Chine
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Que dit la langue de l'état d'un pays ? Dans cet ouvrage sans précédent ni équivalent, les expressions étudiées racontent une société en pleine mutation, complexe, traversée de contradictions et de tensions, et intensément connectée au reste du monde. Certaines sont produites par l'État-Parti et se diffusent verticalement du haut vers le bas, à la manière des mots de la propagande étudiés par Victor Klemperer. D'autres sont forgées par les citoyens ordinaires et apparaissent au sein de communautés sur internet avant de se diffuser largement parmi plus d'un milliard de locuteurs. C'est là la singularité de la Chine actuelle, dont ce livre brosse un portrait édifiant. Les trente-quatre néologismes choisis pour désigner une variété de réalités qui relèvent de l'organisation de l'économie et du travail, de la vie quotidienne des individus, des choix d'éducation, des pratiques culturelles, des identités sociales, de la santé publique, du contrôle politique, tant en ville qu'à la campagne, rendent compte, mieux que bon nombre d'études, de la réalité de la Chine et des Chinois. Car, malgré le renforcement de la surveillance et le poids croissant des impératifs idéologiques, la langue demeure en Chine un lieu de créativité et résistance. Et c'est bien là l'une des complexités à saisir pour comprendre la voie de ce pays hors norme. Fruit du travail inédit de 16 contributeurs de tous horizons, sociologues, anthropologues, historiens, géographes, politistes et linguistes, tous spécialistes de la Chine contemporaine, et dirigé par Gilles GUIHEUX, professeur, sociologue à l'Université Paris Cité et Lu SHI, professeure honoraire en études chinoises à l'Université de Lille, Quand la Chine parle dresse un atlas linguistique de la Chine actuelle.
Depuis l'Europe des Lumières, on s'est beaucoup occupé de « penser la Chine », quitte à fabriquer les représentations les plus contradictoires, entre la « Chine philosophique » et le « despotisme oriental », entre une Chine éternelle, esthétique et consensuelle, et une autre, imprévisible et inquiétante. Pour sortir de ces clichés tenaces, Anne Cheng nous propose d'exercer notre oreille à capter ce que les auteurs chinois nous donnent à entendre. La Chine ne serait-elle pas capable, après tout, de penser et de se penser par elle-même ?
Après la chute de la dynastie Han en 220, l'ancien territoire de l'empire entre dans une longue phase de transformation sociale, politique et intellectuelle. Pendant plus de trois siècles et dans l'ensemble de l'Est asiatique, la tendance sera à la fragmentation politique, aux frontières instables, aux rébellions, migrations et invasions. Cette période est marquée par la destruction et la violence, mais aussi par de multiples expérimentations sociales et politiques. Dans le Nord, des populations frontalières conquièrent le centre de l'ancien empire, en imposant leurs normes et leurs pratiques. Dans le Sud, des familles aristocratiques s'approprient les administrations et les façonnent à leur image. Au Nord comme au Sud, l'arrivée du bouddhisme et l'expansion du taoïsme s'accompagnent de nouvelles idées, de nouveaux acteurs et de nouvelles institutions. Époque d'intenses bouleversements, ce « haut Moyen Âge chinois » (220-589) interroge d'abord l'évolution de l'autorité sociale et politique. Comment certains groupes parviennent-ils à se faire une place, voire à s'imposer face à leurs rivaux? Quels moyens les anciennes élites se donnent-elles pour dominer des populations mobiles et changeantes, parfois devenues incompréhensibles à leurs yeux? Et face aux recompositions à l'oeuvre, qu'advient-il des manières traditionnelles d'expliquer, de justifier et de rationaliser le pouvoir? Dans ce monde médiéval aux allures parfois «modernes», dans ce mouvement fébrile d'idées, de populations et de frontières, s'ébauchent un certain nombre des trajectoires historiques qui marqueront durablement l'ensemble de la région jusqu'à cette Chine que nous connaissons aujourd'hui.
