Olivier Roy
Olivier Roy
Les cinq républiques d'Asie centrale, créées par le système soviétique, sont devenues indépendantes en 1991. Quelles références identitaires font aujourd'hui des républiques d'Asie centrale un ensemble homogène ? En analysant les origines du nationalisme qui constitue leur soubassement idéologique, cet ouvrage donne au lecteur la clef des enjeux politiques majeurs de cette région du monde.
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L'Afghanistan comme vous ne l'avez jamais vu : à travers le regard d'un témoin direct. Olivier Roy, qui a vécu la guerre aux côtés des Moudjahidines, livre ici une analyse sans concession, entre reportage et essai politique.
Identités contre universalisme, genre contre sexe, république contre communautarisme, racisme, féminisme, immigration... Le point commun de ces débats, qui polarisent la vie intellectuelle avec de fortes implications politiques, est de mettre en jeu la culture, dans tous les sens du terme. Mais Olivier Roy récuse ici la thèse de la « guerre culturelle » ou du conflit de valeurs. Ce qui est en crise, selon lui, c'est la notion même de culture, désormais réduite à un système de codes explicites, décontextualisés et souvent mondialisés, qui envahissent les universités comme nos cuisines, les combats identitaires et les religions comme nos pratiques sexuelles, et jusqu'à nos émotions dûment répertoriées en émojis. C'est bien une déculturation mondiale que diagnostique Olivier Roy. À partir des quatre grandes mutations contemporaines (la libération des moeurs issue des années 1960, la révolution internet, la marchandisation néolibérale et la déterritorialisation liée à la fin de l'État-nation et aux migrations), il en examine les mécanismes et les effets paradoxaux : où les dominants se vivent aussi menacés et souffrants que les dominés ; où le globish et le manga deviennent des simulacres qui annihilent la richesse de la langue anglaise ou de la culture japonaise ; où les « process » de communication fabriquent un « devenir autiste »... Un essai vif et critique, qui, à contre-courant de la dénonciation anti-moderne de l'individualisme, s'inquiète au contraire de la facilité avec laquelle nous acquiesçons à l'extension du domaine de la norme.Olivier Roy est politologue, spécialiste de l'islam, auteur de nombreux essais au Seuil, dont L'Islam mondialisé (2002 et « Points Essais », 2004), La Sainte Ignorance. Le temps de la religion sans culture (2008 et « Points Essais », 2012) et L'Europe est-elle chrétienne ? (2019). Il enseigne à l'Institut universitaire européen (IUE) de Florence.
"S'il existe parmi nous des hommes, des femmes, pour qui la vie et la mort ne sont pas ce qu'elles sont pour nous, des êtres à qui manque, si l'on veut, notre sens de la mort et de la vie, ou qui possèdent un autre sens, tout aussi peu définissable que le nôtre, sinon que là où nous ressentons menace, vertige, négation, ils sont aussi loin de nous qu'un arbre ou qu'une pierre, qu'adviendra-t-il à celui qui, n'étant pas entièrement comme ceux-là, ne peut ni les fuir s'il les rencontre, ni les rejoindre tout à fait dans leur tranquillité sans nom ?" Henri Thomas. Prix Femina
"S'il existe parmi nous des hommes, des femmes, pour qui la vie et la mort ne sont pas ce qu'elles sont pour nous, des êtres à qui manque, si l'on veut, notre sens de la mort et de la vie, ou qui possèdent un autre sens, tout aussi peu définissable que le nôtre, sinon que là où nous ressentons menace, vertige, négation, ils sont aussi loin de nous qu'un arbre ou qu'une pierre, qu'adviendra-t-il à celui qui, n'étant pas entièrement comme ceux-là, ne peut ni les fuir s'il les rencontre, ni les rejoindre tout à fait dans leur tranquillité sans nom ?" Henri Thomas. Prix Femina
Début des années 1980. Un jeune chercheur, rongé par l'ennui de la bien-pensante université, entreprend de rejoindre ce qui sera, demain, le coeur brûlant du monde, l'Asie centrale, ce carrefour des peuples, des cultes et des cultures. Mais aussi un tombeau des empires. Quelle route emprunter pour se rendre au Pakistan et, de là, en Afghanistan ? Sous quel prétexte se lancer sur les chemins de l'Orient ? Sur fond de chefs tribaux taiseux, de militants révolutionnaires exaltés, de savants disparus, d'espions désorientés, d'escrocs mystiques et de femmes dont la mélancolie redouble l'attrait, ce périple va prendre un tour initiatique. Olivier Roy exhume ici le roman de sa jeunesse qu'il avait gardé secret. On y lit comment la destinée d'un intellectuel majeur se conjugue avec les mutations de l'histoire. Surtout, on se prend à cheminer avec lui vers l'inconnu et l'aventure. Un superbe récit, envoûtant et enivrant. Politologue, agrégé de philosophie, directeur de recherches au CNRS et d'études à l'EHESS, Olivier Roy enseigne aujourd'hui à l'Institut universitaire européen de Florence. Spécialiste de l'islam, il est l'auteur d'une oeuvre originale, marquante et réputée sur le fait religieux, les fondamentalismes et les radicalités, dont récemment En quête de l'Orient perdu, Le Djihad et la Mort, L'Europe est-elle chrétienne ? et L'Aplatissement du monde.
