Vita Sackville-West
Vita Sackville-West
Interdite de littérature par son amante Virginia Woolf, Vita Sackville-West (1892-1962) prend en un éclair conscience des trésors qu'elle possède : un mari et un jardin. Son mari, le diplomate Harold Nicolson, conçoit l'architecture et dessine les plans de ce qui deviendra le somptueux jardin de Sissinghurst dans le Kent, que Vita, aristocrate anglaise exubérante, transgressant sans vergogne les règles de l'art des jardins, transforme à quatre mains : elle fait surgir de terre une mosaïque de couleurs, une jungle asymétrique, une orgie dans l'aurore ou le soleil couchant, mais aussi... un extraordinaire jardin blanc. Attention, prévient-elle « j'aime la couleur, qui me met en joie, mais j'ai une prédilection pour le blanc. Les ombres d'un vert glacé que la blancheur peut prendre sous certains éclairages, au crépuscule ou au clair de lune, surtout au clair de lune, peut-être, font du jardin un rêve, une vision irréelle, et l'on sait cependant qu'il ne l'est pas le moins du monde puisque il a été planté exprès. » Ce journal, qui n'est pas sans évoquer, mais en plus féminin et en plus anglais, L'année du jardinier de Karel Capek, est un superbe traité d'horticulture. Les conseils pratiques, organisés par saisons, raviront tous les amoureux de jardins... et de littérature. Les jardins de Sissinghurst sont aujourd'hui les plus visités d'Angleterre.
Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Vita Sackville-West. Knole, Téhéran, Virginia Woolf, le groupe de Bloomsbury, Sissinghurst, telles sont les étapes de l'acheminement intellectuel, spirituel, émotif aussi, d'une grande dame de la littérature anglaise, Victoria Sackcville-West, qui n'a jamais écrit que ce qu'elle souhaitait écrire. Ses romans sont le résultat d'une perception aiguë d'une certaine atmosphère sociale et d'un certain climat de la personne humaine, cherchant sa vérité dans les limites - noblesse oblige - qui lui sont imposées. "Escales sans nom" est moins un roman qu'une sorte de testament de la sensibilité. Victoria Sackville-West est là, tout entière avec sa soif intacte de nouveauté. Simplement, elle sait que bientôt tout peut finir. Le bateau sur lequel se trouvent ici assemblés quelques inconnus est un champ clos où chacun a sa valeur propre et où règne un type très particulier de liberté. Le héros peut y vivre les ultimes bribes de son existence en complet désaccord avec ce qu'il a été jusque-là. Les escales, qui n'ont pas de nom - nous sommes en marge de toute dimension spatiale -, ne sont que des jalons d'état d'âme, de sérénité, d'inquiétude, d'illusion. L'amour éprouvé par l'homme qui va mourir est une harmonie complexe du coeur, de l'intelligence et de la religion mondaine. En apprenant l'amour, il se prépare à la mort.
A year after Vita Sackville-West first travelled to Iran - a journey described in the classic Passenger to Teheran - she returned to the land that had so captured her imagination. For twelve days, with her husband and three friends, she embarked on a difficult and often dangerous journey through the rugged and wildly-beautiful Bakhtiari Mountains of south-western Iran. It was a landscape that affected Sackville-West profoundly, inspiring what is arguably some of her most lyrical prose; in the same year she wrote her acclaimed poem, The Land. Interwoven with her magical descriptions of the landscape, she also wrote of her encounters with the Bakhtiari tribe as they embarked on their epic annual migration. The way of life of the Bakhtiari, a people claiming descent from Fereydun, hero of the Shahnameh, has now all but disappeared, the result of persecution by Reza Shah and the encroachments and temptations of modernity. Sackville-West's descriptions of their everyday life are thus a valuable and illuminating portrayal a vanished world. A book that reveals as much about its author as the country through which she travelled, Twelve Days in Persia is a classic of travel writing on Iran and a must-have for all Bloomsbury devotees and travel enthusiasts.
« Adossée à la mort, elle pouvait enfin contempler sa vie. Et pendant ce temps l'air vibrait du bruissement des abeilles. » Lorsque meurt son époux, ancien vice-roi des Indes, Lady Slane, quatre-vingt-huit ans, décide de quitter la demeure familiale pour s'installer dans un quartier excentré de Londres. Là, dans le calme de son nouveau logis, elle regarde son passé, sans fard ni amertume et entame une vie nouvelle autour d'amitiés légèrement excentriques. Si toute passion est abolie, le feu n'est pas mort, il est contenu par l'âge comme dans l'âtre d'une cheminée. Vita Sackville-West nous livre ici un roman délicatement féministe, au charme fou.
