Pascale Bonnemère
Pascale Bonnemère
Cet ouvrage décrit et analyse le contexte symbolique, les modalités quotidiennes et les aspects rituels des relations entre les hommes et les femmes chez les Ankave, une société d'horticulteurs forestiers du centre de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cette première étude d'un groupe anga des basses terres permet également une comparaison avec d'autres Anga (Baruya et Sambia) qui révèle de profonds contrastes dans les organisations sociales de cette région. Chez les Ankave, les représentations du corps et celles des éléments du monde végétal et animal associés aux substances qu'il produit et excrète sous-tendent et relient plusieurs domaines de la réalité sociale. En particulier, on attribue aux substances féminines - et notamment au sang dont les mères nourrissent le foetus - un rôle primordial dans la procréation et la croissance des êtres humains auquel font écho un antagonisme sexuel moins marqué que chez d'autres groupes anga, la forme des échanges qui ponctuent les étapes du cycle de vie et diverses particularités du système de parenté. Ces représentations de la gestation et de la naissance modèlent également les initiations masculines. Comme souvent en Nouvelle-Guinée, celles-ci répondent au souci de transformer les garçons en adultes - et autrefois en guerriers -, tout en établissant l'asymétrie des rapports entre les sexes. Mais alors que plusieurs groupes anga attribuent au sperme la capacité de faire croître les initiés lors de pratiques homosexuelles ritualisées, c'est le jus du pandanus rouge, un substitut végétal du sang, que les Ankave mettent au centre des rites masculins. PASCALE BONNEMÈRE est chargée de recherche au CNRS (Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie, Marseille). Elle mène des enquêtes de terrain chez les Ankave depuis 1987 et a publié plusieurs articles dans des revues et ouvrages spécialisés.
Située entre un superbe massif rocheux et une mer bleu azur, Oran est une des plus belles villes d'Afrique du Nord. Son superbe front de mer et cette corniche préservée qui rappelle celle de l'Esterel sur la Côte d'Azur, son fort de Santa Cruz et sa basilique qui lui donnent des airs de Corcovado, ses multiples monuments et musées où l'influence espagnole est nette, sont autant de sites magiques de cette cité méditerranéenne de l'ouest de l'Algérie. Oran, c'est aussi une des villes les plus animées et les plus festives du pays, comme en témoignent ses plages où on fait bronzette à Aïn Turk, ses rues très vivantes et ses soirées raï particulièrement populaires. Oran, entre carpe diem et raffinement perpétuel, est bel et bien une destination à part entière.
Comment échapper à l'alternative entre étudier l'individu (universel mais asexué) ou les rapports hommes-femmes (sexués mais séparés) ? En apercevant que la distinction masculin/féminin n'est pas une simple différence : elle ne désigne aucune propriété substantielle, aucun attribut identitaire de l'individu. C'est pourquoi de plus en plus d'études en sciences sociales tiennent à définir le « genre » non pas comme un attribut des personnes, mais comme une modalité des relations. Les auteurs de ce livre ne se revendiquent pas d'une théorie commune. Mais tous questionnent les conceptions du genre trop dépendantes des représentations occidentales modernes. Il ne va pas de soi de considérer l'individu comme un être composé de deux entités, «un moi» et «un corps». En nous incitant à renouer avec les ambitions d'une véritable anthropologie comparative, ils montrent qu'étudier le genre c'est revenir aux fondamentaux de nos disciplines. Toujours et partout, ce qui est en jeu à travers le genre n'est jamais simplement ni «
Cet ouvrage décrit et analyse la façon dont une société de Papouasie Nouvelle-Guinée met en scène le processus de construction de la personne masculine. Contrairement aux femmes, les hommes n'accèdent pas à l'âge adulte et au statut de père du simple fait de grandir et de se reproduire ; il est nécessaire que la teneur d'un certain nombre de relations (à leur mère, à leur soeur aînée) ait subi une transformation au préalable. Celle-ci se déroule en plusieurs étapes matérialisées par des rituels lors desquels les hommes et les femmes agissent de manière complémentaire dans des espaces distincts et qui sont précédés par de longs moments de préparation dont l'analyse révèle une pensée originale où l'action pour et sur les autres occupe une place majeure. Remarquable par son ethnographie qui comprend des observations menées dans les espaces rituels masculin et féminin au même moment, l'analyse présentée dans cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur des rituels d'un type bien connu tout en faisant avancer la réflexion théorique dans un champ anthropologique de première importance.