Paul Payan
Paul Payan
Qu'il s'agisse de guides touristiques ou de panneaux de signalisation routière, Avignon est souvent qualifiée de « cité des papes ». Si la période de la papauté médiévale continue de marquer l'identité culturelle des Avignonnais, il faut néanmoins se rappeler que les rapports entre la ville et le pontife n'ont pas toujours été idylliques, bien au contraire. Le livre de Paul Payan invite à nous emparer de cette histoire et de ce Patrimoine, hors de toute mystification ou banalisation. Sa seconde édition, enrichie d'un séduisant dossier iconographique, rehausse encore la fascination qu'exerce, encore aujourd'hui, la rencontre protéiforme entre Palais et Cité. Témoin d'un pan d'histoire et de civilisation, le Palais des Papes nous amène alors à la rencontre de nos « frères du passé ».
Pape maudit par les templiers, créature de Philippe le Bel, népotique et corrompu, faible et influençable : l'histoire n'a pas été tendre pour Clément V, qui a gouverné l'Eglise de 1305 à 1314. Gascon d'origine, ancien archevêque de Bordeaux et resté profondément attaché à sa région et à sa famille, il est le premier à avoir séjourné à Avignon. Est-il pour autant responsable du long exil de la papauté dénoncé par les Italiens ? S'est-il vraiment soumis aux volontés du terrible Philippe le Bel ? À la lumière des recherches récentes, ce livre propose une relecture d'un pontificat de combat, à un moment crucial pour une Eglise confrontée à la puissance grandissante des puissances laïques, à l'éclatement politique de la Chrétienté, à l'échec des entreprises de croisade, à la multiplication des contestations. Sans chercher à le juger, il suit les efforts d'un pape pour préserver son autorité dans un monde en mutation.
Rome, printemps 1378. La ville est en effervescence. Le dimanche de Pâques, on a couronné un nouveau pape, un Italien, Urbain VI. Les Romains n'ont pas assisté à une élection pontificale depuis... soixante-quinze ans, car les sept derniers papes, tous d'origine française, ont choisi de résider à Avignon. La papauté est-elle de retour dans la Ville éternelle ? C'est oublier les cardinaux, qui supportent mal la manière dont Urbain les traite. Au début de l'été, ils quittent Rome et désignent un nouveau pape, Clément VII, qui s'installe dans le palais de ses prédécesseurs à Avignon. L'Eglise, désormais, a deux têtes. Le Grand Schisme a commencé. Jusqu'en 1417, deux lignées de pontifes vont s'affronter: à Avignon connue à Rome, ils activent des réseaux diplomatiques complexes pour rallier les puissances européennes, ils guerroient par mercenaires ou par théologiens interposés, ils lèvent. des impôts divers pour remplir des caisses toujours vides. Guerres, chantages, excommunications, alliances et défections aboutissent à des situations extravagantes: on verra ainsi le roi de France décider, en 1398, de soustraire son royaume à toute obédience, un épisode inédit dans l'histoire de la Chrétienté; on encore, en 1409. non plus deux, niais trois papes revendiquer le trône de saint Pierre. Ce livre raconte l'extraordinaire partie d'échecs qui a mis aux prises l'Europe entière, quarante ans durant.