Régine Pernoud
Régine Pernoud
Comment une classe sociale a-t-elle pu transformer l’histoire de France ? Les origines de la bourgeoisie de Régine Pernoud retrace l’ascension fulgurante de cette élite urbaine, du XIe au XVIIIe siècle.
Un formidable prolongement de La Femme au temps des cathédrales puisque les croisades ne furent pas seulement affaire de soldats et de batailles. Elles lancèrent sur les mers des familles entières qui allaient s'installer autour des Lieux saints. « Copyright Electre »
Si l'on consulte la bibliographie de la France, on constate que Jeanne d'Arc est à la pointe de l'actualité : il ne se passe pas d'année qui ne voie paraître plusieurs ouvrages qui lui soient consacrés. « Jeanne devant les Cauchons » passe en revue ces thèses, hypothèses et fantaisies diverses, et les confronte avec la réalité historique, que tout le monde peut aujourd'hui connaître et vérifier, puisque les sources authentiques de l'histoire de Jeanne d'Arc sont publiées et traduites pour la plupart. Face à ceux qui refont en notre temps l'oeuvre de Cauchon : fausser systématiquement l'Histoire pour tenter de mettre un personnage en contradiction avec lui-même, -
Paris, 1365. Christine de Pisan, fille d’un astrologue de Charles V, brise les codes de son époque en revendiquant haut et fort sa place de femme de lettres.
« À côté d'une abondante littérature hagiographique et d'hypothèses foisonnantes, totalement gratuites et uniformément sottes, les documents, eux, s'imposent avec la rigueur la plus totale. Pour les Templiers, il est, encore une fois, à peine croyable de comparer en esprit la littérature (non plus hagiographique mais carrément démentielle en quelques cas) qu'ils ont suscitée, et d'autre part ces documents si simples, si probants, si tranquillement irréfutables qui constituent leur histoire vraie. » De la création de l'ordre en 1119-1120 à la fameuse affaire des Templiers, Régine Pernoud relate l'histoire de ces chevaliers qui avaient décidé de prolonger leur voeu en consacrant leur vie à la défense des pèlerins, conciliant ainsi deux occupations qui semblaient pourtant incompatibles : la vie militaire et la vie religieuse.
Personnage le plus célèbre de l'histoire de France, Jeanne d'Arc n'a cessé de fasciner. Biographie méticuleuse de celle qui fit irruption dans l'histoire en changeant le cours de la guerre de Cent Ans, fit couronner le roi et fut condamnée au bûcher après un procès inique en 1431. Ce livre raconte l'itinéraire extraordinaire de la jeune bergère de Domrémy. Il resitue Jeanne dans son contexte et brosse les portraits des principaux protagonistes de son histoire. Les auteurs livrent tous les éléments connus qui éclairent le mythe et les controverses qu'elle suscita, dont sa canonisation tardive et les polémiques contemporaines portent encore la trace. Paru en première édition chez Fayard en 1986.
Jeanne d'Arc. Une carrière qui occupe deux années. Deux ans dans une période caractérisée par ce qu'on appelle la guerre de Cent Ans. Il n'y a sans doute pas de personnage sur lequel nous soyons mieux et plus abondamment documentés.Cette « Petite vie » de Jeanne d'Arc est composée presque uniquement de témoignages du temps. Elle permet de préciser les cadres personnel, politique, militaire, juridique, religieux et littéraire dans lesquels se situe Jeanne. Régine Pernoud, historienne, auteur d'une trentaine d'ouvrages dont la plupart sont devenus des classiques, était l'auteur le plus autorisé pour évoquer avec ferveur l'itinéraire d'un des personnages les plus surprenants de l'histoire humaine.
Inquiétudes à l'Est, remous dans le Proche-Orient, effervescence dans le monde des étudiants, réforme de l'Eglise, et jusqu'à la peur de la drogue, ces problèmes de notre temps ont été aussi ceux qui préoccupèrent notre XIIIe siècle. Et une femme domine le XIIIe siècle, au moins dans sa première partie : Blanche de Castille. Il est frappant pour nous de voir cette femme assumer la charge du royaume et mener résolument une politique différente de celle des rois qui l'avaient précédée. Blanche de Castille, dont les manuels d'histoire ont figé la physionomie en quelques anecdotes stéréotypées, est ici étudiée, non pas seulement d'après les oeuvres littéraires - eussent-elles le charme et la saveur d'authenticité de celle de Joinville - mais autant que possible d'après les textes proprement historiques : enquêtes, correspondances, traités, rôles de comptes, etc. De cette étude rigoureuse se dégage une silhouette contrastée : celle d'une forte personnalité féminine - à l'image de son aïeule Aliénor d'Aquitaine -, une beauté très courtisée en même temps qu'une épouse exemplaire et une mère parfaite, une femme impulsive et ferme, une reine attentive au peuple et passionnée de justice : au total un personnage digne de cette cathédrale Notre-Dame de Paris dont la nef et les tours s'élèvent au rythme de sa propre existence.
