Yvon Bourdet
Yvon Bourdet
Les dirigeants politiques de gauche et d'extrême-gauche s'autoproclament l'avant-garde éclairée non seulement du prolétariat mais aussi de la masse des militants. L'auteur se demande si l'enthousiasme des militants de base n'est pas, trop souvent, utilisé par ceux qui, sous la haine avouée des exploiteurs, dissimulent (peut-être même à leurs yeux) une volonté de puissance. Or, cela, jusqu'ici, on « ne veut pas le savoir » ; on a « autre chose à faire »... Yvon Bourdet décrit d'abord et situe cette résistance à l'analyse. Il donne ensuite ses sources et ses preuves pour aboutir à un tableau raisonné des figures du militantisme et, finalement, à une définition de l'essence de la militance. Ce livre est une participation à la lutte pour une société sans exploitation de classe ; il est en effet primordial de distinguer les militants généreux de ceux qui ne cherchent qu'à prendre la place de la minorité exploiteuse. En cela cette étude - parce qu'elle démythifie en braquant un puissant projecteur sur une zone jusqu'ici laissée dans l'ombre - n'est pas démobilisante car seule la vérité est révolutionnaire.
Lukács est classé parmi les penseurs marxistes. Lui-même a décrit son « chemin vers Marx ». Mais quel genre de marxiste était-il ? Certains le trouvent trop hégélien, d'autres déplorent son « orthodoxie sectaire »... Les essais qui constituent ce livre sont réunis par le même souci : tenter, par des voies différentes, de déterminer quel révolutionnaire il était, notamment à travers l'étude détaillée de l'évolution de sa pensée durant son séjour de dix ans, en Autriche, à l'époque de l'austro-marxisme appliqué de « Vienne-la-Rouge » et par une recherche sur la signification lukacsienne du personnage de Naphta dans « La Montagne magique » de Thomas Mann. À la fin du livre est retranscrite la dernière interview au cours de laquelle Lukács critique, en particulier, d'un point de vue marxiste, les dysfonctions bureaucratiques des régimes socialistes. À travers les figures contrastées et problématiques de Lukács, parfois dissimulé sous le masque stalinien, apparaît le personnage compliqué du grand philosophe hongrois et, en pointillé, celui qu'il aurait pu être.
La révolution fermente partout mais ne se développe nulle part et si des brasiers s'allument, on n'en voit guère la lumière. Dans certains pays, une nouvelle classe dirigeante n'a fait que remplacer l'ancienne, ailleurs la contestation ne dépasse guère le cercle des couches marginales ou des groupes d'étudiants antagonistes. Les uns estiment que le marxisme qui inspire ces luttes est une idéologie vieillie, voire dépassée puisque la classe ouvrière qui devait être l'agent historique de la révolution paraît intégrée au système capitaliste. Pour d'autres, le marxisme a été trahi par les dirigeants des divers pays qui prétendent l'avoir réalisé de façons si opposées qu'ils peuvent passer, un jour, entre eux, des armes de la critique à la critique des armes. Il apparaît ainsi qu'il n'y a plus de théorie révolutionnaire. Dès lors, pourquoi s'hypnotiser sur la fidélité talmudiste aux textes ou proposer à l'avenir le recommencement rituel des révolutions du passé ? Comment rendre crédible que la société peut être organisée autrement, sans rien perdre des acquis positifs de son histoire, en mettant en oeuvre tous les moyens de la science, de la technique et sans que cette nouvelle organisation puisse justifier - même d'une façon « provisoire » - la domination d'aucun groupe sur la communauté ? Ce livre a pour but : - d'élucider le concept d'une telle société ; - de critiquer les idéologies opposées ; - de présenter une programmation anticipatrice. Les forces créatrices de l'humanité, symbolisées ici par Prométhée, sont encore clouées aux rochers des multiples institutions mises en place par de prétendus dieux sauveurs. La révolution décisive sera celle où les hommes sauront se libérer de leurs libérateurs.