Turquie
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Jusqu'aux années 1970, le monde turc et ottoman à l'âge classique restait aux yeux des Occidentaux une curiosité mêlant orientalisme exotique et de très anciens clichés. Gilles Veinstein a fait partie de cette génération de jeunes chercheurs qui a accompagné l'ouverture progressive des archives de l'Empire. Il en a résulté une compréhension profondément renouvelée - car captée de l'intérieur - de ce monde.Les études présentées dans ce volume, publiées entre 1978 et 2009, s'attachent, à partir de cas concrets, à éclairer le fonctionnement et l'évolution de l'État, de l'économie et de la société ottomane, les rapports de pouvoir et les relations entre communautés. Aux mythes qui obscurcissent souvent encore notre vision, Gilles Veinstein oppose les connaissances qu'il a contribué à établir et les conclusions nuancées que lui a inspirées sa fréquentation intime, sur de longues années, de la réalité ottomane.
Polarisation politique, manquements démocratiques, turbulences économiques, crispations identitaires, question kurde, blocage européen... La Turquie se trouve régulièrement au centre de l'actualité internationale et fait fréquemment l'objet de jugements à l'emporte-pièce. En abordant successivement les aspects politiques, économiques, sociétaux et internationaux de la Turquie, cet ouvrage précis et didactique fournit des clés de lecture pour découvrir et comprendre ce pays qui résiste décidément aux analyses binaires. Loin des clichés et des préjugés, il propose des pistes d'analyse pour explorer la profondeur historique et les paradoxes contemporains de la Turquie sans esquiver ses contradictions et ses défis. Des cartes, des schémas et des tableaux viennent illustrer le propos.
Byzance, IXe–XIIIe siècle : comment les empereurs et les moines ont façonné ensemble un nouveau modèle de pouvoir, entre spiritualité et stratégie politique. Une plongée inédite dans les coulisses de l’Empire byzantin.
La Turquie est devenue un acteur clé des relations internationales contemporaines avec un positionnement parfois paradoxal entre Occident et Orient, entre modernité et archaïsme, entre laïcité et islamisme. Pour bien la comprendre, il est essentiel de connaître son histoire. Dès 1923, Atatürk et ses partisans fondent la République de Turquie, animés par une idéologie nationaliste unificatrice en rupture avec l'héritage ottoman. Afin de moderniser la société turque, ils mettent en place des réformes qui devront faire face à la résistance des masses conservatrices, encore attachées aux traditions et valeurs du passé. Dans ce climat de tension, entre modernité et héritage, Tayyip Erdogan s'impose sur la scène politique et renoue avec les partis traditionalistes. C'est au coeur de cette histoire riche, complexe et pleine de défis politiques que la République turque va se construire et fonder son identité. À l'occasion du centenaire de la République, ce livre se penche sur les paradoxes de la société turque avec une approche fouillée et didactique. Il se découpe en cinq parties : Politique, Société et Islam, Économie et crime organisé, Relations internationales et enfin Forces armées, services secrets et milices.
Depuis la fondation de la République Turque en 1923, la laïcité constitue le principe le plus discuté et controversé, comme impliquant un rejet de la République elle-même. Que signifie la laïcité pour la Turquie ? Le renforcement de l'autorité des élites ? Ou le sens de la République ? Aujourd'hui, comment comprenons-nous la laïcité, et avons-nous besoin de la redéfinir ?
"S'étendant jadis des portes de Vienne au Yémen, de l'Algérie à l'Irak, l'Empire ottoman s'effondre en 1923 et cède la place à la république de Mustafa Kemal. Aujourd'hui, la Turquie d'Erdogan, impliquée dans de nombreuses guerres régionales, suscite des inquiétudes dans les pays occidentaux. L'Empire ottoman connaît plusieurs siècles de conquêtes territoriales, notamment celle de Constantinople en 1453 par le sultan Mehmed II. Le règne de Suleyman le Magnifique parachève cet empire universel. Sa longévité, plus de 600 ans, est une exception dans le monde musulman. Au début du XIXe siècle, il tente de se réformer : absolutisme éclairé, règne autocratique d'Abdülhamid II, révolution jeune-turque de 1908... Après une décennie de guerre, marquée par le génocide des Arméniens, un régime autoritaire, celui de Mustafa Kemal, voit le jour. À la lumière de ces sept siècles d'histoire, Hamit Bozarslan donne à comprendre la Turquie contemporaine, incarnée par son leader islamo-nationaliste Erdogan."