Le 25 août 1270, Louis IX meurt devant Carthage. Le lent et solennel convoi funèbre qui ramène jusqu'à Saint-Denis les ossements du saint Roi semble présager, avec ses étapes tragiques, l'assombrissement qui va suivre. Et curieusement le déclin des mentalités précède les grandes catastrophes dont sera victime, au cours du XIVe siècle, le royaume de France. S'il est un temps en effet pour lequel on peut employer sans crainte d'exagération les termes trop souvent galvaudés de mutation, d'évolution, de tournant de l'Histoire, c'est bien celui qui suit immédiatement le règne de Saint Louis. À une époque lumineuse, celle que peuvent symboliser pour nous les vitraux de la Sainte-Chapelle, succède un long et angoissant crépuscule. Ce déclin touche le régime même de la féodalité et les usages régissant alors les relations des hommes entre eux et avec la terre qui les fait vivre; il frappe aussi les fondements de la pensée ou de l'expression artistique. Des changements profonds s'amorcent qui transformeront le visage de l'Occident. Peut-être un sommet avait-il été atteint, après lequel le déclin était inévitable ? C'est en tout cas l'occasion de constater à quel point sont impliqués et indissolublement liés dans l'Histoire l'homme et l'événement. Régine Pernoud, conservateur honoraire aux Archives Nationales, a fait paraître sur le Moyen Age de très nombreux ouvrages qui font autorité : Vie et mort de Jeanne d'Arc, Les Croisades, Aliénor d'Aquitaine, La Reine Blanche, Pour en finir avec le Moyen Age, La Femme au temps des cathédrales.
Pour en finir avec le Moyen Âge Méprisés pendant des siècles, encensés par les romantiques, ces mille ans d'histoire ont presque toujours été recouverts de la crasse de l'ignorance. " Godiche " ne vient-il pas de " gothique " ? " Féodal " ne désigne-t-il pas l'obscurantisme le plus indécrottable ? " Moyenâgeux " les vieilleries poussiéreuses ? Grâce à ce livre décapant, mille ans d'histoire resurgissent. Le Moyen Âge est mort, vive le Moyen Âge ! Régine Pernoud (1909-1998) Diplômée de l'École des Chartes et de l'École du Louvre, conservateur du musée de Reims puis aux Archives nationales, elle a fondé le centre de documentation historique Jeanne-d'Arc, à Orléans.
L'historien ne peut manquer de s'interroger sur ce paradoxe: angevin par son père Henri II et aquitain par sa mère Aliénor, Richard Ier, roi d'Angleterre de 1189 à 1199, ne résida dans l'île que six mois au total et n'en parla sans doute jamais la langue... Il se consacra beaucoup plus à la lutte contre ses vassaux du continent, contre le roi de France et les Sarrasins qu'au gouvernement de son royaume. Et pourtant il demeure certainement, depuis bientôt huit siècles, le plus aimé des souverains anglais. Cette popularité ne doit rien à la légende: les contemporains, unanimes, nous le décrivent comme le " roi des rois terrestres ", nul n'étant allé " plus loin que lui pour l'ardeur, la magnanimité, la chevalerie et toutes autres vertus ". N'est-ce pas lui qui enleva Chypre aux Byzantins et la place d'Acre au redoutable Saladin, le vainqueur de Jérusalem; ne fut-il pas l'un des plus grands troubadours de son temps? Brave jusqu'à la témérité, fastueux, lettré, il incarne admirablement l'idéal chevaleresque qui était celui du XIIe siècle; tout roi qu'il fût, il ne se pardonnait pas même ses écarts (notamment la " sodomie ") ou ses manquements de parole (car il était d'un caractère changeant _ oc e no, oui et non, l'avait-on surnommé) et s'en accusa publiquement à plusieurs reprises avec force manifestations _ sincères _ de repentir. Longtemps absent en raison de la croisade et aussi d'une interminable captivité dans les geôles de l'empereur Henri VI, il mourut à quarante et un ans près de Limoges en assiégeant un vassal révolté. Disparition prématurée, infiniment dommageable pour l'Angleterre et pour l'Aquitaine, mais peut-être bénéfique pour sa mémoire. Le monde était en effet en train de changer: aurait-il pu ou su devenir un grand " politique " avec ce que cela requiert de cynisme, de calcul et de dissimulation? Connue en France et à l'étranger pour ses travaux d'histoire médiévale, Régine Pernoud a publié de nombreux ouvrages qui sont devenus de véritables classiques parmi lesquels on peut citer La Femme au temps des cathédrales, Jeanne d'Arc (en coll. avec M.-V. Clin, 1986) ou encore Histoire de la bourgeoisie en France.
Le Moyen Age, ère de ténèbres : telle est l'image que nous avons tous gardée de nos études secondaires. Les bâtisseurs de cathédrales ont été longtemps présentés comme des barbares et les auditeurs de saint Thomas d'Aquin comme des naïfs. C'est contre ces jugements préfabriqués que se dresse Régine Pernoud. Elle révèle le Moyen Age dans sa "lumière". Elle nous fait connaître sa richesse littéraire et son essor artistique, mais aussi ce qu'on connaît le moins : l'intérêt porté alors aux sciences et à la médecine. La vie quotidienne même portait la marque d'une civilisation déjà raffinée : l'hygiène - l'usage des "retraits", des bains publics et privés - était plus développée qu'au XVIIe siècle. La hiérarchie sociale reposait essentiellement sur des liens familiaux et il était beaucoup plus facile d'approcher Saint Louis que Louis XIV. Si les hommes avaient généralement l'autorité dans la famille, les femmes avaient des droits qu'elles n'avaient pas dans la société romaine et qu'elles ont reperdus dès le XVIe siècle. {Lumière du Moyen Age}, une découverte fabuleuse d'un temps mal connu où se mêlent le profane et le sacré, où se développent le commerce, les sciences et les arts : les XIIe et XIIIe siècles sont sans doute les vrais "Grands Siècles" de notre histoire.