Vous avez la phobie du lundi ? La routine vous pèse ? Vous vous demandez de plus en plus souvent si l'herbe ne serait pas plus verte dans une autre entreprise ? Si vous aspirez à trouver enfin ce si subtil et difficile équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ou tout simplement à être plus heureux et plus épanoui au travail, ce guide sans tabou est fait pour vous ! Rempli de conseils et d'outils essentiels, il va vous aider à : AIMER VOTRE TRAVAIL et à trouver les moyens d'en tirer le meilleur parti, afin de vous y épanouir pleinement. OU QUITTER VOTRE TRAVAIL et développer vos compétences, identifier les étapes à suivre, qu'il s'agisse de changer d'emploi, de démarrer une nouvelle carrière ou de devenir votre propre patron. Votre job, aimez-le ou quittez-le, parce que la vie est trop courte et que le bonheur au travail est à portée de main ! Spécialiste du développement personnel, Samantha Clarke est consultante pour les plus grands groupes anglo-saxons.
Depuis des années, le débat sur l'identité chrétienne de l'Europe va bon train. Olivier Roy prend la question de front : l'Europe est-elle chrétienne aujourd'hui, et comment ? Peut-elle le rester en adoptant des postures nostalgiques, autoritaires, identitaires ? De quel christianisme parlent donc ceux qui opposent, parfois de façon vindicative, les " valeurs chrétiennes " à deux vagues perçues comme également puissantes et menaçantes : une société très sécularisée et un islam conquérant, signes tangibles de l'effondrement en cours ? Quel sens, quels liens, quelle logique se repèrent dans la sarabande éclatée des réalités de l'héritage européen : christianisme, sécularisation, identité, culture, valeurs, normes, droit(s)... Au-delà du constat sans concession, le premier mérite de ce livre est d'éclairer notre condition d'Européens orphelins de leur passé chrétien. Lequel ne sera pas ranimé par des législations, mais, peut-être, par des prophètes. Olivier Roy, auteur de nombreux essais sur l'islam politique, prolonge ici la réflexion entamée avec La Sainte Ignorance. Le temps de la religion sans culture (2008 et " Points Essais ", 2012). Il enseigne à l'Institut universitaire européen (IUE) de Florence.
« La contre-révolution culturelle est en marche », annonce-t-on de toutes parts. De J. D. Vance à Éric Zemmour en passant par Giorgia Meloni et Geert Wilders, les populistes ont en effet entrepris de reconquérir l’espace culturel. Mais peuvent-ils y parvenir ? Leur conviction est que l’identité du peuple est menacée, et que pour la défendre, il ne suffit pas de voter des lois contre l’immigration : il faut restaurer sa culture contre un libéralisme qui culmine dans le « wokisme » et le multiculturalisme. Comment cependant restaurer la culture quand la globalisation et la virtualisation l’ont sapée ? Quand elle ne fait plus société ? La contre-révolution culturelle veut combler le vide laissé par le libéralisme. Les modèles anthropologiques qu’elle défend – individualisme hédoniste du bon vieux temps ou néoconservatisme chrétien – en sont-ils capables ? Et s’ils sont impuissants à renouer les liens sociaux, comment pourraient-ils gouverner ? Olivier Roy est politiste. Auteur de nombreux ouvrages sur l’islam politique qui l’ont fait largement connaître, il explore depuis La Sainte Ignorance (Seuil, 2008) les manifestations et conséquences de la déculturation.
« Au moins toi tu es un livre perpétuel ; on cause avec toi, on s’occupe de t’aimer ; on n’est pas rassasié comme des autres plaisirs. » Baudelaire a dix-sept ans quand il écrit cela à sa mère Caroline, qui en a quarante-quatre. Elle a épousé dix ans plus tôt Jacques Aupick, en étant alors enceinte de huit mois d’un enfant qui sera déclaré mort-né : réalité viscérale enfouie dans la violence imprécatoire de « Bénédiction », qui ouvre Les Fleurs du mal. Une autre mère a été « un livre perpétuel » pour un autre écrivain de génie : c’est Jeanne née Weil pour son fils Marcel Proust. Quand elle meurt, à cinquante-six ans, alors qu’il en a trente-quatre, il tâche de la retenir dans des « conversations avec maman », parues sous le titre de Contre Sainte-Beuve, où Baudelaire se trouve admirablement commenté. Ayant traduit Le Scénario Proust de Harold Pinter (Gallimard, 2003), Jean Pavans traite sous forme du script d’un film imaginaire les rapports passionnels de Charles et Caroline, tels qu’ils furent vécus en moments misérables et transmués en poèmes universels. En deuxième partie, Charles et Marcel est un essai considérant les ressemblances et dissemblances littéraires et morales de Baudelaire et Proust à la lueur de leurs relations avec leurs mères respectives. Connu pour ses traductions et adaptations de Henry James, dont notamment Les Papiers d’Aspern (Points/Signatures, 2018), Jean Pavans a récemment publié des traductions de Shelley et de Byron, et des essais : Le Musée intérieur de Henry James (Seuil, 2016), Le Christ selon Berlioz (Bayard, 2018), Proust, Vermeer, Rembrandt (Arléa, 2018).
