Henri Atlan
Henri Atlan
On peut être juif et croire en Dieu. Mais on peut aussi être juif d'étude et de pratique traditionnelles sans croire en Dieu. Croyance, culture, identité sont au coeur de cet ouvrage qui est né de façon fortuite, d'une correspondance entre Henri Atlan et Ariel Toledano. Au commencement : un premier courriel entre ces deux médecins autour de Maïmonide et des principes médicaux issus du Talmud. Premier échange suivi de bien d'autres, tous nourris par une large connaissance de la torah, du Talmud, de la Kabbale, mais aussi de textes philosophiques occidentaux, en particulier Spinoza, ou des textes scientifiques. Chemin faisant, chacun argumente et étaye sa vision du judaïsme. Il est question du libre arbitre, de Dieu, de la recherche médicale, du transhumanisme, du sens de la loi, de l'éthique. Chacun écoute l'autre et s'enrichit de son approche, fidèle à une tradition du judaïsme de perpétuel questionnement. Un dialogue d'une grande intensité et un ouvrage puissant qui nourrit la pensée juive contemporaine.
L'intelligence et la culture ne suffisent pas à caractériser l'humain. Nous partageons avec tous les vivants une histoire commune, des mécanismes communs, que les chercheurs explorent de plus en plus finement. La vie a changé de statut. Les dernières découvertes établissent une continuité graduelle entre le non-vivant et le vivant et brouillent la frontière entre humain et non-humain.
La biologie moléculaire depuis les années soixante a largement utilisé des métaphores empruntées à la cybernétique et à la théorie de l'information. Ces métaphores ont eu souvent pour effet de masquer la complexité des phénomènes biologiques. Elles sont dans ce livre analysées de façon critique et réinterprétées. La théorie de l'information est étendue aux conditions formelles de création d'information et sert ainsi à établir les bases d'une théorie de l'auto-organisation, non seulement en biologie mais aussi pour les sciences humaines. Le principe de complexité par le bruit permet de comprendre le rôle du hasard, ou "bruit développemental", comme facteur d'organisation dynamique des systèmes complexes. La biologie post-génomique actuelle redécouvre la pertinence de ces analyses et des applications de ce principe, notamment en physiologie cellulaire, en immunologie et dans les neurosciences. Publié en 1972, ce livre est aujourd'hui un classique.
Pierre Musso a introduit la conférence de Henri Atlan «Qu'est-ce qu'un modèle?», présentée à la chaire d'Enseignement et de recherche «Modélisations des imaginaires, innovation et création», le 24 mars 2011 à Paris, en rappelant cette phrase d'Alfred Fessard: « la principale idée directrice d'Henri Atlan est que si la notion d'information peut nous aider à reconnaître l'ordre biologique qui existe dans le monde vivant, ce n'est pas sous la forme d'une évaluation statique de la complexité structurale des systèmes, c'est comme taux de production (ou de destruction) d'information... dans ces systèmes, tels qu'ils se trouvent confrontés à leur environnement».
La Terre est ronde : tout le monde le sait. Pourtant, pour nos ancêtres, elle était plate. Leur savoir était-il inférieur au nôtre? Et aujourd'hui encore, que savons-nous véritablement? Dans notre monde rationnel, peut-on s'affranchir des croyances? De la science à la religion ou aux mythes, de l'horoscope à la superstition ou aux sondages, Henri Atlan décline les mille facettes des croyances : elles demeurent un rouage essentiel de notre rapport au monde, une articulation fondamentale de la pensée, indispensables à la connaissance, à l'intelligence et à la liberté.
La Terre est ronde : tout le monde le sait. Pourtant, pour nos ancêtres, elle était plate. Leur savoir était-il inférieur au nôtre? Et aujourd'hui encore, que savons-nous véritablement? Dans notre monde rationnel, peut-on s'affranchir des croyances? De la science à la religion ou aux mythes, de l'horoscope à la superstition ou aux sondages, Henri Atlan décline les mille facettes des croyances : elles demeurent un rouage essentiel de notre rapport au monde, une articulation fondamentale de la pensée, indispensables à la connaissance, à l'intelligence et à la liberté.
