Egypte
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Thèse de doctorat publiée en 1973, Artisans et commerçants au Caire au XVIIIe siècle s'est imposée comme une exploration réussie d'un territoire encore jamais défriché par la recherche occidentale : l'histoire économique et sociale de l'Égypte à la période ottomane. Malgré l'absence d'archives de première main, d'ouvrages historiques ou de chroniques de qualité et de statistiques globales sur le commerce et la production, André Raymond est en effet parvenu à évaluer l'importance des problèmes économiques dans l'évolution historique de l'Égypte de la fin du XVIIe siècle à l'avènement de Muammad Al. En partant d'informations sur la monnaie et les prix disponibles dans les registres de successions des tribunaux locaux et dans la correspondance consulaire, il reconstitue d'abord la chronologie des crises monétaires et des crises de subsistances qu'a connues Le Caire aux XVIIe et XVIIIe siècles. Raymond étudie ensuite l'économie du Caire par le prisme du commerce international et aborde les liens entre évolution de la production et du commerce et topographie économique de la ville. La deuxième partie de l'ouvrage s'attache à décrire la stratification sociale et les diverses organisations qui structuraient la vie des artisans et des commerçants pour interroger, enfin, dans le contexte de l'occupation ottomane, le type de relations existait entre la population indigène économiquement active et la caste dominante, qui sont traditionnellement décrites comme deux ensembles séparés dont l'un dominait politiquement l'autre et l'exploitait financièrement et économiquement.
Source de multiples passions, de conflits géopolitiques et d'enjeux économiques... Voici l'histoire méconnue de la route la plus importante du monde.
Plus vieille communauté juive du monde (en dehors d'Israël), les juifs d'Égypte ont joué un rôle crucial dans le développement économique, éducatif, intellectuel et culturel de leurs pays au travers des siècles. La trace archéologique la plus ancienne d'une présence juive en Égypte date du milieu du VIIe siècle avant J.-C. Lorsque le pays passe sous domination romaine, toute vie juive cesse jusqu'à la conquête musulmane et l'instauration du califat omeyyade. Bénéficiant du statut de dhimmis, les juifs égyptiens connaissent des hauts et des bas. Enrichie par la venue de migrants du Proche-Orient, la communauté héberge les premiers adhérents de la secte des Karaïtes puis, à l'avènement des Fatimides et des Ayyoubides, entre le Xe et le XIIe siècles, accueille les rescapés des persécutions almohades d'Andalousie et du Maghreb. Cet « âge d'or » égyptien prend fin avec l'arrivée au pouvoir, au milieu du XIVe siècle, des Mamelouks. Réduit à quelques centaines de familles, le judaïsme égyptien se ranime avec l'arrivée d'émigrés judéo-espagnols en 1492 puis à la suite de la conquête du pays, en 1517, par les Ottomans.L'expédition française de 1798 et l'accès au pouvoir en 1805 de Méhémet Ali ouvrent l'Égypte à l'influence européenne. À partir de la moitié du XIXe siècle, des milliers de juifs originaires du bassin méditerranéen, du Levant et d'Europe orientale s'installent en Égypte. Un processus qui s'étiole entre les deux guerres mondiales, victime de la montée du nationalisme égyptien, de l'aggravation de la question palestinienne puis de l'irruption d'Israël sur la scène internationale, de l'émergence des Frères musulmans, de la chute de la monarchie et de l'avènement du nassérisme - des événements qui sonnent le glas de la présence juive dans la vallée du Nil.
Entre 2011 et 2013, l'Egypte connait une révolte populaire sans précédent. Au Caire, la foule déferle sur la place Tahrir : symbole d'un pouvoir autocratique et répressif, elle devient le creuset des espoirs d'un peuple qui aspire à la liberté. Deux années d'ébullitions démocratiques où le « grand soir » semble à portée de main, et l'avenir ouvert à tous... Si aujourd'hui la révolution a été pipée, le soulèvement de la place Tahrir marque un tournant décisif dans l'histoire de l'Egypte, façonnée par plus de 1300 ans d'hégémonie Islamique. Le pays a vu l'avènement d'une génération qui n'est plus entravée par les mythes religieux de la prédestination et de la fatalité, par le respect instinctif des hiérarchies et le conformisme communautaire. Une génération qui n'a plus peur de l'originalité et l'imprévu ; qui a appris à s'affirmer, à se révolter, à dire « je » au lieu de « nous ». Mais cette émancipation ne s'est pas faite en un jour, elle est le fruit d'un long processus qui, depuis les conquêtes de Bonaparte jusqu'à nos jours, a transformé en profondeur la société égyptienne, bouleversant l'ensemble des structures politiques et mentales. Peu à peu, le pays a changé de nature, la communauté traditionnelle cédant le pas à l'individu, tandis que les consciences se délivraient du joug des gouvernants. Ce livre raconte l'épopée d'un peuple qui s'éveille lentement à la liberté.
C'est en Haute-Égypte, la région la plus pauvre du pays, que nous emmène cet ouvrage, à la rencontre des coptes-catholiques, minorité de la minorité, au milieu d'une mer copte-orthodoxe et d'un océan musulman. C'est en Haute-Égypte, la région la plus pauvre du pays, que nous emmène cet ouvrage, à la rencontre des coptes-catholiques, minorité de la minorité, au milieu d'une mer copte-orthodoxe et d'un océan musulman. C'est en suivant des prêtres égyptiens, de leur formation au séminaire, puis à Rome, jusqu'au retour dans leurs paroisses rurales, avant et après la révolution de 2011, que le lecteur découvre l'histoire de cette petite Église. Le livre retrace aussi l'histoire des contacts séculaires des coptes-catholiques avec des franciscains italiens et jésuites français. Le lecteur découvre enfin les communautés villageoises de cette région, pauvres et actives. Curés de campagne, les prêtres coptes-catholiques arbitrent les conflits, arrangent les mariages et luttent contre le sous-développement chronique de la Haute-Égypte délaissée par un État à la fois omniprésent et déficient. Ils défendent la cause des femmes dans une société patriarcale, représentent leurs paroissiens au milieu de tensions confessionnelles croissantes et face aux autorités administratives et politiques. Ce livre, comme le souligne Robert Solé dans sa préface, réussit à nous faire partager, de manière saisissante, la vie quotidienne des habitants de la vallée du Nil.