Philippe Mac Leod
Philippe Mac Leod
Croire en Dieu est un acte vivant, qui emporte tout mon être et fait de ma prière un mouvement de l'âme, un élan, une sorte d'essor se prolongeant indéfiniment, dans un temps qui ne se distingue plus de l'espace intérieur. La solitude a été ma seule école, sauvage, aride souvent, avec ses beautés, ses consolations bien sûr, mais rude dans sa constance, totalement sourde aux caprices de la demande incessante. J'ai mis la prière au centre de ma vie parce que j'ai compris très tôt qu'elle ne nous sépare pas du monde, mais nous introduit en son coeur le plus profond. Elle nous place d'emblée au centre de toute chose, plus au fond, au tréfonds, parce que pour aller loin il faut d'abord avoir le sentiment de venir très loin. Le silence nous arrache alors à notre habituelle torpeur. C'est ce que je voudrais transmettre dans ces pages, qui évoquent les chemins que j'ai moi-même traversés en défrichant à mesure.
L'analyse sociologique qui tend de nos jours à devenir le discours dominant pourrait nous faire oublier que la véritable crise que traverse notre époque est celle de la profondeur. La rencontre entre le Christ et la Samaritaine, dans l'Évangile de Jean, ne nous ouvre pas seulement des perspectives libératrices, elle nous montre combien la foi nous révèle à nous-même en même temps qu'elle dévoile Dieu au plus secret de ce que nous sommes. Par une approche vivante de la Parole, cet ouvrage dessine le visage d'une foi plus engageante, plus intérieure et plus personnelle. Philippe Mac Leod est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages remarqués, tous placés sous le signe de l'expérience spirituelle. Après vingt années de solitude dans les Pyrénées, il vit actuellement dans les Côtes d'Armor où il se consacre à la transmission et à l'accompagnement lors de retraites spirituelles. Il collabore également à l'hebdomadaire La Vie.
Comment ne pas rentrer avec bonheur, mais aussi gravité dans les mots de Philippe Mac Leod ? Ciselée dans la solitude, son écriture renouvelle les intuitions apparemment classiques de l'expérience spirituelle chrétienne. Deux temps composent son propos : La grande respiration ", qui évoque le " ciel intérieur ", l'énigme de ce qu'il appelle aussi le " finistère intérieur ". Puis, " Tout est présence " qui invite à découvrir le " monde en transparence " et la " chair du secret ". L'adresse au lecteur ne peut que toucher chacun d'entre nous : " Viens, approche-toi. Surtout, ne te presse pas. Nous avons le temps, et bien plus que le temps : nous avons toute notre vie, le fond de notre coeur, et tout au bout - mais seulement tout au bout, si l'on prend le temps de le traverser -, l'éternité. "".