Xavière Gauthier
Xavière Gauthier
Louise Michel (1830-1905) a élevé, sans le vouloir, sa vie au niveau d'une légende. Cette insoumise ne fut l'obligée que des exigences de sa morale et de ses passions. Elle fut de ces trop rares qui essayèrent de soulever leur siècle afin qu'il change de cours. Jamais dupe d'elle-même, elle crut jusqu'à son dernier jour au devenir de l'utopie, c'est-à-dire de l'impossible bonheur. Dans une biographie romancée, écrite au coeur à coeur avec son héroïne, Xavière Gauthier fait mieux que de relater l'enfance de la bâtarde, les illusions de l'institutrice, l'insolent courage de la Communarde et de la déportée en Nouvelle-Calédonie. Elle donne à entendre la voix même de la libertaire dont la personnalité séduisit des hommes aussi différents que Rochefort, Hugo, Ferré et Clemenceau.
Les boeufs des hommes blancs détruisent nos cultures. Personne ne veut entendre nos protestations ! Supporterons-nous longtemps d'être dépossédés de nos terres ? La rage est dans mon coeur. Quand mon oncle Ataï lance la révolte, moi, Kowi, jeune guerrier Kanak, je décide de le suivre.
À partir de faits divers glanés dans la presse, Xavière Gauthier donne vie à des destins troublants, où l’amour se mêle à la violence et à l’obsession.
Dans une maison, derrière une fenêtre, deux femmes parlent. Nous entendons. Elles parlent lentement, entre de longs silences, cherchent leurs mots, les trouvent ou ne les trouvent pas, se taisent encore, essayent d'autres mots, se contredisent, se coupent, oublient le magnétophone, essayent de se souvenir, essayent de parler, avancent, se perdent, se retrouvent, se perdent encore, mais avancent toujours, sans modèle, sans plan, sans prudence et, pour la première fois peut-être, sans la peur du CENSEUR. D'où vient que ces propos soient publiés dans leur état premier ? qu'on les livre sans correction aucune ? qu'on ose proposer à la lecture cette incohérence, ce désordre, cette confusion, cette opacité, ces redites, ce piétinement de la parole ? D'où vient que ce qui n'est pas du tout écrit, remanié, mis en forme, élucidé, fascine à ce point ? Quel est le mystère de cet écrit de la parole ? Est-ce parce qu'il est, enfin, celui de la femme ? celui à venir ? M. D. Ce livre d'entretiens est paru en 1974.
Agathe, née et élevée dans un village maritime, rêve d'évasion. Enfermée dans une vie dictée par les cycles de la mer, la rudesse de la pêche, la monotonie des tâches familiales, oppressée par l'océan, elle oppose un refus farouche à son « destin » féminin. Elle s'enfuit. Mais la jeune femme parviendra-t-elle à saisir sa liberté et à assouvir ses désirs rageurs ? Les utopies de l'adolescence résisteront-elles à l'âpreté d'une vie sur les routes ? En se frottant aux vaches ou contre la peau de son amant ou sur les lèvres de la poétesse, sa sensualité exigeante pourrait se diluer dans la mer... « La mer est une violence qui va et qui vient, qui se fracasse contre la roche et qui m'impose sa véhémence. La mer me besogne et me sale. Et les mouettes me traversent la cervelle de part en part. Les goélands déchiquettent le vent et me braillent aux oreilles. Je prends leur cri et je le lance, à travers ma gorge, à travers mes poumons, je le lance à la face du monde, puissante, survoltée de leurs voix de bêtes. » X. G.