« Adossée à la mort, elle pouvait enfin contempler sa vie. Et pendant ce temps l'air vibrait du bruissement des abeilles. » Lorsque meurt son époux, ancien vice-roi des Indes, Lady Slane, quatre-vingt-huit ans, décide de quitter la demeure familiale pour s'installer dans un quartier excentré de Londres. Là, dans le calme de son nouveau logis, elle regarde son passé, sans fard ni amertume et entame une vie nouvelle autour d'amitiés légèrement excentriques. Si toute passion est abolie, le feu n'est pas mort, il est contenu par l'âge comme dans l'âtre d'une cheminée. Vita Sackville-West nous livre ici un roman délicatement féministe, au charme fou.
Quelle meilleure perspective que celle d'un week-end de Pâques en famille et entre amis au superbe domaine d'Anstey, en plein coeur de la campagne anglaise ? Sous l'impulsion de sa femme, la dévouée Rose, c'est l'invitation que lance Walter Mortibois à sa belle-soeur et à son mari - alias chouchou et chouchou -, ainsi qu'à leur fils fraîchement rentré au pays. Cette réunion n'aurait pas la même saveur sans la présence de Gilbert, le très érudit frère de Walter, et d'une excentrique lady au charme ravageur. Toutefois rien n'y fait, Walter préfère à la compagnie de ses convives et de son épouse celle de Svend, son berger allemand adoré. Tout ce petit monde va se retrouver au beau milieu d'une comédie aux multiples rebondissements, avant que ne tombent les masques et ne s'expriment enfin les coeurs. Dans la pure tradition anglaise, Plus jamais d'invités ! est un vrai bijou de flegme et de sagacité divinement mêlés.
Quelle meilleure perspective que celle d'un week-end de Pâques en famille et entre amis au superbe domaine d'Anstey, en plein coeur de la campagne anglaise ? Sous l'impulsion de sa femme, la dévouée Rose, c'est l'invitation que lance Walter Mortibois à sa belle-soeur et à son mari - alias chouchou et chouchou -, ainsi qu'à leur fils fraîchement rentré au pays. Cette réunion n'aurait pas la même saveur sans la présence de Gilbert, le très érudit frère de Walter, et d'une excentrique lady au charme ravageur. Toutefois rien n'y fait, Walter préfère à la compagnie de ses convives et de son épouse celle de Svend, son berger allemand adoré. Tout ce petit monde va se retrouver au beau milieu d'une comédie aux multiples rebondissements, avant que ne tombent les masques et ne s'expriment enfin les coeurs. Dans la pure tradition anglaise, Plus jamais d'invités ! est un vrai bijou de flegme et de sagacité divinement mêlés.
Quand Virginia Woolf, aussi fascinante et au venin aussi meurtrier que cette horreur, la vipère du Gabon (Bitis gabonica) la mord au coeur en lui disant qu'elle « écrit de l'extérieur », sous-entendu qu'il vaudrait mieux qu'elle fasse autre chose, Vita Sackville-West aurait pu répondre qu'elle, Virginia, ne connaissait rien au jardinage, occupation aussi meurtrière si on la conçoit comme un des Beaux-Arts. Elle ne le fit pas, sans doute parce qu'elle était trop blessée, trop généreuse et - même si c'est démodé - trop bien élevée pour faire ce genre de répartie. Il suffit de lire ce petit livre, musical comme un jardin anglais, pour retrouver à la fois l'artiste et la jardinière, c'est-à-dire aussi bien des images de rêve que des conseils pratiques à toutes celles (tous ceux) qui ont, ou qui désirent avoir la main verte. Rimbaud le savait : « La main d'un maître anime le clavecin des prés » - P.R.
« Margaret prétend qu'elle veut épouser un peintre, dit Sylvia, en regardant sa fille avec compassion. - Quoi ! s'écria la duchesse, un peintre ? Quel peintre ? A-t-on jamais entendu chose pareille ? La fille de lady Roehampton épouser un peintre ? Mais non, mais non... Vous épouserez Tony Wexford, et nous verrons après ce qu'on pourra faire pour le peintre », ajouta-t-elle, en lançant à Sylvia un coup d'oeil rapide. Dans cette chronique grinçante de l'aristocratie anglaise du début du XXe siècle, Vita Sackville-West fait craquer sous les passions le vernis des bonnes manières.