En 1912, avec la proclamation de la République, la Chine bascule dans une ère foncièrement nouvelle. La révolution de 1911-1912 n'a pas pour seule conséquence de renverser les Qing. Elle vient mettre fin à la succession des dynasties qui scandait l'histoire chinoise depuis plus de deux millénaires. Le modèle politique et intellectuel de l'empire, qu'une décennie de réformes radicales (les Nouvelles politiques) avait commencé à remettre en cause à partir de 1901, est définitivement enterré. En se fondant sur l'historiographie la plus récente, l'auteur réfute la grille de lecture d'une période républicaine dominée par l'épopée révolutionnaire du Parti communiste chinois. La victoire finale de ce dernier ne se dessine que très tardivement. Elle doit au moins autant à sa stratégie et sa faculté à organiser et mobiliser la population qu'à une série de concours de circonstances particulièrement favorables qui aboutissent à affaiblir son principal ennemi, le Guomindang.
En 1949, bien qu'elle se proclame en rupture radicale vis-à-vis des régimes qui l'ont précédée, la République populaire de Chine reprend à son compte les objectifs formulés par les réformateurs et les révolutionnaires de la première moitié du XXe siècle. La différence tient aux moyens mobilisés pour y parvenir. Dans les faits, la pratique du totalitarisme par Mao Zedong n'entraînera pas les transformations annoncées. Il lègue une société affaiblie et fracturée. Il faut attendre le tournant des années 1980 pour que la promesse de modernisation soit enfin tenue. Les réformes engagent alors le pays dans des mutations plus rapides qu'aucune société humaine n'en a jamais connues. Industrialisation, urbanisation, bureaucratisation, globalisation, migrations ne sont pourtant pas des phénomènes propres à la Chine ; s'ils y prennent une proportion hors du commun, ils s'éclairent par le comparatisme. Pour conduire cette démonstration, l'ouvrage s'appuie sur les acquis les plus récents de la recherche en sciences sociales alors que l'enquête de terrain est désormais possible et les archives pour partie ouvertes.
« Ce qui arrive en Chine arrive dans le monde, et ce qui arrive dans le monde arrive en Chine ». Ce simple énoncé, aux faux airs de tropisme, assume en une phrase toute la radicalité d'Arif Dirlik. Ce sinologue américain d'origine turque est à l'écoute de ce que nous dit la Chine, sans jamais s'exempter de nous rappeler les complicités économiques, politiques, managériales ou académiques qui accompagnent son incroyable développement. Les origines du mot « Chine », l'importation des sciences sociales, l'influence de l'anarchisme sur les premiers marxistes chinois, la trahison des promesses de la révolution, la Chine postsocialiste et le postmodernisme, le renouveau nationaliste, la destruction massive de l'environnement et la croissance continue des inégalités... voici la liste non exhaustive des sujets abordés par Arif Dirlik dans cet ouvrage qui échappe aux pièges de la sentimentalité victimaire et des discours exceptionnaliste comme essentialiste de la supposée « altérité » chinoise qui ont marqué les esprits au tournant du xxie siècle. Ce premier choix de textes, fait avec leur auteur, permet de découvrir la logique imparable qui lie histoire, langage et théorie critique dans une longue et fructueuse carrière, achevée trop tôt en décembre 2017.
La Chine fut à de multiples reprises dirigée par de grandes souveraines, aussi capables sinon davantage que leurs homologues masculins. L'une d'elles, la célèbre Wu Zetian, est même allée jusqu'à se proclamer empereur et à fonder sa propre dynastie, devenant ainsi l'égale des hommes, tâche ô combien difficile dans une société traditionnellement polygame, où les femmes étaient le plus souvent réduites au statut d'épouse ou de mère. L'Empire du Milieu a connu, lui aussi, son lot de Messaline, de Théodora et d'affaires de la tour de Nesle, et sa riche histoire a été marquée par nombre d'histoires d'amour et d'intrigues de palais, où se sont croisés épouses naïves, impératrices arrogantes, douairières toutes puissantes, eunuques maléfiques et empereurs dissolus. Keith McMahon, érudit sinologue, retrace ici l'histoire des impératrices, des concubines et des favorites qui se sont illustrées dans l'histoire de la Chine, et qui ont, pour certaines d'entre elles, inspiré pendant des siècles les poètes, les romanciers, les dramaturges et, plus récemment, les cinéastes.
