Jean-Claude Ameisen
Jean-Claude Ameisen
Tous les samedis à 11 h, 1,5 million auditeurs fidèles et passionnés écoutent sur France Inter l'émission Sur les épaules de Darwin, de Jean-Claude Ameisen. Lancée il y a deux ans, cette émission est devenue une émission culte. Durant une heure Ameisen parle de sa voix chaude de l'univers, de la nature, de l'évolution, d'éthique, des grandes révolutions scientifiques qui nous exhortent à entendre et penser différemment le monde. Un exercice si éblouissant que le public réclame sur le site de la radio un ouvrage qui retranscrit ces émissions. Voici donc le premier volume qui reprend la série Les battements du temps commencée en septembre 2011.
Un univers sans projet - L'une des plus grandes révolutions scientifiques des 150 dernières années a probablement été l'idée que l'ensemble de l'Univers - y compris l'univers vivant qui nous entoure et nous inclut - a émergé et évolué en dehors de tout projet, de toute intentionnalité et de toute finalité à partir d'interactions aléatoires entre les composants élémentaires de la matière. Depuis son origine, ce que nous nommons la vie se déploie sur notre planète en l'absence de tout plan préexistant, faisant émerger, selon les mots de Charles Darwin, " à partir d'un début si simple ", le foisonnement " sans fin des formes les plus belles et les plus merveilleuses ". Le vivant est émergence, transformation, métamorphose, devenir. Si le vivant est nature, et la nature, natura, littéralement " ce qui est en train de naître ", cela fait environ quatre milliards d'années que le vivant est en train de naître. Le vivant est émergence, transformation, métamorphose, devenir. Et jusqu'à aujourd'hui, la vie n'a jamais disparu, ne s'est jamais interrompue. Faite de variation et de diversité, de déconstruction et de reconstruction permanentes, la vie, en tant que telle, n'est jamais morte. Mais nous savons aussi que la trame de continuité de la vie est tissée d'incessantes discontinuités : d'une succession d'innombrables fins de mondes dont nous sommes aujourd'hui, avec tous les êtres vivants qui nous entourent, les seuls témoins et les seuls rescapés.Le récit des origines. Quelle est la nature des relations qu'entretient la vie avec la mort et le temps ? La biologie, entrant en résonance avec nos interrogations les plus intimes et les plus anciennes, nous permet de partir à la découverte du tumultueux récit de nos origines, non pour nous y enfermer, mais pour nous permettre d'essayer librement de mieux inventer notre avenir." Nous vivons dans l'oubli de nos métamorphoses ". Paul Eluard