Philippe Deblaise
Philippe Deblaise
Elle s'épanche en public et observe le monde autour d'elle... « J'ai donc appris de bonne heure à faire mes petits besoins en public. Ce qui pour une fille n'est pas des plus commodes. Dire que je banalise serait impropre. J'ai toujours été infiniment pudique. Même là, pleine rue, dans le dos de Beaubourg, à trente ans révolus, sur le coup de midi, avec les feux, le passage clouté, la bouche de métro, les gaz d'échappement, le bruit, le froid, le musée de la Poupée à deux pas, et tous ces gens qui me lorgnent en faisant mine d'attendre pour traverser. » L'univers littéraire de Deblaise est noir, d'une noirceur sans concession. Mais derrière le désespoir, c'est une invitation à traquer la moindre lueur à l'horizon.
[...] La violence montait. Les intransigeances se démultipliaient. Les intégrismes fleurissaient. Les pogroms s'annonçaient. Le retour à la case départ s'amorçait. On mélangeait tout. On oubliait tout. La guerre. Les guerres. L'euthanasie. La condition des femmes en Algérie. Un nu de Mapplethorpe aux Etats-Unis. L'excision à Belleville. L'interdiction de livrer le courrier dans un camp de nudisme. Isme. Schisme. Racisme. Ostracisme. Antisémitisme devant un parterre endimanché de carpes en strass. Cynismes.Crétinismes. Et merde !
Naples, 1538. Enfant d'une prostituée, Pipo est miraculeusement épargné par l'homme chargé de le faire disparaître. Celui-ci parvient à l'élever, le nourrissant au lait de sa jument. A la mort de son protecteur, Pipo est recueilli par des moines affameurs, puis par des voleurs de chevaux, et finit par entrer au service du premier écuyer du roi Henri II. Il devient ensuite Cavalcadour de Bardelle et apprend l'art de dresser les poulains. Sur ordre du roi, Pipo est envoyé à Mantoue, à la cour des Gonzague, pour y acheter des juments. Conquis par le charme de cette Italie renaissante où il tombe amoureux, Pipo va percer le secret de la médaille que sa mère lui avait laissée à sa naissance et découvrir les principes de l'Art équestre.