Cet ouvrage met en lumière la révolution qu'a produite l'industrie publicitaire sur le développement de la presse et la transformation des villes chinoises, de la fin de l'empire (1905-1911) aux premières années de la République Populaire de Chine (années 1950). En s'appuyant sur des sources encore peu exploitées (archives municipales, croquis, journaux, photographies), l'auteure montre comment la publicité imprimée a profondément changé l'apparence physique des journaux, leurs contenus éditoriaux et leur modèle économique. En utilisant des méthodes numériques innovantes (systèmes d'information géographique, cartographie numérique), elle décrypte également l'impact de la publicité extérieure sur les paysages urbains, les politiques municipales et la vie quotidienne des citadins. L'ouvrage analyse les publicités qui, par leur matérialité ou leur contenu, portent atteinte à l'apparence des rues et à l'intégrité physique et morale des citadins. Enfin, l'auteure examine les problèmes de circulation que posent les publicités dans les rues encombrées de Shanghai ainsi que les métamorphoses de la vie nocturne en Chine pré-communiste sous l'influence de la publicité lumineuse.
Ce livre est l'oeuvre d'un Occidental curieux, amoureux de la Chine ; il est le fruit d'un long travail qui l'a conduit à faire revivre 5000 ans d'histoire. Un ouvrage simple et pratique à consulter au fur et à mesure des interrogations.
La Chine populaire représente une réponse nationale aux graves crises de la Chine moderne. Mais c'est aussi une expérience située dans l'héritage du socialisme de type soviétique, qui va de la phase maoïste suivie, après la mort de Mao Tsê-toung, à la démaoïsation entreprise par Deng Xiaoping à partir de 1978. Ce livre montre que les contradictions de la période maoïste et du Grand Timonier lui-même, préparent les ruptures de l'après-Mao. Les réformes économiques amènent à des bouleversements systématiques, et à une réinsertion de la Chine dans l'univers capitaliste mondial. On constate donc aujourd'hui que les changements vont bien au-delà des objectifs plus limités voulus par les réformateurs dans les premières années de Deng Xiaoping.
Dans Histoire de la genèse de la culture chinoise, l'auteur adopte une perspective globale pour analyser comment l'environnement géographique, les fondements économiques, la structure sociale et le système politique ont façonné le développement de la culture chinoise. L'ouvrage met en lumière sa diversité, sa continuité et sa vitalité, tout en examinant avec recul ses forces et ses limites à travers une comparaison entre la Chine et d'autres civilisations. Il explore enfin le renouveau de la nation chinoise à l'ère moderne et les apports de la sagesse chinoise au développement durable de l'humanité, en appelant au dialogue et à la coopération entre les civilisations.
Les comportements des personnes âgées varient non seulement d'un individu à l'autre mais aussi d'une culture à l'autre, étant régis par les traditions millénaires d'une société, par des contextes socioculturels et par des représentations sociales liées à la vieillesse. La vie des retraités chinois décrite ici (modes d'habitation, relations familiales et sociales, concepts et pratiques du maintien en bonne santé, manières de passer le temps libre, voyages, opinions sur des jeunes, attitudes et comportements face à la Covid-19, etc.) se veut être un miroir de la culture chinoise au quotidien et de l'évolution de la société chinoise.
1846, Chine impériale. Après son expulsion du Tibet, le Père Huc traverse la Chine sous escorte armée, observant avec un regard unique les paysages, les mœurs et les tensions d’un empire en pleine mutation.