Quand Peregrine Chase hérite du domaine de Blackboys dans la campagne anglaise, il n'a qu'un désir : le vendre, éponger ses dettes et retourner à sa vie de citadin. Mais alors qu'il découvre la vaste demeure, les rosiers et les paons majestueux qui peuplent les alentours, un sentiment de plénitude l'envahit, jusqu'à l'obséder. Une question se pose alors : peut-on tomber amoureux d'un lieu ? Roman psychologique à la prose enchanteresse, L'Héritier est une ode à la beauté de la nature qui nous entoure.
Quand Peregrine Chase hérite du domaine de Blackboys dans la campagne anglaise, il n'a qu'un désir : le vendre, éponger ses dettes et retourner à sa vie de citadin. Mais alors qu'il découvre la vaste demeure, les rosiers et les paons majestueux qui peuplent les alentours, un sentiment de plénitude l'envahit, jusqu'à l'obséder. Une question se pose alors : peut-on tomber amoureux d'un lieu ? Roman psychologique à la prose enchanteresse, L'Héritier est une ode à la beauté de la nature qui nous entoure.
« C'est en Égypte qu'Arthur Lomax contracta l'habitude qui, à la suite d'expériences diverses, le conduisit finalement à l'échafaud. En Égypte, la plupart des touristes portent des lunettes bleues. Arthur Lomax suivait cette mode aussi incongrue que prudente. En compagnie de trois personnes qu'il connaissait à peine, mais à l'intimité desquelles il avait été forcé par les exigences du yachting, il contemplait le Sphinx. Mais Lomax s'intéressait moins au Sphinx qu'au phénomène produit par les lunettes qu'il portait. En fait, il avait déjà classé le Sphinx comme une chose complètement surfaite. Pourtant, comme il arrive souvent, déçu de ce côté-là, il avait été, de façon imprévue, richement récompensé d'un autre. Le monde était changé pour lui et, s'il avait pu le savoir, son avenir entier modifié par ces deux cercles de verre teinté. »Publié en 1924, ce récit, inspiré par les voyages que la muse et amie de Virginia Woolf a effectués, offre l'histoire singulière d'un gentleman anglais dont la vie bascule tragiquement au cours d'une croisière.Traduit de l'anglais par Brigitte Carcenac de Torné.
Roger Liddiard, jeune et brillant romancier, héros de la Seconde Guerre mondiale, s'installe à Westease, dans la campagne anglaise. Il fait alors la connaissance d'un peintre mondialement connu, d'un professeur à la retraite, du pasteur, de son épouse et de leur charmante fille. Mais la sérénité de la petite communauté est brusquement troublée quand le pasteur est retrouvé chez lui, sauvagement assassiné...
Roger Liddiard, jeune et brillant romancier, héros de la Seconde Guerre mondiale, s'installe à Westease, dans la campagne anglaise. Il fait alors la connaissance d'un peintre mondialement connu, d'un professeur à la retraite, du pasteur, de son épouse et de leur charmante fille. Mais la sérénité de la petite communauté est brusquement troublée quand le pasteur est retrouvé chez lui, sauvagement assassiné...
Les Godavary sont passés maîtres dans l'art de faire disparaître les problèmes sous le tapis. Une habitude que les funérailles du chef du clan, Noble Godavary, viennent mettre à mal. Et pour cause: sa fille Paola, née d'un deuxième lit, sera de la partie. Dominatrice et magnétique, elle détone dans l'austère maison familiale. Et quoi de mieux qu'un testament pour mettre le feu aux poudres ?
Les Godavary sont passés maîtres dans l'art de faire disparaître les problèmes sous le tapis. Une habitude que les funérailles du chef du clan, Noble Godavary, viennent mettre à mal. Et pour cause: sa fille Paola, née d'un deuxième lit, sera de la partie. Dominatrice et magnétique, elle détone dans l'austère maison familiale. Et quoi de mieux qu'un testament pour mettre le feu aux poudres ?