La Turquie est-elle une démocratie? Pourquoi Sainte- Sophie est-elle un symbole important? Qui est Kemal Kiliçdaroglu, le «Gandhi turc»? Peut-on réconcilier Kurdes et Turcs ? Y a-t-il un avenir européen pour la Turquie ? Est-elle amie ou adversaire avec la Russie ? Depuis vingt ans, la société et l'économie turques se sont modernisées, sous la houlette de Recep Tayyip Erdogan. Mais le coup d'État raté de 2016 a entraîné le durcissement du régime, le fléchissement de la croissance et dopé les ambitions extérieures de son président. Influenceur islamique, proche des dirigeants africains, l'homme d'Ankara a embarqué son pays dans un double jeu diplomatique dangereux pour ses partenaires de l'OTAN. Dorothée Schmid nous fait comprendre comment, de puissance régionale, la Turquie est devenue un acteur incontournable dans un jeu mondial en pleine recomposition.
À cheval sur deux continents, longtemps capitale d'empires immenses, Istanbul est le produit d'un extraordinaire empilage de cultures qui se sont fondues les unes dans les autres au fil de vingt-cinq siècles. Tout, ici, étonne, surprend, émerveille. Sommes-nous à Byzance, Constantinople ou Istanbul ?" Cette ville - celle de mon enfance - a tout eu, tout reçu, tout connu. Des empereurs et des sultans, des personnages de légende, des artistes raffinés, des architectes géniaux, des favorites diaboliques et des marchands d'armes d'une habileté hors du commun. On s'y régale de mets d'une rare finesse, on y hume des senteurs troublantes, on déambule au milieu de bruits jamais entendus, on y vit des passions qu'il vaut mieux taire, et lorsque l'on se trouve sur l'une de ses collines, où que se porte le regard, on a le sentiment d'être au Royaume des royaumes.Tout, ici, étonne, surprend, émerveille. Sommes-nous à Byzance, Constantinople ou Istanbul ? Devant une église orthodoxe ou une mosquée ? Dans une citerne ou une basilique ? Le quartier que nous visitons est-il grec ? juif ? génois ou vénitien ? Sommes-nous rive gauche ou rive droite de la Corne d'Or ? Face au Bosphore, à la mer de Marmara ou à la mer Noire ? Où irons-nous déjeuner, tout à l'heure, en Europe ou en Asie ? "
Troisième édition de cette synthèse de référence, qui apporte des clefs pour comprendre la situation présente, en suivant l'évolution du pays tout au long du XXe siècle et au début du XXIe siècle. En proposant une information fiable et une lecture synthétique de l'histoire récente de la Turquie, il permet aux lecteurs de langue française de mieux comprendre la place stratégique ce pays occupe sur la scène mondiale.
On croit souvent qu'en terre d'islam, l'alcool se serait heurté au mur infranchissable de l'interdit religieux. Comme si le Coran qui prohibe le vin ici-bas, mais le promet dans l'au-delà avait réglé la question une fois pour toutes. Comment comprendre, alors, la promotion du raki, dont la production est attestée dès le XVIesiècle, au rang de "boisson nationale" dans la Turquie moderne ? Ou le goût parfois immodéré du sultan Mahmud II pour le champagne ? En réalité, dans une longue durée rythmée par l'alternance de périodes de prohibition et de libéralisation, vins et autres boissons alcoolisées n'ont cessé d'être consommés dans l'immense espace multiconfessionnel de l'Empire ottoman. C'est cette histoire discrète, histoire des marges et de la transgression, mais aussi de véritables "cultures du boire", qui se trouve ici révélée. Des tavernes interlopes d'Istanbul aux libations secrètes des en passant par les vignobles de Thrace ou d'Anatolie, des rituels soufis aux éclats de la poésie bachique, des indignations plus ou moins feintes des religieux aux hésitations du pouvoir jusque dans la Turquie actuelle , l'alcool devient le précipité d'une vaste histoire sociale, culturelle et politique. Épilogue de Nicolas Elias et Jean-François Pérouse, "Boire dans la Turquie d'Erdogan"
Paul Dumont, historien spécialiste de la Turquie, retrace l'histoire de la Turquie de la Première Guerre mondiale aux premières réformes d'Atatürk dans un livre synthétique et accessible à tous. Comment un général isolé, désavoué par le sultan, éloigné des instances politiques traditionnelles, à la tête d'une troupe de soldats épuisés par quatre années de guerre, a-t-il réussi à s'imposer efficacement à deux des plus grandes puissances d'Europe, la France et l'Angleterre, à contrarier le démantèlement de l'Empire ottoman et à accomplir une révolution qui a contribué à façonner le visage d'une large partie du monde ? La Turquie qui succède en 1923 à celle des sultans a pour ambition principale de vivre libre, indépendante et tournée vers le modernisme. Désormais et pour de nombreux peuples à la recherche de leur identité, la " révolution kémaliste " sera une référence et un prototype : une large part des réformes accomplies depuis lors et jusqu'à nos jours par les États musulmans découle de l'expérience kémaliste. À l'heure où la Turquie célèbre le centenaire d'une République laïque mise à mal par le régime islamo-conservateur du président Erdoğan, Paul Dumont retrace le destin et l'action de celui qui demeure dans la mémoire collective " Atatürk ", refondateur de la nation.