La Chine est susceptible de devenir la première puissance économique mondiale : aucun continent n'échappe désormais à son influence. Comment interpréter l'écart entre les proclamations rassurantes sur le caractère pacifique et responsable de sa puissance, et la poursuite d'un réarmement massif, qui pousse Pékin à bousculer un statu quo régional qui ne la satisfait plus et se déclarer prête à recourir à la force armée dans les disputes territoriales si on l'y obligeait ? Cet ouvrage collectif offre une analyse de la stratégie de la Chine de la fin de Guerre froide au tournant des 2015-2016
Puissance mondiale incontournable, la Chine fait l'objet de nombreux fantasmes : fascination, peur, rejet... Entièrement mis à jour, ce livre de référence dresse un panorama inédit pour rendre compte de la réalité chinoise. Il aborde successivement histoire, géographie, civilisation, pensée, vie quotidienne et économie. Conçu conjointement par un historien et un chef d'entreprise, validé et cautionné par une équipe de sinologues, il constitue un outil unique de découverte et d'étude, agrémenté d'une dizaine de cartes.
Pendant cinq années, Frédéric Lemaître a assisté aux transformations profondes de l'Empire du Milieu. Ce livre est une invitation à décaler notre regard et à plonger au coeur des multiples facettes de ce pays-continent. En Chine, tout est politique. Plus autoritaire, on sous-estime à quel point la « nouvelle ère » de Xi Jinping est différente des décennies précédentes. Certes, la croissance ralentit, le chômage augmente et l'hypothèse d'une guerre autour de Taïwan inquiète. Pourtant, la majorité des Chinois a le sentiment d'habiter un pays moderne où il fait bon vivre. Le modèle occidental ne les fait d'ailleurs plus rêver. Dans ce voyage à travers le pays, le journaliste croise aussi bien des artistes qui naviguent à l'intérieur du système que des membres du Parti qui n'en peuvent plus ; des bourgeois qui rêvent d'envoyer leur enfant à l'étranger et leurs enfants qui n'ont aucune envie de partir ou des jeunes, fatigués de la pression, qui décident de « rester allongés ». Avec un oeil aiguisé, Frédéric Lemaître nous éclaire au fil des événements et de ses rencontres sur cette société chinoise, paradoxale et résolument moderne.
Aujourd'hui, en Chine, le régime se durcit et exerce un contrôle idéologique étroit sur les universités, rétrécissant chaque jour l'espace du débat et de l'analyse objective. Comment, dans ces conditions, les intellectuels peuvent-ils continuer de penser de façon critique, mener leurs recherches, se faire entendre ? Sous quelles formes et... à quel prix ? Dans ce livre, Anne Cheng et Chloé Froissart offrent l'hospitalité de la traduction à des textes de penseurs dont certains sont emprisonnés, d'autres victimes de rétorsions. Entre les lignes, la résistance s'y exprime par des voies détournées, que des commentateurs se proposent de décrypter. Ces voix, qui nous rappellent à quel point il n'est pas permis de penser librement en Chine malgré l'image de grande puissance responsable qu'elle prétend renvoyer, perpétuent la tradition des ' remontrances à l'empereur ' et illustrent courageusement l'idée d'une citoyenneté éclairée, animée par ' un esprit indépendant et une pensée libre '. Contributions de Ge Zhaoguang, Guo Yuhua, He Weifang, Ilham Tohti, Jin Zhiyuan, Liu Yu, Rahile Dawut, Tsering Woeser, Wang Lixiong, Xu Jilin, Xu Zhangrun, Zhang Qianfan, Zhou Baosong et Zi Zhongyun.
Aujourd'hui, en Chine, le régime se durcit et exerce un contrôle idéologique étroit sur les universités, rétrécissant chaque jour l'espace du débat et de l'analyse objective. Comment, dans ces conditions, les intellectuels peuvent-ils continuer de penser de façon critique, mener leurs recherches, se faire entendre ? Sous quelles formes et... à quel prix ? Dans ce livre, Anne Cheng et Chloé Froissart offrent l'hospitalité de la traduction à des textes de penseurs dont certains sont emprisonnés, d'autres victimes de rétorsions. Entre les lignes, la résistance s'y exprime par des voies détournées, que des commentateurs se proposent de décrypter. Ces voix, qui nous rappellent à quel point il n'est pas permis de penser librement en Chine malgré l'image de grande puissance responsable qu'elle prétend renvoyer, perpétuent la tradition des ' remontrances à l'empereur ' et illustrent courageusement l'idée d'une citoyenneté éclairée, animée par ' un esprit indépendant et une pensée libre '. Contributions de Ge Zhaoguang, Guo Yuhua, He Weifang, Ilham Tohti, Jin Zhiyuan, Liu Yu, Rahile Dawut, Tsering Woeser, Wang Lixiong, Xu Jilin, Xu Zhangrun, Zhang Qianfan, Zhou Baosong et Zi Zhongyun.