A tort et à raison... Comme dans une histoire qu'on attribue – probablement à Tort – au Talmud. Un maître rendait la justice entre deux plaignants devant ses disciples devant ses disciples. Au premier qui exposait son cas, le juge, après une longue réflexion, décida de donner raison. Mais, quand le deuxième eut fini de plaider, le juge lui donna aussi raison. Aux disciples qui s'étonnaient, alors le maître, après une nouvelle réflexion, répondit : " En effet, vous avez raison. " Cet ouvrage veut montrer qu'il existe plusieurs rationalités, différentes façons d'avoir " raison ", légitimes bien que différentes, pour rendre compte des données de nos sens. Nous affirmons qu'avec raison, nous distinguons les objets et les méthodes des sciences physiques, des sciences du vivant, des sciences de l'homme, aux intérêts et aux enjeux différents ; et aussi ceux de traditions mystiques et mythiques où nous avons appris à reconnaître la possibilité d'une autre rationalité. Et qu'à tort certains tentent d'unifier le tout dans la synthèse d'une connaissance initiatique où se dévoilerait une Réalité Ultime éternelle et ubiquitaire. A tort et à raison au nom de quoi ? Au nom de la raison, bien sûr, mais d'une raison acrobatique et sans filet qui ne peut plus se prévaloir d'une métathéorie. Face aux risques de confusions qu'un besoin irrépressible de fonder l'Ethique (et la politique) en vérité objective explique probablement, il est un remède possible : l'humour sérieux de la multiplicité et de la relativité des jeux de connaissance, de raison, d'inconscient et de langage...
Au moment où il semble généralement admis, dans un mélange de fascination et de crainte, que les sciences de la vie règlent notre vie, l'urgence n'est-elle pas de s'interroger sur cette ambivalence ? Tantôt divinisée, tantôt diabolisée, voici la biologie caricaturée. Et sommée de donner réponses et solutions aux problèmes que ses applications soulèvent. Mais ne se trompe-t-on pas de cible ? S'il s'agit de décider de nos comportements, de trouver des règles de vie individuelle ou sociale, la biologie n'a rien à dire. En revanche, à chaque fois se rencontre l'éthique. Une éthique fondée certes sur des principes généraux (généreux), mais qui se doit surtout d'être concrète, toujours définie au cas par cas. Entreprise délicate, et sans garantie...mais où se joue notre relation à la science et à la société. Notre responsabilité. Entreprise qui implique de sortir de la confusion qu'entraînent les mots, métaphores, représentations et attentes dont chacun (scientifiques, journalistes et public) est prisonnier. Cerner les malentendus, pour que cesse un dialogue de sourds. Dépistage systématique du sida, diagnostics génétiques, commercialisation des produits du corps, autant d'exemples où nous guettent dérives et glissements de sens, autant de cas où il faut chaque fois exercer son jugement, entre exigence et vigilance. Cheminant à travers les interpellations actuelles liées aux performances techniques de la biologie, tout autant qu'à travers ses fondements historiques ou ses projets, ce livre tente l'aventure.
" Hasard et nécessité ", la vie n'a pas fini de nous surprendre. Réduite à des interactions moléculaires mais étendue à des lois d'organisation inattendues, elle est aujourd'hui observée dans des systèmes vivants dont la logique interpelle et renouvelle la pensée rationnelle. Qu'est-ce que l'organisé ? L'auto-organisé ? Pourquoi et comment percevons-nous des ordres dans la nature, d'où viennent les significations que nous leur attribuons ? En quoi le temps des systèmes vivants présente-t-il des propriétés étonnantes ? Notre psychisme, nos sociétés, objets des sciences humaines au statut toujours aussi mal assuré, nous font penser l'organisation comme une création ininterrompue de nouveau, de sens, de vivant, entre et à partir de deux formes de morts, entre le cristal et la fumée. Contextes d'une méditation sur un vivant qui déborde la biologie : les sciences de la nature, l'expérience de l'identité et de la pensée juives, la vie te la mort : biologie ou éthique ?
