Nathan Weinstock
Nathan Weinstock
Après avoir milité pendant plusieurs années dans les rangs du mouvement de jeunesse sioniste-socialiste Hachomer-Hatzaïr, Nathan Weinstock est parvenu à la conviction que la contradiction entre le nationalisme sioniste et l'internationalisme prolétarien était insurmontable. Partant de cette conclusion, il a entrepris un long effort de clarification théorique dont cet ouvrage constitue l'aboutissement. « Le sionisme contre Israël » est une étude rigoureusement documentée de la colonisation sioniste en Palestine située dans le contexte général de la condition des masses juives au XIXe et au XXe siècles et de la pénétration impérialiste au Proche-Orient. Le processus de formation de l'État hébreu, sa structure socio-économique et les principes fondamentaux qui guident sa politique sont analysés ici pour la première fois en termes marxistes. À travers la dynamique concrète de la lutte de classes à l'échelle nationale et dans l'arène internationale, l'auteur s'est efforcé de dégager les voies d'une solution du conflit israélo-arabe sur la base du droit de la nation palestinienne arabe et de la communauté hébraïque de Palestine à disposer d'elles-mêmes, démontrant que seule la révolution socialiste peut assurer aux Israéliens une intégration harmonieuse dans le cadre d'un monde arabe réunifié et rénové.
Menahem Mendel de Kotzk (1787-1859) est l'une des figures les plus marquantes et les plus iconoclastes du hassidisme, célèbre mouvement mystique et populaire du judaïsme d'Europe orientale. Maître spirituel exigeant, qui met la Vérité au centre de tout, le Rabbi de Kotzk refuse le rôle de « gourou » et invite ses disciples à la lucidité interne, qui seule mène à Dieu. Le Rabbi a brulé ses rares écrits avant sa mort ; les récits réunis ici sont le principal témoignage de son enseignement. Une plongée joyeuse dans cette culture yiddish disparue, à l'attrait universel.
De 1880 à 1940, le mouvement ouvrier juif fut une force généralement décisive dans la vie et l'évolution des communautés juives européennes. Nathan Weinstock, en une vaste fresque, en a restitué la diversité des organisations, partis, syndicats et journaux. Sa connaissance du yiddish, langue dans laquelle pour l'essentiel s'exprimaient les revendications des artisans et des travailleurs, lui a permis d'exhumer des textes qui sont autant de facettes d'une foisonnante activité ouvrière. Dans l'Empire russe d'avant 1914, la prépondérance du Bund, le grand parti socialiste juif, et sa farouche autonomie face aux bolcheviks et aux mencheviks ne sauraient faire oublier les autres organisations : les Poaley-Tsiyon, les territorialistes et les sejmistes. Ni occulter que les débats au sein du mouvement ouvrier juif ne reflétaient pas seulement des querelles théoriques, mais répondaient à des urgences pratiques : que faire face à la vague d'antisémitisme populaire et de répression policière qui déferlait dans l'Empire jusqu'à la veille de la Grande Guerre ?