Et si la Chine avait eu, elle aussi, son empire colonial ?
Pensez-vous souvent aux traces numériques que vous laissez quand vous parcourez le web, achetez en ligne, commentez sur les réseaux sociaux ou passez devant une caméra à reconnaissance faciale ? La surveillance numérique est une réalité de la vie quotidienne. En Chine, elle a des racines historiques profondes et une emprise sans équivalent : on ne paie plus en liquide et toute l'activité en ligne et sur les " super-plateformes " comme WeChat est nominative. Tout, ou presque, est traçable.Comment les citoyens chinois vivent-ils au quotidien avec cette surveillance ? Ariane Ollier-Malaterre est allée à leur rencontre - des hommes et des femmes de divers horizons - pour interroger leur imaginaire de la surveillance et de la vie privée, à la lumière du contexte historique et sociopolitique chinois.Ce qu'elle découvre est saisissant. Pour beaucoup de citoyens, la surveillance est indispensable. Ils la justifient par un système cohérent de récits angoissants auxquels répondent des récits rédempteurs : d'un côté les lacunes morales attribuées à la Chine, de l'autre le gouvernement érigé en figure protectrice et la technologie en force civilisatrice et solution à tous les problèmes. Pourtant, ces mêmes personnes expriment frustration, peur et colère à l'égard de la surveillance d'État et élaborent des stratégies mentales sophistiquées pour s'en distancer et s'en protéger.Riche de nombreux extraits d'entretiens, cet ouvrage donne la parole aux citoyens chinois et propose une réflexion sur le travail de terrain en Chine par les chercheurs venant d'autres cultures.
La Chine n'est pas qu'un pays : c'est un monde en soi, qui plonge ses racines dans une histoire trois fois millénaire. En huit chapitres chronologiques, Damien Chaussende retrace cette longue histoire, de la naissance de l'écriture vers 1200 avant Jésus-Christ jusqu'à la chute de l'empire des Qing en 1912. Il présente pour chacune des grandes périodes l'essentiel du cadre événementiel et ce qu'il faut en retenir pour comprendre une culture riche et foisonnante. Il fait en outre la part belle à de multiples anecdotes historiques, aux personnages et aux grandes oeuvres qui forment le bagage culturel de tout un chacun dans la Chine d'aujourd'hui. Véritable petit guide, il sera utile aux amoureux de la Chine, aux étudiants et apprentis sinologues et à tous ceux qui souhaitent découvrir les grands jalons de l'empire du Milieu avant son entrée dans la modernité du XXe siècle.
Deux millénaires de leaders chinois : la verticale du pouvoir.
C'est au même moment, au IIIe siècle, que les deux puissances dominant depuis des siècles les extrémités de l'Eurasie antique, l'Empire romain et l'Empire chinois, se fissurent et commencent à se désagréger, en proie à des forces de destruction qui les dépassent - un changement climatique, des guerres à répétition, des invasions, la famine récurrente. En Chine, des communautés entières doivent migrer, chercher abri et subsistance ailleurs, mais en quel ailleurs ? Ou bien résister, encore et toujours, se battre, oublier les morts, reconstruire envers et contre tout une vie éphémère ? Certains, dans ce chaos, parviennent à ouvrir le chemin d'un futur et deviennent alors des figures d'autorité, de celles dont le souvenir nourrit au fil des générations des sagas héroïques, tel ce chef-d'oeuvre chinois du XIVe siècle, le « Roman des Trois Royaumes ». C'est cette histoire de sang et de fureur de l'affrontement terriblement destructeur des royaumes de Wu, Shu et Wei que raconte ici l'auteure.