Comment expliquer le monde ? "Certaines croyances sont-elles plus vraies que d'autres ?" La terre est ronde : tout le monde le sait. Pourtant selon nos ancêtres, elle était plate. Leur savoir était-il inférieur au nôtre ? Et aujourd'hui encore, que savons-nous véritablement ? Dans notre monde rationnel, peut-on s'affranchir des croyances ? De la science à la religion ou aux mythes, de l'horoscope à la superstition ou aux sondages, Henri Atlan décline les mille facettes des croyances : elles demeurent un rouage essentiel de notre rapport au monde, une articulation fondamentale de la pensée, indispensables à la connaissance, à l'intelligence et à la liberté. Photographie : © Nick Ballon Conception graphique : Raphaëlle Faguer © Autrement www.autrement.com © Éditions Autrement, Paris, 2014.
Comment expliquer le monde ? "Certaines croyances sont-elles plus vraies que d'autres ?" La terre est ronde : tout le monde le sait. Pourtant selon nos ancêtres, elle était plate. Leur savoir était-il inférieur au nôtre ? Et aujourd'hui encore, que savons-nous véritablement ? Dans notre monde rationnel, peut-on s'affranchir des croyances ? De la science à la religion ou aux mythes, de l'horoscope à la superstition ou aux sondages, Henri Atlan décline les mille facettes des croyances : elles demeurent un rouage essentiel de notre rapport au monde, une articulation fondamentale de la pensée, indispensables à la connaissance, à l'intelligence et à la liberté. Photographie : © Nick Ballon Conception graphique : Raphaëlle Faguer © Autrement www.autrement.com © Éditions Autrement, Paris, 2014.
Évaluer l'importance d'une fraude financière est possible. Cependant, comment prendre la mesure d'un presque mensonge, de la mauvaise foi ? Par exemple dans l'industrie pharmaceutique ou dans les imbrications écolo-scientifico-idéologiques. Et comment arbitrer des manigances politiques, apprécier les supercheries de certains professionnels de la communication ?Henri Atlan, membre du Comité Consultatif National d'Éthique à sa création, choisit de nous éclairer à l'aide du concept d'onaa qui désigne en hébreu à la fois la fraude, dans les transactions financières, et la blessure verbale infligée par des paroles. Le monde de l'onaa est celui de l'entre-deux : on ne rêve plus ici de Platon, d'une vérité absolue, totale. À l'idéal d'une impossible pureté on substitue la conception d'une réalité plausible, imposant les limites de la loi pour imposer un moindre mal.Le monde de l'onaa est celui du presque vol, du quasi-mensonge. Nous sommes ici dans un univers de pratiques qui ne croit pas à la pureté d'une solidarité fusionnelle, garantie par la présence d'un dieu.Aujourd'hui, il semble qu'aucun discours, pas même l'usage d'énoncés scientifiques, n'est à l'abri de dérapages frauduleux, volontaires ou involontaires. En temps de crise financière et morale, qui fragilise les démocraties, Henri Atlan éclaire des textes quelquefois anciens pour repenser le statut de la fraude dans notre monde contemporain.Biologiste et philosophe, Henri Atlan a publié dans la même collection notamment : Tout, non, peut-être. Éducation et vérité (1991), Les Étincelles de hasard I et II (1999 et 2003), L'Utérus artificiel (2005).
Ordre et désordre, hasard et nécessité, information et bruit, singularités et régularités, la causalité, la prévision, ses fondements et ses limites : tels sont les grands problèmes et les principaux concepts engagés dans la querelle du déterminisme que les développements de la science d'aujourd'hui ont conduit à ranimer. Les querelles au sujet du déterminisme n'ont jamais porté sur des points de détail ni sur des questions d'intérêt limité. Toutes celles qui ont eu lieu dans le passé ont mis en évidence les failles et les fractures des soubassements du savoir, qu'il s'agisse des sciences de la nature ou des sciences humaines. Il leur est même arrivé d'annoncer des séismes qui ont bouleversé les certitudes apparemment les plus incontestables et dont les incidences se sont étendues jusque dans la vie quotidienne. La présente version de la querelle confirmera-t-elle cette règle ? Voit-elle s'affronter deux tendances au sein du même paradigme de la scientificité, ou bien au contraire deux paradigmes différents, l'un ancien et l'autre nouveau ? L'avenir seul le dira. Reste que la controverse est l'une des plus importantes pour la vie intellectuelle de notre temps.
