Rosa Luxemburg
Rosa Luxemburg
« Le capitalisme tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes économiques, n'en supportant aucune à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale. Il offre l'exemple d'une contradiction historique qui, à un certain degré de développement, ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale harmonieuse, fondée sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse. » Ouvrage majeur de Rosa Luxemburg, écrit en 1913, L'Accumulation du capital est le premier texte de l'économie politique marxiste à formuler une théorie d'ensemble de l'impérialisme. En montrant la nécessité inscrite au coeur du mode de production capitaliste de s'étendre à l'échelle du monde en asservissant des territoires non capitalistes et leurs populations, il éclaire les mécanismes qui allaient bientôt déclencher la grande guerre pour le repartage du monde.
Dans l'incertitude et la confusion des nouvelles qui, jusqu'à présent, sont parvenues de l'étranger, parler de la Révolution russe est assez difficile, surtout dans un hebdomadaire dont la vision des choses peut chaque jour se trouver limitée ou infirmée par des nouvelles plus récentes. Cependant, il est certains aspects que l'on peut constater aujourd'hui sans craindre que, dès demain, ils ne paraissent futiles, des aspects qui sont déterminants pour le sens historique de cette révolution. Savoir où se trouvent le tsar et sa famille, quel membre de la famille du tsar songe à pactiser avec la révolution russe ou non, etc., peut avoir un grand intérêt pour les Philistins, mais ne concerne en rien les politiciens, dès lors qu'il s'est avéré que la Révolution russe ne cherche nullement à s'en prendre à la dynastie du tsar en tant que telle.
Rédigée en 1915 en prison, La Crise de la social-démocratie, plus connue sous l'appellation de « Brochure de Junius », est complétée dans ce volume par les articles et discours du groupe Die Internationale (traduits pour la première fois) ainsi que les interventions de Rosa Luxemburg dans le cadre de l'Internationale socialiste. L'ensemble constitue un réquisitoire implacable contre la guerre et l'abandon du terrain de classe par la IIe Internationale. C'est aussi une exhortation lucide adressée au prolétariat à prendre toute la mesure de cette bifurcation historique que représente août 1914. Notre présent reste prisonnier de l'alternative posée depuis lors : révolution socialiste ou enfoncement dans la barbarie. Rosa Luxemburg (1871-1919), née en Pologne russe en 1871, est l'une des principales militantes et théoriciennes du mouvement ouvrier international avant et pendant la Première Guerre mondiale. Elle enseigne l'économie politique de 1907 à 1913 à l'école du parti social-démocrate allemand de Berlin. Elle maintient lors du premier conflit mondial un internationalisme intransigeant qui lui vaut d'être emprisonnée de façon quasi-continue jusqu'à sa libération par la révolution de Novembre 1918. Avec le groupe Spartakus elle se lance dans une intense activité révolutionnaire jusqu'à son assassinat le 15 janvier 1919 par les corps-francs.
Ce recueil accessible à toutes et tous, propose une sélection de lettres où Rosa Luxemburg aborde des sujets très variés, toujours attentive au monde qui l'entoure, aux souffrances, aux événements qu'elle observe, et surtout gardant toujours l'espoir d'une révolution qui amènerait un monde meilleur. Elle voulait « vivre pleinement », et elle souhaitait changer la société afin que chacun·e puisse y vivre harmonieusement. Rosa Luxemburg (1871-1919) est une célèbre militante révolutionnaire, née en Pologne puis naturalisée allemande, active pendant trois décennies dans le mouvement socialiste international, puis cofondatrice du Parti communiste d'Allemagne peu avant d'être assassinée par des paramilitaires. Julien Chuzeville, historien du mouvement social, est notamment l'auteur de Léo Frankel, communard sans frontières (Libertalia, 2021) et Un court moment révolutionnaire (Libertalia, 2017).
