 2025

Gabriel Noël vient d'avoir 21 ans lorsqu'il s'engage dans les bataillons des volontaires de l'armée révolutionnaire en août 1791. C'est là que l'historien Thomas Dodman le rencontre, grâce à sa correspondance avec sa mère et sa soeur adoptives, Élisabeth Dufresne et Charlotte de Visme, sa « bonne famille » à Sommerviller en Lorraine. Élisabeth est philosophe : elle fréquente les salons de Lunéville et a élevé ses enfants avec Rousseau. Charlotte se veut « sans-culotte » et s'implique avec sa mère dans l'école du village. Gabriel, c'est un peu Émile à la guerre, soldat-citoyen pris entre ses idéaux et ses désillusions. Il restera cinq ans à l'armée avant de rentrer épouser sa soeur à Sommerviller, dont il sera le maire jusqu'à sa mort en 1850. Fruit d'une aventure de dix ans dans les archives et les greniers, ce livre raconte trois vies à la fois singulières et normales dans une France rurale traversée par les bouleversements de la Révolution, le retour à l'ordre de l'Empire, la modernité du premier XIXe siècle. L'écriture de l'historien se coule dans les pleins et les creux des sources pour dessiner trois silhouettes dans leur époque. La citoyenneté, l'école, le patriotisme, le droit des femmes : l'avènement tortueux d'une société d'égaux se glisse dans les plis de l'intime. S'élabore ainsi, sur le temps long, une histoire sensible de la Révolution française. Thomas Dodman est historien de la France moderne. Membre du comité de rédaction de la revue Sensibilités (Éditions Anamosa), il enseigne à l'université de Columbia (New York). Il a coordonné Une histoire de la guerre, dirigée par Bruno Cabanes (Seuil, 2018) et publié Nostalgie, histoire d'une émotion mortelle (Seuil, 2022).

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Regular price: €16.99
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ebook cover of Insensibilités - N° 11, by Quentin Deluermoz, Thomas Dodman, Anouche Kunth, Hervé Mazurel, Clémentine Vidal-Naquet
Anamosa | 25 January 2023

Le partage du sensible suppose aussi un partage de l'insensible, une insensibilité dont la définition et la valorisation varient selon les moments, les individus et les sociétés. De fait, observer le social au prisme de l'insensibilité s'avère ainsi d'une stimulante et déconcertante fécondité, en temps de grande anesthésie générale. Qui veut éclairer les ressorts sensibles de la vie sociale doit affronter un jour ou l'autre le vaste continent de l'indifférence, de la désaffection, de l'absence de sentiment. Ce numéro anniversaire de Sensibilités lui en donne l'occasion. En rappelant, d'abord, que le contraire de l'émotion n'est pas tant la raison que l'insensibilité précisément : aux êtres comme aux choses. Et l'on songe ici à ces indifférences logées au creux du quotidien. Celles qui se sont installées dans nos vies face à l'incessant chaos du monde, dans nos rues au contact de la misère sociale et affective, au sein de mégalopoles travaillées par la montée de l'individualisme. Mais cette puissance d'inattention trahit aussi, outre nos refus de voir et nos lâchetés partagées, l'anesthésie d'une sensibilité sur-sollicitée par l'information continue. Observer l'insensibilité, c'est aussi entrevoir d'autres formes de sensibilités, parfois plus aiguës, plus intenses. L'insensibilité d'ailleurs, loin d'être seulement subie, peut être aussi désirée. Elle relève alors d'un travail, d'un façonnement des esprits et des conduites. Qu'il s'agisse des techniques d'endurcissement enseignées dans les casernes, de la distance émotionnelle minimale nécessaire aux soignants à l'hôpital ou encore de la surdité des savants à la souffrance animale dans leurs laboratoires. Plus paroxystique encore : celle de l'ascète, qui s'élève grâce à la négation de son corps ; celle du bourreau, qui ne s'exécute qu'en voulant congédier l'émotion. L'insensibilité, degré zéro de la sensibilité, vraiment ?

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ebook cover of Nostalgie, by Thomas Dodman
Seuil | 29 September 2022

Au début du XIXe siècle, on « avait » la nostalgie comme on avait le typhus, et on en mourait souvent. Ce livre raconte l'histoire de cette émotion mortelle, depuis le premier diagnostic posé par un étudiant en médecine de Mulhouse le 22 juin 1688 jusqu'à sa disparition à la fin de la Belle Époque. Si la nostalgie n'est plus ce qu'elle était, encore faudrait-il savoir ce qu'elle fut : désignée comme, littéralement, « mal du pays », brûlant désir de rentrer chez soi, la nostalgie touchait surtout les soldats, les colons, les esclaves ou les travailleurs migrants, tous expatriés à mesure que le monde s'élargissait, avec la conquête de nouveaux continents, les guerres impériales et l'expansion coloniale. Elle y fit parfois plus de morts que la violence des combats. S'appuyant autant sur l'histoire de la médecine et de la psychiatrie, que sur les témoignages des conscrits napoléoniens ou les études sur la « nostalgie africaine » des colons français en Algérie, Thomas Dodman donne une profondeur historique à ce qui est aujourd'hui un sentiment bénin inhérent à l'espèce humaine. Effectivement, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était, et sa transformation est aussi la question de l'historien : Pourquoi cesse-t-elle d'être une maladie ? Comment cette pathologie de l'espace est-elle devenue, au tournant du XXe siècle, recherche du temps perdu ? L'enquête ouvre alors des pistes pour comprendre les inquiétudes que suscitent la modernité, le cosmopolitisme et l'émergence d'un capitalisme bientôt triomphant.Thomas Dodman est un historien franco-britannique, spécialiste de la France à l'époque moderne et de l'Empire, maître de conférences à l'Université de Columbia (New York). Il a co-dirigé Une histoire de la guerre, sous la direction de Bruno Cabanes (Seuil, 2018).

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