Victor Brochard
Victor Brochard
Parmi les questions préjudicielles que doit nécessairement résoudre quiconque veut pénétrer un peu avant dans la philosophie de Platon se trouve au premier rang celle de la valeur des mythes. Il est certain que Platon a souvent présenté ses doctrines sous forme poétique ou allégorique. Il s'est complu dans la fiction, et il n'est presque pas de dialogue où l'on ne puisse, en cherchant bien, découvrir des mythes plus ou moins développés. Il semble que ce soit surtout sur les questions essentielles, celles de Dieu, de l'âme, de la vie future, que le philosophe ait pris plaisir à présenter sa pensée sous la forme la plus opposée à sa méthode ordinaire qui est la dialectique. Certains dialogues, tels que le Timée, le plus considérable à la fois par l'étendue et l'importance des questions qu'ils traitent, puisqu'il s'agit de la formation du monde, de l'origine des dieux et des âmes, paraissent mythiques d'un bout à l'autre. Que faut-il penser de cette intervention perpétuelle de l'imagination dans l'exposé des doctrines platoniciennes ? Doit-on rejeter impitoyablement et considérer comme étranger à la philosophie de Platon ce qui est présenté sous forme poétique ou paraît entaché de mythologie ? Peut-on au contraire admettre que les mythes renferment au moins une part de vérité et que, à certains égards et dans une mesure qui reste à déterminer, ils font partie intégrante de la philosophie platonicienne ? À PROPOS DE L'AUTEUR Victor Brochard est un philosophe français. Spécialisé dans l'histoire de la philosophie antique, il fut maître de conférences à l'École normale supérieure et professeur d'histoire de la philosophie à la Sorbonne. Il fut élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1900. Son mémoire sur Les Sceptiques grecs a notamment été salué et intensivement utilisé par Nietzsche. Dans son édition de Sodome et Gomorrhe, Antoine Compagnon suggère que Brochard aurait servi de modèle à Marcel Proust pour créer le personnage de Brichot dans "À la recherche du temps perdu".
Pour Descartes, « toute la philosophie est comme un arbre dont les racines sont la métaphysique. » Mais la science qu'il appelle ainsi embrasse aussi bien la psychologie et même une partie de la logique, que la connaissance des principes et de l'essence des choses... Il est généralement admis parmi les historiens de la philosophie que la philosophie de Descartes est absolument originale et ne doit rien aux systèmes qui l'ont précédée : on sait que Descartes lui-même affectait d'ignorer ce que les autres avaient écrit avant lui et se flattait de ne relever que de lui-même. René Descartes est issu d'une famille de gentilshommes de Touraine ; son grand-père, Pierre Descartes, avait combattu dans les guerres de religion ; son père Joachim, devenu conseiller au parlement de Bretagne en 1586, eut de sa femme, Jeanne Brochard, trois enfants ; l'aîné, Pierre Descartes, succéda à son père ; et René fut le troisième...
La première question qui paraît avoir attiré l'attention de Platon est celle de la nature de la vertu. Il est évident que Platon est constamment et avant tout préoccupé de définir la vertu et le bien et d'enseigner aux hommes l'art d'être heureux ; en ce sens, il est vraiment le continuateur de Socrate. On pourrait citer dans ses divers ouvrages nombre de passages d'où il résulte clairement qu'il ne conçoit pas de tâche plus glorieuse ou de mission plus noble que celle du législateur. Si l'on trouve en lui, outre un admirable écrivain, un poète, un mathématicien, un psychologue profond et un dialecticien subtil, peut-être serait-il juste de dire qu'il est avant tout et par-dessus tout un moraliste et un législateur. C'est ce qu'achève de confirmer l'histoire de sa vie.
Non disponibles en librairie, ces deux textes sont extraits des Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne. Victor Brochard oppose à une conception académique du Dieu de Spinoza, sorte de panthéisme abstrait - Deus sive natura - essentiellement fondée sur l'Éthique, un « spinozisme qui ne méconnaît ni l'individualité des âmes, ni même en un sens la personnalité de Dieu ». Plus proche des formulations du Traité théologico-politique, il montre « comment le spinozisme recouvre d'une forme moderne une synthèse de conceptions juives et de conceptions grecques déjà constituée par Philon et propagée par le courant néo-platonicien qui traverse tout le Moyen âge. » Un éclaircissement sur un point de doctrine controversé du spinozisme.
Découvrez une interprétation audacieuse du Dieu de Spinoza, où Victor Brochard révèle une vision moderne et nuancée du spinozisme.
« Dans cette mêlée un peu confuse d'idées et de doctrines qui ne sont point encore parvenues à se dégager nettement, il n'est peut-être pas sans intérêt de rappeler qu'il a existé autrefois une doctrine morale étrangère aux idées directrices de notre morale d'aujourd'hui, et que cette doctrine a suffi, pendant une longue suite de siècles, à l'élite de l'humanité. » Victor Brochard