Quelles sont les origines mythiques du peuple kurde ? Y a-t-il eu par le passé un royaume kurde unifié ? Ont-ils participé au génocide des Arméniens ? Tous les Kurdes sont-ils musulmans ? Qui est le légendaire Mustafa Barzanî ? Qui sont les peshmergas ? À quoi la jeunesse kurde aspire-t-elle ? Que veut le PKK ? Israël est-il leur principal allié ? Quel rôle joue la diaspora kurde ? Contrairement aux peuples arabes ou des Balkans, les Kurdes n'ont jamais eu droit à leur État-nation. Depuis l'avènement de l'islam au viie siècle, le destin des Kurdes semble scellé dans un écartèlement perpétuel entre l'Irak, l'Iran, la Turquie et la Syrie. Pourtant, la revendication d'un État unifié, ou au moins d'une certaine forme d'autonomie là où ils habitent, n'a jamais cessé et s'est amplifiée depuis le démembrement de l'Empire ottoman. Minorisés, les Kurdes ont subi, entre autres, la répression dans le sang de leurs révoltes en Turquie dans les années 1920 ou le gazage par Saddam Hussein en Irak en 1988. Depuis l'invasion américaine de l'Irak en 2003, les révoltes des printemps arabes en 2011 et le développement du conflit syrien, la « question kurde » a pris une ampleur internationale.En 100 questions clés, voici décryptés les rendez-vous manqués avec l'Histoire, les fondements et les défis de taille qui attendent ce peuple, un siècle après la fin des empires moyen-orientaux.
La première histoire des Turcs en France. Une histoire méconnue, perçue à tort comme récente, et d'une grande diversité. Si l'actualité politique récente de la Turquie a donné une certaine visibilité aux « Turcs de France », leur histoire migratoire longue de plus d'un demi-siècle reste, en général, assez méconnue. Enfants, petits-enfants des « travailleurs invités » des Trente Glorieuses, réfugiés politiques ou familles bénéficiaires du regroupement familial, ils sont aujourd'hui près de 600 000 en France. Moins nombreux et moins visibles qu'en Allemagne, certains sont encore étrangers résidents quand d'autres sont binationaux. Les trajectoires de ces hommes et de ces femmes venus de Turquie et issus de religions, de sensibilités politiques et parfois de langues différentes, sont diverses. Ségolène Débarre et Gaye Petek fournissent ici un panorama à destination de tout lecteur curieux de mieux connaître les Turcs ou de s'approprier une histoire, peut-être celle de ses origines.
La première histoire des Turcs en France. Une histoire méconnue, perçue à tort comme récente, et d'une grande diversité. Si l'actualité politique récente de la Turquie a donné une certaine visibilité aux « Turcs de France », leur histoire migratoire longue de plus d'un demi-siècle reste, en général, assez méconnue. Enfants, petits-enfants des « travailleurs invités » des Trente Glorieuses, réfugiés politiques ou familles bénéficiaires du regroupement familial, ils sont aujourd'hui près de 600 000 en France. Moins nombreux et moins visibles qu'en Allemagne, certains sont encore étrangers résidents quand d'autres sont binationaux. Les trajectoires de ces hommes et de ces femmes venus de Turquie et issus de religions, de sensibilités politiques et parfois de langues différentes, sont diverses. Ségolène Débarre et Gaye Petek fournissent ici un panorama à destination de tout lecteur curieux de mieux connaître les Turcs ou de s'approprier une histoire, peut-être celle de ses origines.
