Michel Winter
Michel Winter
Peintre et graveur majeur de la Renaissance allemande, Hans Baldung Grien (1484-1545) demeure une figure fascinante et singulière. Élève d'Albrecht Dürer, contemporain de Matthias Grünewald et de Hans Holbein le Jeune, il a longtemps vécu dans l'ombre de ces grands maîtres. Pourtant, son oeuvre - à la croisée du sacré et du profane, du mysticisme et de l'érotisme - révèle un créateur d'une liberté et d'une modernité étonnantes. Entre Strasbourg et Breisach, au coeur du Rhin humaniste et réformateur du XVIe siècle, Baldung explore sans relâche les thèmes de la vie, de la mort et du désir. Ses peintures et gravures troublantes, peuplées de nus féminins, de sorcières et de vanités, traduisent les bouleversements d'un monde en transition, où la Réforme ébranle les certitudes et où l'individu revendique sa place. Dans ces Mémoires imaginaires, Michel Winter redonne voix à un artiste visionnaire, tourmenté, témoin d'une époque en mutation. À travers lui, c'est toute la Renaissance rhénane qui s'anime - entre humanisme, sensualité et vertige métaphysique.
Sa solitude, le poète la vit avec une déchirante lucidité ; et c'est dans l'interrogation constante d'un cosmos en perpétuelle formation qu'il écoute la Voie Lactée devenir le plus long chemin qui mène le plus vite à l'Homme.
Hugo von Rothenburg a tout lieu d'être heureux ; il s'est joint à la sixième croisade, et, si son corps adipeux a été secoué en tous sens sur sa monture à travers monts et déserts, il revient couvert d'indulgences plénières et chargé de reliques saintes pour son abbaye. Et il ramène avec lui ce jeune peintre bysantin, qui fera les plus belles fresques pour qu'on n'oublie jamais son nom dans son abbaye de Murbach, en Alsace. Oui, celui que l'Empereur Frédéric II a fait premier prince-abbé de Murbach triomphe. Mais, sous son oriflamme marquée du lévrier noir, sait-il qui il ramène vraiment de Terre Sainte? La Providence le sait : il n'est pas au bout de ses peines.
Composé à Strasbourg, à la demande du maire de Dietrich, le futur hymne national parviendra à Paris dans les bouches des fédérés marseillais, et y perdra son premier nom de Chant de guerre pour l'Armée du Rhin. Mais outre cet incroyable voyage du Rhin à la Méditerranée, la genèse de la Marseillaise est trouble. Le capitaine Rouget de Lisle, médiocre musicien selon son entourage, a-t-il réellement composé lui-même cette marche en l'espace d'une seule nuit ? Comment cette commande du citoyen baron de Dietrich a-t-elle pu être acceptée des sans-culottes menés par le redoutable Euloge Schneider ? L'histoire de la Marseillaise est une véritable épopée, à laquelle est lié le destin de toute la famille de Dietrich. Le baron y perdra sa liberté et sa vie. Et sa nièce, Amélie, passionnée par les idéaux d'Olympe de Gouges, de Manon Roland ou de Théroigne de Méricourt, se lancera à corps perdu sur les routes dangereuses d'un pays livré à une Révolution qui ne reconnaîtra jamais les droits des citoyennes. Michel Winter raconte avec beaucoup de finesse et d'humour une histoire de révolution, de musique et de liberté.