La crise qui frappe l'économie mondiale depuis 2007-2008 confirme la logique éminemment destructrice de la dynamique d'accumulation du capital dont Rosa Luxemburg donne l'histoire et l'analyse toujours pertinente. De 1907 à 1913, Rosa Luxemburg, militante et théoricienne de la gauche révolutionnaire, donne des cours d'économie politique à l'école centrale du parti social-démocrate d'Allemagne. Alors que ce dernier se montre de plus en plus complaisant à l'égard d'un système qui conduit tout droit à la Première Guerre mondiale, Rosa Luxemburg fait ressortir les contradictions insurmontables du capitalisme, son inhumanité croissante, mais aussi son caractère transitoire. Son regard acéré, qui ne perd jamais de vue les avancées scientifiques et critiques des penseurs de son temps, embrasse les formes d'organisations sociales les plus variées, depuis le « communisme primitif » jusqu'au dernier-né des modes d'exploitation, le capital « assoiffé de surtravail ». Dans ces leçons, qui s'inscrivent dans le droit-fil de la critique de l'économie politique de Marx comme du Manifeste communiste, Rosa Luxemburg nous met face à l'alternative qui s'impose aujourd'hui avec plus d'insistance que jamais : socialisme ou chute dans la barbarie ! Avec sa postface, Louis Janover (collaborateur de Maximilien Rubel à l'édition des OEuvres de Karl Marx dans la « Pléiade »), restitue toute sa portée critique à la pensée de Rosa Luxemburg. Une nouvelle introduction des éditeurs, une synthèse sur « L'intégralité d'une oeuvre » et, en appendice, chronologie, notices et dessinent le cadre historique et politique de la vie de cette internationaliste irréductible. Dans une époque profondément marquée par l'amnésie historique, lire Rosa Luxemburg ce n'est pas s'en tenir à un rapport immédiat à un présent insaisissable - rapport illusoire qu'entretient en permanence la domination du Capital. C'est accepter de repenser l'histoire et le combat pour l'émancipation d'un point de vue radicalement différent. C'est aussi replonger dans ce que pouvait représenter une authentique éthique de l'émancipation, un combat collectif et international qui, sous quelque forme qu'il se manifeste, que ce soit dans la dénonciation de l'hypocrisie réformiste, exprime toujours « l'impératif catégorique de bouleverser tous les rapports où l'homme est un être dégradé, asservi, abandonné, méprisable » et donc une indéfectible volonté de mettre à bas le système social qui reproduisait ces rapports.
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Ce volume rassemble les contributions de Rosa Luxemburg sur la politique française - l'affaire Dreyfus, le mouvement ouvrier, le syndicalisme révolutionnaire, etc. Mais à la fin du XIXe siècle, pour la gauche européenne, la grande affaire, c'est collaborer avec les gouvernements bourgeois ou rompre avec le système capitaliste. Depuis les débats de la social-démocratie allemande autour de Bernstein et Kautsky, la révolutionnaire germano-polonaise analyse la guerre de position des ténors du socialisme français, de Jaurès à Guesde et Millerand. Rosa Luxemburg (1871-1919), née en Pologne russe en 1871, est l'une des principales militantes et théoriciennes du mouvement ouvrier international avant et pendant la Première Guerre mondiale. Elle enseigne l'économie politique de 1907 à 1913 à l'école du parti social-démocrate allemand de Berlin. Elle maintient lors du premier conflit mondial un internationalisme intransigeant qui lui vaut d'être emprisonnée de façon quasi-continue jusqu'à sa libération par la révolution de Novembre 1918. Avec le groupe Spartakus elle se lance dans une intense activité révolutionnaire jusqu'à son assassinat le 15 janvier 1919 par les corps-francs.
« La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. » Emprisonnée, Rosa Luxemburg étudie le déroulement de la Révolution russe et en tire des leçons. Son enthousiasme, et son soutien total au bolchévisme, ne sont néanmoins pas exempts de critiques, notamment en ce qui concerne l'autoritarisme du régime mis en place par Lénine. Ce travail d'analyse ne sera pas achevé, et ses notes ne seront publiées qu'après sa mort.