C'est assurément un heureux événement. Longtemps, la naissance est restée un merveilleux mystère, et une épreuve pour les mères. Avant que la médecine ne vienne s'en préoccuper, on l'a nourrie de mythes parfois déconcertants. Comment expliquait-on jadis l'apparition d'un enfant ? Comment l'accueillait-on ? Comment les femmes ont-elles vécu leur grossesse au fil des siècles ? Et maintenant ? Allons-nous vers une artificialisation complète de la naissance ? Sans douleur, sans violence, et bientôt sans mère ? Dans un dialogue accessible à tous, les auteurs retracent ici cette prodigieuse aventure, des matrones de l'Antiquité aux futurs inouïs que la science nous prépare. Désormais, procréation et sexualité sont dissociées, on peut avoir un enfant quand on le veut, comme on le veut, grâce à des technologies inédites - congélation, sélection des embryons et, peut-être un jour, utérus artificiel. Ces nouvelles manières de faire des bébés bousculent le droit, bouleversent les filiations, et nous posent des questions éthiques, sociales, politiques essentielles. Sans tabou, les auteurs s'interrogent ici sur l'identité humaine, et nous entraînent dans une réflexion vertigineuse sur le devenir de notre espèce.
L'UTÉRUS ARTIFICIEL Après la pilule contraceptive, l'insémination artificielle, la fécondation in vitro, une prochaine étape sera l'utérus artificiel. Sans doute cette technique aura-t-elle d'abord des fonctions thérapeutiques, remplaçant les incubateurs actuels pour maintenir en vie les grands prématurés. Mais personne n'est dupe. Les techniques de procréation, initialement développées avec des finalités médicales de traitement de la stérilité ou d'avortements à répétition, débordent inévitablement ces indications strictement thérapeutiques. Comme les inséminations artificielles et les fécondations in vitro, les utérus artificiels seront utilisés pour des " désirs d'enfant " que la procréation naturelle, non médicalisée, ne permet pas de satisfaire Tout en exposant les conditions de réalisation de l'utérus artificiel, Henri Atlan prend la mesure des retombées sociales et culturelles, économiques, politiques, religieuses, voire métaphysiques, de cette nouvelle technique. Outre la dissociation entre sexualité et procréation, c'est une asymétrie immémoriale qui disparaîtra dès lors que les hommes et les femmes seront égaux devant les contraintes qu'impose la reproduction de l'espèce. De quoi seront faits demain les genres masculin et féminin ? Continuant et achevant peut-être une évolution déjà commencée, la procréation sera de plus en plus médicalisée tandis que, paradoxalement, la parenté sera de plus en plus sociale, de moins en moins biologique. Mais rien n'est définitivement joué. Impossible de prédire comment l'UA façonnera l'avenir des sociétés humaines. Et si les mythes et la fiction peuvent ici éclairer la technique, le " meilleur des mondes " n'est pas assuré.
Trop souvent, la philosophie se présente comme une série de problèmes qui seraient à la fois inévitables et insolubles pour tout esprit normalement constitué et qui fait de la philosophie : Dieu, les relations du corps et de l?âme, la liberté, le bonheur, etc. Henri Atlan et Roger-Pol Droit souhaitent indiquer des chemins qui mènent ailleurs ? paraphrasant ainsi le titre de Heidegger, Chemins qui ne mènent nulle part. Ils conduisent vers des contrées intellectuelles où ces grandes impasses, tout simplement, n?existent pas. La pensée juive, celle du Talmud comme de la Kabbale, la pensée indienne, celle du brahmanisme et du bouddhisme, forment des univers philosophiques où nos interrogations réputées les plus nécessaires n?ont plus de consistance. Il est donc possible de revisiter quelques grands thèmes fondamentaux de la pensée philosophique occidentale en montrant qu?ils ne possèdent plus, dès qu?on les déplace ailleurs, le même sens ni la même nécessité. Le dialogue entre Henri Atlan et Roger-Pol Droit avance dans cette direction, susceptible de modifier ce que nous appelons « universel ». Les auteurs parlent clair. Leur échange de vues s?adresse à un large public. Aucune connaissance spécialisée n?est requise pour suivre cette tentative d?ouvrir la pensée à de nouveaux horizons. Pour faciliter les repères, les principaux textes auxquels les auteurs font référence sont reproduits sous forme d?encadrés.