Pierre Aubenque
Pierre Aubenque
« La métaphysique d'Aristote n'est, au sens aristotélicien, dialectique et par là incapable de tout achèvement déductif, que parce qu'elle est une métaphysique du mouvement, c'est-à-dire de la scission. » Le propos de l'auteur est simple : sans vouloir rajouter et apporter du nouveau sur Aristote, il tente au contraire de désapprendre tout ce que la tradition a ajouté à l'aristotélisme primitif. Car l'aristotélisme que nous connaissons est surtout celui des commentateurs grecs. L'image ainsi révélée est celle d'un Aristote aporétique, mais « cette voix qui parle est celle plus fraternelle qui continue de chercher en nous ce qu'est l'être et de se taire parfois ».
La métaphysique fait aujourd'hui l'objet d'un débat généralisé, non au sens où les problèmes de la métaphysique susciteraient un renouveau particulier d'intérêt, mais au sens où la métaphysique comme discipline et plus encore comme figure de la pensée est perçue elle-même comme problème. Pourquoi la métaphysique ? Pourquoi son prestige, même s'il est aujourd'hui déclinant ? Pourquoi la domination qu'elle exerce, même si c'est de façon souterraine, sur ceux-là même qui en contestent la légitimité ? Quel est le critère de sa vérité ou, s'il n'y en a pas, quel est le secret de sa force ? - L'ouvrage soumet à l'examen et à la critique les arguments des principaux « déconstructeurs » de la métaphysique : Étienne Gilson, Heidegger, Derrida, mais aussi et déjà les Néoplatoniciens et Aristote lui-même.