Un artiste qui peint les visages qu'il refuse d'oublier. Un fils ayant dénoncé sa mère, la condamnant à être fusillée. Un homme qui conserve les vêtements teintés de sang de son épouse, professeure tuée par ses élèves. Un musée sur la Révolution culturelle bâti dans le sud du pays, très loin de Pékin, dont les portes ferment « exceptionnellement » lorsqu'un visiteur s'approche. Tels sont les récits qu'a recueillis la journaliste Tania Branigan plus de cinquante ans après la Révolution culturelle, cette décennie de frénésie meurtrière lancée par Mao en 1966. Sensible à la magnitude de cette crise, elle explore avec une profondeur remarquable ses conséquences désastreuses sur la société chinoise et l'esprit des survivants : instabilité fondamentale du monde, effondrement du système de valeurs, et surtout continuité du traumatisme à travers les générations. Des cicatrices que le silence officiel tente d'enfouir dans l'oubli - en vain. Magistrale leçon de journalisme, ce livre est indispensable à la compréhension de la Chine d'aujourd'hui. Traduit de l'anglais par Lucie Modde
En 1949, quand les communistes s'emparent du pouvoir après deux décennies de guerre civile, la Chine était l'un des pays les plus pauvres de la planète. Aujourd'hui, la République Populaire de Chine est la deuxième puissance commerciale du monde et la seule à pouvoir contester l'hégémonie américaine. Ce manuel décrit et explique cette ascension fulgurante. Il livre une analyse de la Chine des "années Mao", marquées par la construction des bases de sa puissance retrouvée ainsi que par la catastrophe de la grande famine du Grand Bond en avant et le chaos de la Révolution culturelle. Il expose ensuite le processus complexe et contradictoire de la réforme de Deng Xiaoping, avec ses éclatants succès et leurs revers - montée des inégalités, disparités régionales, corruption et violation des libertés, arrogance vis à vis des États voisins... Enfin, il dépeint la Chine actuelle de Xi Jinping, qui semble amorcer une nouvelle étape dans son développement en s'affirmant à l'avant-garde de l'actuelle révolution du numérique et de l'intelligence artificielle, pour le meilleur mais aussi pour le pire.
Lors du 19e Congrès du Parti communiste chinois, en 2019, Xi Jinping déclare : « Il faut correctement raconter l'histoire de la Chine au monde », et en particulier « ses contributions majeures à la civilisation mondiale ». Depuis une vingtaine d'années, on voit apparaître par touches progressives un récit historique qui justifie le rôle que la République populaire de Chine, désormais une grand puissance, aspire à jouer sur la scène internationale. Dans ce grand récit, le pays est présenté comme l'acteur, depuis l'Antiquité, d'une mondialisation alternative à celle qui fut portée par l'Europe puis les États-Unis : pacifique plutôt que belliqueuse, bénéfique à tous plutôt que prédatrice, respectueuse des différences plutôt que missionnaire. À travers une dizaine de thèmes, de l'universalisme confucéen au « siècle d'humiliation » imposé par les traités inégaux avec l'Occident, du pacifisme chinois aux « routes de la soie », Victor Louzon analyse ce grand récit et en interroge les fondements,historiques. Entre mythes et réalités, il éclaire la manière dont la Chine raconte aujourd'hui l'histoire de sa place dans le monde. Un livre indispensable pour comprendre le défi que la Chine pose à l'ordre mondial.