De 1914 à 1924, des communautés chrétiennes de l'Empire ottoman ont été détruites. Ces chrétientés orientales, pour certaines nées des schismes du Ve siècle, s'étaient maintenues dans leur diversité pendant la période ottomane dans un empire multiethnique et pluriconfessionnel. Nestoriens, chaldéens (également appelés assyro-chaldéens), syriaques et Grecs, disparaissent, les uns au cours du génocide des Arméniens (avril 1915-décembre 1915) et jusqu'en 1918, les autres dans un contexte différent, comme les communautés grecques dont la destruction s'étend de 1914 à 1924.Le responsable de cette destruction est le nationalisme turc. Exprimé sous la forme d'un turquisme, voire d'un panturquisme et d'un pantouranisme chez les Jeunes Turcs du Comité Union et Progrès, ou d'un turquisme moins conquérant dans le mouvement kémaliste de 1919 à 1924, il obtient le même résultat : un nettoyage ethnique et religieux qui exclut les chrétiens d'une Turquie où les musulmans sont, dans l'esprit de ces idéologues, les seuls à même d'adhérer à un projet national turc.Ce livre explore avec rigueur les différentes modalités de la disparition des chrétiens d'Anatolie, à partir d'une abondante documentation complétée par la récente publication des Archives du Vatican.
De l'autre côté de la Corne d'Or, face à Sainte-Sophie et au palais du Sultan, s'étend un quartier d'Istanbul un peu singulier, Beyoglu. Dans notre imaginaire contemporain, celui qu'on nommait autrefois Pera ou " la ville franque " reste un mythe. Des générations d'écrivains et d'artistes, aussi bien turcs qu'étrangers, s'y sont précipitées et perdues au XIXe siècle, en quête de modernité, d'altérité et d'avant-garde. Là, dans ce miroir de Paris, a bouillonné toute la vie intellectuelle et éditoriale turque, rythmée par les battements et métamorphoses du quartier depuis les années 1870. Avec le siècle et à mesure que son paysage architectural se dégrade, ses ruines sont devenues la scène d'une bohème sans cesse renouvelée et le terreau d'une production nationale. De nombreux artistes turcs y puisent l'inspiration auprès de leurs frères d'écriture, les Loti et autres Aragon. Ils y respirent l'air fascinant et subversif des capitales culturelles d'alors, Paris ou New York, prêts à partir sur les traces de leurs maîtres à penser, les Sartre ou les Beauvoir. Là s'écrivent les textes qui confèrent leurs lettres de noblesse à la littérature turque d'aujourd'hui (Attilâ Ilhan, Ferit Edgü, Demir Özlü ou Nedim Gürsel). Timour Muhidine nous conduit dans ce Quartier latin d'Orient et, pour mieux comprendre ce siècle de la bohème turque, nous entraîne entre la place de Tünel et Taksim, au hasard des ruelles et des lieux de sociabilité où s'est élaboré un art moderne.
Successivement part des empires romain, byzantin, ottoman, le territoire de l'Asie Mineure et de la Thrace orientale a été d'abord hellénisé, puis turquisé. À l'issue de la Première Guerre mondiale, et avec le démantèlement de l'Empire ottoman, il devient le territoire national de la jeune République turque. Le pouvoir nationaliste des Jeunes Turcs puis des Kémalistes, appliquant une politique d'" ingénierie démographique " visant à l'éradication des minorités chrétiennes - Arméniens, Grecs, Assyro-Chaldéens -, a imposé dans la première moitié du XXe siècle une homogénéisation ethno-nationale, au prix d'événements traumatiques - massacres, purifications ethniques, génocide. Il s'est trouvé ensuite confronté au défi de l'assimilation de sa minorité musulmane kurde. Ces événements violents ont provoqué la dispersion de ces populations minoritaires en diasporas, auxquelles s'ajoute désormais la communauté transnationale turque plus récente, projection éclatée de l'espace anatolien sur l'Europe et le monde. Un lien mémoriel fort continue de relier la plupart de ces populations diasporiques avec leurs " patries perdues ". En s'intéressant aux interfaces maritimes et continentales du territoire turc, l'auteur nous donne, par une approche géo-historique, des clés de compréhension de cet espace péninsulaire entre Europe et Asie, et des peuples qui l'ont habité.