Jean Claude Bologne
Jean Claude Bologne
Appeler un chat un chat, montrer patte blanche, souffler le chaud et le froid, la part du lion, autant d'expressions d'un usage courant aujourd'hui et dont on ne connaît plus vraiment l'origine. Contrairement à la citation, l'allusion est si bien intégrée dans le langage qu'elle a perdu guillemets et références, et qu'elle est souvent, tout naturellement, adaptée ou détournée par ceux qui y ont recours. Jean Claude Bologne a réuni plus de 700 allusions, avec leur source littéraire et les extraits des oeuvres dont elles sont issues, ainsi que leur sens premier. Pour plus de 450 d'entre elles, il étudie de manière approfondie les avatars qu'elles ont subis d'auteur en auteur, dans les médias ou dans la vie quotidienne. Un ouvrage qui est aussi une source de jeux, tout dictionnaire étant pavé de bonnes inventions...
« Nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens » écrivait saint Paul aux Corinthiens. Il se réclamait pourtant d'un Christ qui avait dit : « Malheur à l'homme par qui le scandale arrive ». Deux mille ans plus tard, l'ambiguïté du mot « scandale » se manifeste avec fracas dans nos sociétés surmédiatisées. De l'art contemporain aux caricatures journalistiques, des questions de moeurs aux grands procès criminels, d'affaires d'Etat en affaires sanitaires, les scandales ponctuent notre actualité et heurtent les consciences dans un monde qui se croyait sécularisé mais demeure tributaire de valeurs intouchables. C'est à ce paradoxe et à ses multiples significations que se consacre avec érudition, humour et finesse Jean-Claude Bologne, dont les nombreux ouvrages ont exploré l'histoire de la pudeur, celles du célibat, de la conquête amoureuse, de la coquetterie masculine. Les contradictions de notre temps, où s'indigner est devenu une vertu mais où surgissent de nouveaux carcans moralistes, sont mises au jour dans cet essai à la fois rigoureux et... délicieusement scandaleux.
Quand le couple s'affranchit du mariage !On étudie traditionnellement le couple à travers le prisme du mariage. Or celui-ci n'est qu'une forme de couple parmi d'autres, rejetant à la marge ce qui lui échappe : concubinage, amour libre, Pacs, relation extraconjugale, mais aussi fratrie, compagnonnage médiéval ou amitié exclusive. Notre imaginaire associe pourtant Castor à Pollux plus qu'à sa femme Hilaïre, Montaigne à La Boétie et Rodin à Camille Claudel. D'abord multiples, les unions se sont progressivement cristallisées autour de la notion d'amour héritée d'une conception chrétienne et exclusive du couple. Cette alliance indissoluble, révolution qui ne s'est pas imposée sans heurts, a inscrit le couple idéal dans la durée. Mais en définitive, qu'est-ce que le couple ? Comment se forme-t-il et sur quoi repose-t-il ? Les enjeux de nos sociétés modernes (libération de la femme, reconnaissance de l'homosexualité...), l'évolution des mentalités (libertinage, individualisme...) et les récentes réformes législatives (Pacs, mariage pour tous...) ont-ils modifié sa conception ? Entreprenant de lui rendre son ampleur, Jean Claude Bologne retrace pour la première fois son histoire de l'Antiquité à nos jours. Concise et clairvoyante, cette grande synthèse élargit le champ de réflexion d'un sujet de tout temps fondamental. Car si l'institution matrimoniale est en crise, le couple comme nouvelle forme de sociabilité n'a jamais été aussi florissant.
Peut-on vivre une expérience fulgurante de l'absolu sans l'associer nécessairement au vocabulaire et à l'imaginaire religieux ? Pour avoir vécu un tel événement, Jean Claude Bologne, poète, romancier et essayiste, ose répondre par l'affirmative à cette question a priori incongrue : « Le mot Dieu ne m'a jamais traversé, écrit-il. Parlons de joie. » Depuis une quarantaine d'années, intrigué par cette étrange possibilité d'une illumination qui ne soit pas « divine », il n'a eu de cesse d'explorer dans l'histoire et la littérature les signes d'expériences semblables. Et contrairement à l'idée convenue d'un lien consubstantiel entre mysticisme et religion, il s'est découvert partie prenante d'une vaste famille d'athées, d'agnostiques et même de croyants ayant connu de tels épisodes sans pour autant leur accoler le nom de Dieu : Apollinaire, Bataille, Borges, Ionesco et Nietzsche côtoient ici Mallarmé, Proust et tant d'autres, dans une fresque brillante qui donne à penser à tous - croyants ou incroyants. Il nous fait ainsi partager une tout autre vision de la mystique, ouverte et adogmatique.