Philippe Savet
Philippe Savet
Dans Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, Freud trahit, par le biais des rapports du peintre à sa mère et à son oeuvre, une substance émotionnelle singulière. Singulière, mais combien présente dans l'histoire et l'iconographie des religions vouées, ouvertement ou discrètement, à la déesse-mère. Singulière aussi, comme l'incarnation de la déesse - au départ unique pour tout humain ; nul ne peut s'en départir, et ses formes sont innombrables. Ce maternel ne se confond ni avec la maternité, son prototype, ni avec la féminité. Il se joue de toute différence de sexe et de génération, et sait se faire Freud rêvant à Léonard portant Catarina, sa mère, aux nues. Sitôt que, de la vague, jaillit en crête le tumultueux désir de se l'approprier, déjà ses eaux s'incurvent en creux... maternel : avoir, être ou, à défaut, alterner dans l'oubli, dans le clivage du moi. Ainsi, dans l'ombre portée des découvertes de Freud se profile, en ce maternel singulier, la part vivante d'une vie secrète.
Un jeune homme disparaît à la sortie d'un club. Il ne laisse derrière lui qu'une lettre et, dans sa chambre, des carnets, des poèmes, des flacons : autant d'indices sur sa disparition. À travers le témoignage de ses proches et ses écrits personnels, le roman esquisse le portrait d'un garçon blessé par un amour vénéneux et interroge l'image de soi qu'on fabrique quand tout vacille à l'intérieur. De Paris à Rome et à New York se déploie l'exploration sensuelle et sexuelle d'un être dispersé, déchiré entre un romantisme sombre et une tendre cruauté. Un premier roman virtuose sur un héros dont l'échappée devient mythologique.Philippe Savet est né en 1995. Après des études de lettres et un master de recherche en théorie critique, il travaille dans l'édition. Il vit et écrit à Paris. Mille millilitres de Ganymède est son premier roman.