Pierre Véron
Pierre Véron
Il y a longtemps (quinze jours peut-être) que nous n'avions entendu parler d'un phénomène, et les amis du surnaturel commençaient à s'émouvoir. La dernière invention avait été le tambour des zouaves qui guérit toutes les maladies par l'imposition des mains ; voici qu'une autre merveille nous arrive, au dire de la réclame. C'est l'Amérique qui nous l'envoie. O Barnum ! serait-ce là de tes coups ?Naguère encore nous voyions un nègre jouer la tragédie à Versailles.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Il se nommait Joseph.C'était un déclassé comme un autre. Après être allé chercher fortune en Californie, après avoir tour à tour exercé les professions hétérogènes de placeur d'ouvrages illustrés, de courtier marron, d'homme de lettres in partibus, il prit un grand parti et, renonçant aux prétentions, il se fit garçon d'extra.Pour ceux qui ignoreraient ce que ce nom veut dire, deux mots d'explication :En ce temps d'universelles ambitions oùTout bourgeois veut avoir des pages,les maisons qui fournissent le sorbet au marasquin et les petits fours se chargent également d'expédier sur commande des messieurs en habit noir et en cravate blanche qui reçoivent les paletots, annoncent les visiteurs et font circuler les rafraîchissements : on les appelle des maîtres d'hôtel ou plus vulgairement des garçons d'extra.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
BEN vrai ! mes enfants, elle est trop drôle !... Parole d'honneur !... - Laissez-moi reprendre mes sens !... Garçon... Un américain !...Ces phrases hachées étaient débitées, avec manifeste intention d'imiter l'illustre Libert, des plus variés Alcazars, par un chevalier de la gomme, vêtu conformément aux inepties les plus récentes de la mode.Les trois ou quatre amis à qui ce discours s'adressait tendirent d'un geste machinal la main à leur ami, qui prit place sur une banquette du café de Madrid.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
La géographie, - qui se pique de former l'esprit en même temps que le coeur, - ne manque jamais de joindre à la nomenclature des villes qu'elle énumère, une ou plusieurs indications propres à meubler confortablement la mémoire de ses lecteurs.Elle vous dit, par exemple, avec un agréable mélange de réalisme et de sentimentalité : - ROUEN. - 84,000 habitants. - Célèbre par ses sucres de pomme et la naissance du grand Corneille.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
ABEL. - L'ordre alphabétique m'est témoin que ce n'est pas ma faute si ce nom se trouve placé au seuil même de ce dictionnaire, comme spécimen de la fraternité humaine !...ABÉLARD. - Principal acteur d'un drame-vaudeville intitulé : Les Jeux de l'Amour et du Rasoir. Débuta comme premier rôle, pour finir comme inutilité. D'où vient que son cas fasse pleurer les dames, lorsque celui de tous ses collègues les fait rire ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Un dictionnaire satirique et décalé, né au XIXe siècle sous la plume de Pierre Véron et illustré par Paul Hadol, où chaque définition devient une piqûre d’humour et de critique sociale. Parfait pour les amateurs de mots et d’ironie fine !
Le Panthéon de poche offre un regard malicieux et sans concession sur les grands hommes et les travers de la société française du XIXe siècle.
J'avais une tante. Ma tante avait un perroquet. Je mets ces deux choses au passé ; car, hélas ! ma pauvre tante, qui faisait de si bonnes confitures, n'est plus, et son perroquet n'a pas tardé à la suivre dans un monde meilleur.Mais, il y a deux ans, ma chère et excellente parente vivait encore, ainsi que son oiseau fidèle, - et ce fut alors que m'advint l'histoire que je vais vous raconter. Auparavant toutefois une description est nécessaire, car le perroquet de ma tante n'était point un volatile ordinaire.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
L'histoire naturelle a bien voulu prendre la peine de nous prouver comme quoi la nature, par une ironie dont on ne comprend pas bien la raison, a doué les plantes vénéneuses et les mauvaises herbes d'une fécondité qui défie toute concurrence. Peut-être un phénomène analogue a-t-il présidé à l'incroyable multiplication d'une famille que je vous demande la permission de vous présenter. De son vrai nom elle s'appelle la famille Fanfaron et compta jadis d'illustres aïeux.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
A en croire les cancans de l'histoire, un ancien, plus remarquable par la pureté de ses intentions que par la solidité de ses connaissances architecturales, avait, en un jour de franchise excessive, formé le projet de se faire construire une maison de verre. L'exemple. trouvant des imitateurs, la vie privée n'aurait plus eu de mystères et partant plus de vices. C'était tout simplement le secret du Diable boiteux mis à la portée de tout le monde.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
ANASTASE GRIBOURDIN, brave cultivateur de la commune de Balandois, se trouvant de passage à Paris et se rappelant qu'il est un neuf-millionième du suffrage universel en sa qualité d'électeur, n'a pas voulu laisser passer l'occasion d'assister à une séance de la Chambre.Un député de son département lui avait promis une carte. Mais vu qu'après trois jours de démarches et de rendez-vous, Anastase Gribourdin n'a rien pu obtenir, il a pris hardiment son parti ; tout paysan qu'il s'intitule, son boursicot étant grassement garni, il s'est, moyennant vingt francs, payé un billet de tribune de deuxième rang.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
ELLE avait été vraiment charmante, la lune de miel de ce ménage.Elle, mignonne, nerveuse comme un vrai petit cheval de race.Ah ! quels beaux grands yeux pleins de vagues choses et d'inconnu mystérieux !Lui, un superbe gaillard au geste dominateur, à la volonté puissante.C'était, ma foi, un couple adorable, quand ils sortirent de la sacristie et qu'ils descendirent - lui, la force, donnant le bras à cette exquise morbidesse - les marches de la Madeleine.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Et si l’on pouvait modifier le caractère humain comme on répare une montre ? Le raccommodeur de cervelles explore, avec humour et satire, les dangers d’une science trop audacieuse.
PAR PIERRE VÉRIN Les types s'en vont. Insensiblement les individualités, les originalités se fondent dans un ensemble uniforme et terne. Plus de nuances sociales ou professionnelles. Le savant et le boursier, le négociant et l'employé, le pharmacien et l'artiste sont à peu près soumis aux mêmes monotonies de vêtement, d'allure, - de pensée surtout. Et ainsi pour la femme du savant, du boursier, du négociant, de l'employé, du pharmacien, de l'artiste. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Un scandale parisien, une mort mystérieuse, et une chaîne de secrets féminins : La Chaîne des dames plonge le lecteur dans le Paris du XIXe siècle, où l’apparente respectabilité cache des passions et des intrigues bien plus sombres.
Avez-vous - au moins une fois en votre vie - assisté à une fête foraine ? Si vous en avez vu une, vous les avez vues toutes ; car elles se suivent en se ressemblant, depuis qu'il existe des badauds, c'est-à-dire depuis qu'il existe des hommes. Ce qui précède n'est point une épigramme. Flâner est un des rares apanages refusés aux animaux et réservés à l'espèce humaine. Les bêtes - même celles à deux pieds et sans plumes - marchent, errent, vagabondent, mais ne flânent pas. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.