« Le but du Parti communiste chinois n'a jamais été de rejoindre la sphère démocratique, mais bien de lui résister, puis de la vaincre. » Depuis la mort de Mao, en 1976, la Chine a connu une ascension économique fulgurante. Contrairement à ce que les observateurs occidentaux ont pu croire, ce « miracle » ne s'est pas accompagné d'une démocratisation politique. De manière implacable, le Parti n'a cessé de s'enrichir et d'enraciner sa dictature, assurant le contrôle de ses populations et mettant au point l'un des systèmes de surveillance de masse les plus sophistiqués au monde. En se fondant sur des centaines de documents d'archives inédits procès-verbaux secrets des réunions du Parti, archives locales ou rapports bancaires confidentiels , Frank Diktter analyse les politiques d'importations de technologies, la répression brutale des élans de liberté marqués par les événements de la place Tian'anmen en 1989, le profit que la Chine tire de la crise financière mondiale de 2008 ou encore ses stratégies bellicistes sur la scène internationale. Nous emmenant au coeur des villages les plus reculés comme dans les spectaculaires métropoles industrielles et commerciales, Frank Diktter raconte une histoire faite d'intrigues politiques et de purges anti-corruption pour dévoiler les ambitions économiques, diplomatiques et militaires du géant asiatique.
Cette saga familiale nous raconte les transformations de la Chine du début du XXe siècle à nos jours.Yan Lan a grandi dans la proximité des hommes les plus puissants de la Chine, de Zhou Enlai à Deng Xiaoping... Son grand-père, Yan Baohang, d'abord compagnon de route du nationaliste Chiang Kai-shek, épouse la cause communiste et sera agent secret pendant la Seconde Guerre mondiale. Son père, Yan Mingfu, diplomate, interprète personnel de Mao pour le russe, est le seul témoin vivant des discussions entre Mao et les dirigeants soviétiques. Mais la Révolution culturelle fait basculer la vie des Yan. Lan a neuf ans quand, un soir, les Gardes rouges font irruption dans l'appartement familial. Son grand-père est jeté en prison et meurt sept mois plus tard. Son père croupira dans une cellule pendant sept ans et demi. Sa mère, Wu Keliang, diplomate, accusée d'être issue d'une famille de contre-révolutionnaires, est reléguée dans un camp de rééducation par le travail où elle passera cinq ans avec sa fille. En retraçant la vie des siens, Yan Lan fait revivre un siècle d'histoire chinoise, du dernier empereur à aujourd'hui, en passant par la Révolution culturelle où vient se fracasser son enfance. Comme rarement, le lecteur pénètre les arcanes d'un système devenu fou qui décimera une grande partie de l'élite intellectuelle, économique et politique du pays. Pourtant la Chine s'est relevée, et l'histoire des Yan après la mort de Mao est celle du réveil chinois. La petite fille broyée par la Révolution culturelle est devenue l'une des femmes d'affaires les plus actives de son pays. La saga des Yan se poursuit, en écho avec les évolutions de la Chine contemporaine.
Pays le plus peuplé du monde, la Chine est aux avant-postes de ce qui nous attend. A ce titre, elle est plus que jamais " le second pôle de l'expérience humaine " (André Malraux).Complexe, incongrue, millénaire, " baroque " à bien des égards, la Chine déroute autant qu'elle fascine. Depuis des millénaires, son peuple a réussi à s'organiser pour éviter le chaos qui guette les sociétés surpeuplées. Aujourd'hui, la Chine est double : chinoise et capitaliste, douce et rude, généreuse et vorace, yin et yang, comme il se doit... C'est ce continent en cours de transformation, écartelé entre le poids de son immense passé et les promesses d'un futur guidé par sa puissance économique et l'émergence de sa classe moyenne, que José Frèches entend faire aimer à son lecteur en lui racontant " sa " Chine. Nourri de références historiques, mais également d'anecdotes vécues, son ouvrage se veut avant tout drôle et sincère, guidé par une curiosité mêlée de sympathie avec laquelle il a toujours abordé la Chine.