Agathe, née et élevée dans un village maritime, rêve d'évasion. Enfermée dans une vie dictée par les cycles de la mer, la rudesse de la pêche, la monotonie des tâches familiales, oppressée par l'océan, elle oppose un refus farouche à son « destin » féminin. Elle s'enfuit. Mais la jeune femme parviendra-t-elle à saisir sa liberté et à assouvir ses désirs rageurs ? Les utopies de l'adolescence résisteront-elles à l'âpreté d'une vie sur les routes ? En se frottant aux vaches ou contre la peau de son amant ou sur les lèvres de la poétesse, sa sensualité exigeante pourrait se diluer dans la mer... « La mer est une violence qui va et qui vient, qui se fracasse contre la roche et qui m'impose sa véhémence. La mer me besogne et me sale. Et les mouettes me traversent la cervelle de part en part. Les goélands déchiquettent le vent et me braillent aux oreilles. Je prends leur cri et je le lance, à travers ma gorge, à travers mes poumons, je le lance à la face du monde, puissante, survoltée de leurs voix de bêtes. » X. G.
Cette oeuvre poétique publiée initialement en 1974 fut l'un des premiers textes portés par la toute jeune maison d'édition des femmes-Antoinette Fouque. Profondément novatrice, polymorphe et anticonformiste, elle trouve une résonance particulière auprès des jeunes générations féminines et féministes, avides d'apprendre de leurs aînées. Cette nouvelle édition est enrichie de deux textes inédits retraçant la genèse et les conditions d'écriture de cette fiction ainsi que sa réception dans les années 1970. De la mythique Istanbul à d'autres rivages, l'errance de plusieurs personnages compose la trame narrative de ce texte qui peut se lire comme un roman traversé de lambeaux oniriques, d'images. C'est la saison en enfer d'une femme. Pour « avoir un sexe », être la reine des hommes qui n'aiment que les hommes, il faut mettre leurs masques de fard, leurs voiles, et tuer, avec eux, la mère. L'écriture est alors perçue comme une tentative de vivre une rébellion de femme, exigeante et transgressive. « Ce texte poétique travaillé dans la violence et la douleur de l'érotisme et de la mort, apparenté en ses paroxysmes à l'univers de Bataille, zébré d'éclairs rimbaldiens et surréalistes, ce texte donc, de femme, mais blessé, mais stigmatisé par la nomination masculine, est comme irrigué par l'impertinence rutilante, manuscrite, déréglée, des sinuosités sur le vécu des règles, métaphore d'une traversée de "la mère rouge", voie "d'une seconde naissance ». Françoise Clédat Extrait « Je me soulève/les mots sont là, très existants/Je fais venir le temps/où tombant de douleur/les branches des grands arbres/une à une se détachent/(J'ai tard veillé dans la nuit longue/pour que sinueux les crocodiles/descendent aux mers englouties)/baisent mes mains, sucent ma peau/je picorais des vulves chaudes/sur ces rochers bouillants de cris/la peau de mes pieds durcissait/noircissait :/j'étais un bandit aux yeux clairs/(et Jésus-Christ se faisait femme) » X.G. Recueil de poèmes, "Rose saignée" est la nouvelle édition, enrichie de textes évoquant les conditions de l'écriture, la publication et la réception du livre paru aux éditions des femmes en 1974, dont l'audace surprend encore.