« Ça n'a pas démarré tout de suite. Notre histoire d'amour a suivi un cours peu ordinaire. Si elle a culminé dans le bruit et la fureur de la passion, elle a débuté dans le calme et la tendresse. » Mère négligée, ami trahi, mari trompé, fiancée non épousée... La plupart saignent en silence, quelques-uns en viennent aux extrémités, mais c'est toujours la même épreuve : la trahison de l'unique, en qui l'on croyait. Ces histoires d'amour ratées, Vita Sackville-West a le don de les exposer avec une suprême élégance. Quelques traits acides suffisent à mettre à nu les faux sentiments, quelques notes sourdes à souligner les promesses non tenues. À la fois tendre et méchante, elle excelle dans la cruauté feutrée. Quoi de plus adapté à son art que le récit de ces Infidélités ?
« Ça n'a pas démarré tout de suite. Notre histoire d'amour a suivi un cours peu ordinaire. Si elle a culminé dans le bruit et la fureur de la passion, elle a débuté dans le calme et la tendresse. » Mère négligée, ami trahi, mari trompé, fiancée non épousée... La plupart saignent en silence, quelques-uns en viennent aux extrémités, mais c'est toujours la même épreuve : la trahison de l'unique, en qui l'on croyait. Ces histoires d'amour ratées, Vita Sackville-West a le don de les exposer avec une suprême élégance. Quelques traits acides suffisent à mettre à nu les faux sentiments, quelques notes sourdes à souligner les promesses non tenues. À la fois tendre et méchante, elle excelle dans la cruauté feutrée. Quoi de plus adapté à son art que le récit de ces Infidélités ?
1942 : Le III Reich a gagné la guerre en Europe et signé un traité de paix avec les États-Unis. Dans un hôtel au bord du Grand Canyon navigue une foule d'exilés européens ayant fui le conflit et des soldats de l'armée américaine stationnés sur une base toute proche. Ce petit microcosme se croise au fil de discussions futiles, comme si, dans cet écrin de nature sauvage, le vacarme du monde, sa dévastation, ne le concernait pas. Mais on ne fait pas la paix avec les monstres. Et le retour de la guerre est inéluctable. Publié en 1942 et inédit en France, Grand Canyon est la toute première dystopie sur le second conflit mondial. Mettant en scène des personnages qui espèrent voir l'apocalypse s'éloigner d'elle-même, le texte résonne étrangement avec le monde contemporain et nos comportements face aux crises.
1942 : Le III Reich a gagné la guerre en Europe et signé un traité de paix avec les États-Unis. Dans un hôtel au bord du Grand Canyon navigue une foule d'exilés européens ayant fui le conflit et des soldats de l'armée américaine stationnés sur une base toute proche. Ce petit microcosme se croise au fil de discussions futiles, comme si, dans cet écrin de nature sauvage, le vacarme du monde, sa dévastation, ne le concernait pas. Mais on ne fait pas la paix avec les monstres. Et le retour de la guerre est inéluctable. Publié en 1942 et inédit en France, Grand Canyon est la toute première dystopie sur le second conflit mondial. Mettant en scène des personnages qui espèrent voir l'apocalypse s'éloigner d'elle-même, le texte résonne étrangement avec le monde contemporain et nos comportements face aux crises.
À Hérakleion, une île grecque bercée par les mondanités, l'hégémonie d'un petit groupe de diplomates est contesté
À Hérakleion, une île grecque bercée par les mondanités, l'hégémonie d'un petit groupe de diplomates est contesté
« Il y a maintenant trois semaines que nous sommes en mer. C'était peut-être une idée folle de suivre Laura. » Une croisière autour du monde aux côtés de la femme qu'il aime. C'est ainsi qu'Edmund Carr, journaliste d'une cinquantaine d'années, a choisi de passer les derniers mois qu'il lui reste à vivre. Il a délibérément caché à Laura, la jeune veuve dont il est épris, la nature de ses sentiments et le mal qui l'accable. Au fil des jours, Edmund sent la passion grandir en lui, et avec elle, la jalousie. Pourquoi Laura passe-t-elle autant de temps avec le séduisant colonel Dalrymple ? Que faisait-il au sortir de sa cabine en pleine nuit ? Huis-clos amoureux dans l'univers confiné d'un paquebot de luxe, La Traversée amoureuse confirme le talent d'observatrice de Vita Sackville-West et son incroyable modernité.