Politiquement affaibli après l’échec du Grand bond en avant et la grande famine qui l’a suivi (1958-1962), Mao Zedong lance en 1966 la « Grande Révolution culturelle prolétarienne ». Pendant qu’il élimine un à un tous ses compagnons d’armes et successeurs potentiels, il pousse la jeunesse à l’assaut de la bureaucratie civile et militaire : les « gardes rouges », appelés à « renverser ciel et terre », sèment le chaos dans le pays de 1966 à 1968. Mais les choses échappent au contrôle de Mao et, pour garder l’Armée de son côté, il doit bientôt lâcher les jeunes rebelles. Du sommet de l’État aux couches populaires, le pays est alors au bord de la guerre civile. La Révolution culturelle ne prendra fin qu’avec le décès de Mao Zedong, en 1976, après avoir fait des millions de victimes. Nombre de dirigeants actuels ont été marqués, souvent durement, par cette tragédie. C’est aussi le cas de Yang Jisheng, étudiant à Pékin de 1966 jusqu’à la fin 1967, qui a participé aux débuts de cette période sanglante. Son livre est à la fois une narration inédite, minutieuse et précise des événements – y compris ceux que le récit officiel occulte – et une analyse menée avec une perception intime, une connaissance historique et une distance assez exceptionnelles. Il resitue ces événements dans leur contexte jusqu’à la victoire finale des réalistes sur les idéologues, sans laquelle ni l’ouverture de la Chine à partir de 1978, ni son décollage économique spectaculaire, n’auraient pu avoir lieu. Ce livre, publié à Hong Kong en 2016, reste interdit en Chine. Yang Jisheng, né en 1940, diplômé de l’université de Qinghua en 1966, a fait toute sa carrière de journaliste à l’agence Chine Nouvelle avant de devenir rédacteur en chef adjoint du mensuel Annales chinoises, consacré à l’histoire récente. Cette publication a été suspendue mais existe toujours en ligne. Il est l’auteur de nombreux livres sur l’histoire chinoise contemporaine dont l’impressionnant Stèles, La Grande Famine en Chine, 1958-1961 publié au Seuil en 2012. Traduit du chinois par Louis Vincenolles
Que savons-nous de la vie réelle des chinois, de ce 1,3 milliard d'habitants grands oubliés de l'histoire contemporaine ? Considérés comme de simples administrés, les Chinois restent sous la coupe d'un État fort, omniprésent. Surveillés par un régime appuyé sur un parti unique, habile mais sclérosé, ils n'en finissent pourtant pas de se dresser face à celui-ci, et n'ont de voix au chapitre que s'ils se révoltent. Les jeunes Chinois, aujourd'hui 200 millions, forment une génération complexe, prise en étau entre pressions sociales et financières et la volonté de bouleverser l'ordre établi. C'est précisément à cette jeunesse que ce livre donne la parole. La génération de demain qui tient le destin de son pays entre ses mains. Une jeunesse fantasque et prude, attachante et irritante, traditionnelle et obsédée par la nouveauté... Bref, profondément contradictoire et fascinante.
La cité aux mille secrets.Derrière ses murs pourpres, la Cité interdite de Pékin renferme bien des secrets. Et pour cause, inaccessible au public - d'où son nom -, cet inestimable palais médiéval, de dix fois la taille de Versailles, fut la résidence des vingt-cinq empereurs des dernières dynasties chinoises, Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912). Leur famille et leur cour ne sortant qu'en de très rares occasions de cette " ville dans la ville ", toutes les décisions politiques et administratives étaient prises en son sein, alimentant l'aura d'un lieu mystérieux à l'écart du monde terrestre. S'appuyant sur une historiographie récente, notamment hongkongaise, Bernard Brizay, spécialiste de l'histoire de la Chine, nous plonge au coeur de la cité-étoile, représentation symbolique du pouvoir absolu de ces illustres occupants. Plus qu'un récit des souverains et de leur exercice du pouvoir, c'est toute la vie quotidienne de cour, ses intrigues tortueuses, ses multiples complots, ses rituels, ses tacites hiérarchies internes, son cérémonial ambivalent, qui est mis en lumière. Un intérêt particulier est pour la première fois accordé aux eunuques, pièces maîtresses de la bureaucratie impériale qui assurent à la fois le rôle de conseillers, d'hommes de confiance auprès des souveraines et concubines, et de maîtres espions. Dans ce récit enlevé et sulfureux, l'auteur fait revivre depuis sa construction la glorieuse et tragique histoire de ce monument emblématique du pouvoir impérial chinois.