Cette oeuvre poétique publiée initialement en 1974 fut l'un des premiers textes portés par la toute jeune maison d'édition des femmes-Antoinette Fouque. Profondément novatrice, polymorphe et anticonformiste, elle trouve une résonance particulière auprès des jeunes générations féminines et féministes, avides d'apprendre de leurs aînées. Cette nouvelle édition est enrichie de deux textes inédits retraçant la genèse et les conditions d'écriture de cette fiction ainsi que sa réception dans les années 1970. De la mythique Istanbul à d'autres rivages, l'errance de plusieurs personnages compose la trame narrative de ce texte qui peut se lire comme un roman traversé de lambeaux oniriques, d'images. C'est la saison en enfer d'une femme. Pour « avoir un sexe », être la reine des hommes qui n'aiment que les hommes, il faut mettre leurs masques de fard, leurs voiles, et tuer, avec eux, la mère. L'écriture est alors perçue comme une tentative de vivre une rébellion de femme, exigeante et transgressive. « Ce texte poétique travaillé dans la violence et la douleur de l'érotisme et de la mort, apparenté en ses paroxysmes à l'univers de Bataille, zébré d'éclairs rimbaldiens et surréalistes, ce texte donc, de femme, mais blessé, mais stigmatisé par la nomination masculine, est comme irrigué par l'impertinence rutilante, manuscrite, déréglée, des sinuosités sur le vécu des règles, métaphore d'une traversée de "la mère rouge", voie "d'une seconde naissance ». Françoise Clédat Extrait « Je me soulève/les mots sont là, très existants/Je fais venir le temps/où tombant de douleur/les branches des grands arbres/une à une se détachent/(J'ai tard veillé dans la nuit longue/pour que sinueux les crocodiles/descendent aux mers englouties)/baisent mes mains, sucent ma peau/je picorais des vulves chaudes/sur ces rochers bouillants de cris/la peau de mes pieds durcissait/noircissait :/j'étais un bandit aux yeux clairs/(et Jésus-Christ se faisait femme) » X.G. Recueil de poèmes, "Rose saignée" est la nouvelle édition, enrichie de textes évoquant les conditions de l'écriture, la publication et la réception du livre paru aux éditions des femmes en 1974, dont l'audace surprend encore.
"Les tableaux s'expliquent d'eux-mêmes. Ils proposent un monde où l'on n'a qu'à se plonger". Ainsi parle Leonor Fini, qui ajoute : "Il est difficile de comprendre une oeuvre. Il faut la laisser agir, fasciner ou répugner. Le spectateur doit se laisser aller à contempler, à subir si on veut et, s'il est attiré, appelé par un tableau, c'est que là, il y a un élément qui existe en lui (une sensation, une présence, un souvenir), peut-être intraduisible en mots. Aussi bien n'est-ce pas d'explication qu'il s'agit ici, écrit Xavière Gauthier, mais simplement de poser quelques points de repère, quelques jalons, qui seront, je l'espère, autant de points d'égarement. Si je déroule un fil d'Ariane à travers les labyrinthes finiens, obscurs et mystérieux, ce n'est pas pour guider le lecteur-spectateur vers la sortie, le grand jour, mais bien pour le livrer tout vif au Minotaure qui est à l'oeuvre, paisible et menaçant, au centre de toutes les toiles de Leonor Fini.
Sulla falsa riga della sua celeberrima commedia "Le miserie `d Monsù Travet", in "La carità del prossimo" Vittorio Bersezio dipinge un quadro impietoso di quella piccola borghesia piemontese - fatta di bottegai da quattro soldi e di miseri impiegati - che popola la sua Torino negli anni immediatamente successivi all'Unità d'Italia. Protagonista del romanzo è Antonio Vanardi, pittore sempre al verde che, perseguitato dai creditori, si ritrova costretto a vivere insieme alla famiglia in una soffitta. Opera schietta, a tratti addirittura crudele, ma che dona a chi la legge una panoramica a trecentosessanta gradi delle miserie (ma anche delle velleità) di un intero sottobosco sociale, che animava tutte le grandi metropoli europee in un periodo critico come quello della rivoluzione industriale. Vittorio Bersezio (1828-1900) nasce a Peveragno, nel cuneese, da una famiglia benestante e di tendenze liberali. Sebbene laureato in giurisprudenza, coltiva fin da giovane una forte passione per la scrittura, tanto da esordire come autore di teatro già nel 1842, con "Le male lingue". Attivo sia in ambito drammaturgico che narrativo, nel 1854 assume la direzione del Fischietto, importante periodico satirico. L'attività giornalistica rappresenta d'ora in poi il suo impegno principale, espresso con la fondazione di un proprio quotidiano - La Gazzetta Piemontese - e portato avanti in parallelo con la politica (nel 1865 è infatti eletto deputato). Profondamente influenzato dalla letteratura francese di Dumas, Balzac e Hugo, ma anche dal romanzo sociale di Zola, Bersezio è noto soprattutto per la commedia "Le miserie 'd Monsù Travet" (1863).