Les musulmans français sont-ils en pleine régression par rapport à la promesse d'un " islam français " bien intégré qui s'annonçait dans les années 70 ? N'avons-nous plus que des " quartiers perdus de la République " ? Un grand connaisseur de l'islam politique dans le monde interroge une praticienne de terrain de confession musulmane, en colère contre les dérives et les travers de la politique de la ville. Naïma M'Faddel aborde sans tabou la réalité sociale, culturelle, urbaine et se prononce fermement pour une autre politique - une politique " républicaine " de la nation France ¿ dans les quartiers difficiles. Olivier Roy, dont la recherche sur l'islam mondialisé n'a jamais affaibli l'intérêt porté à l'islam vécu en France, est plus sensible aux pas déjà faits vers l'intégration, aux Français musulmans en voie de créer une vraie classe moyenne. L'arbre de l'islamisme et désormais celui des attentats sanglants cacheraient-ils la forêt des réussites ? Autour de ces questions s'engage un dialogue direct et franc, porté par la conviction ou l'espoir communs que " tout ça devrait faire d'excellents Français ". Naïma M'Faddel a effectué
De Khaled Kelkal en 1995 à l'attentat de Nice en 2016, pratiquement tous les terroristes se font exploser eux-mêmes ou tuer par la police, sans vraiment chercher à fuir et sans que leur mort soit nécessaire à la réalisation de leur action. Mohammed Merah reprendra la phrase attribuée à Oussama ben Laden et systématiquement reprise avec des variantes : " Nous aimons la mort, vous aimez la vie. " La mort du terroriste n'est pas une possibilité ou une conséquence malheureuse de son action, elle est au cœur de son projet. L'on retrouve cette même fascination pour la mort chez le djihadiste qui rejoint Daech : l'attentat-suicide est la finalité par excellence de son engagement. Et si c'était cela, le vrai danger ? Non pas les dégâts infligés, mais l'effet de terreur. Car la force de Daech est de jouer sur nos peurs. Et cette peur, c'est la peur de l'islam. Le seul impact stratégique des attentats est leur effet psychologique : ils ne touchent pas la capacité militaire des Occidentaux ; ils ne touchent l'économie qu'à la marge ; ils ne mettent en danger les institutions que dans la mesure où nous les remettons nous-mêmes en cause, avec le sempiternel débat sur le conflit entre sécurité et État de droit. La peur, c'est celle de l'implosion de nos propres sociétés. Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS, enseigne à l'Institut universitaire européen de Florence. Il a notamment publié, au Seuil, L'Islam mondialisé (2002), La Sainte Ignorance. Le temps de la religion sans culture (2008) et En quête de l'Orient perdu (2014).
Il ne s'agit pas ici de l'islam éternel et intemporel, jugé à l'aune de sa capacité à " penser le politique ", à s'intégrer dans les systèmes politiques modernes, à accepter la démocratie. Ce sont les mouvements islamistes contemporains qui sont en cause, et ce qu'ils disent, eux, de l'islam censé légitimer leur action. Comment justifient-ils leur activisme politique ? Quelles ruptures et quelles continuités par rapport à la tradition de l'islam politique peut-on lire dans leurs textes théoriques et leurs discours politiques multiples ? Comment fonctionnent effectivement les " modèles islamiques " déjà proposés (républiques " islamiques ", Iran, Afghanistan...) ? Quelles sont les raisons sociales de leur succès apparent ? Par rapport aux systèmes politiques modernes, ils prétendent à une " supériorité " : y a-t-il là plus qu'une rhétorique fondamentaliste ? En réalité, on ne saurait se dissimuler l'échec de l'islam politique – échec déjà inscrit dans les faits ou échec annoncé par la faiblesse intellectuelle de son projet, réfléchi et mis en œuvre par les intellectuels eux-mêmes en situation d'échec. Ce la ne signifia pas que des partis islamistes comme le FIS algérien ne peuvent accéder au pouvoir, mais que ces partis n'inventeront aucune société nouvelle. " Ce sera l'ordre moral après la révolution. Le modèle islamique est pour les riches l'Arabie Saoudite : la rente plus la chariat ; et pour les pauvres le Pakistan, le Soudan, et l'Algérie demain : le chômage plus la chariat. "
Après quelques mois à peine de sympathie, en 1978-1979, la révolution iranienne rassembla contre elle, dans l'opinion occidentale, une sorte de front uni de la répulsion et de la crainte. Depuis la mort de l'Imam Khomeini, les signaux que nous envoie la République islamique, d'apparence plus ambiguë, donnent lieu à des interprétations hésitantes : l'annonce d'une réforme décisive dans le sens de l'ouverture économique est suivie du rappel très officiel que Salman Rushdie est toujours condamné à mort... Qu'en est-il ? Loin des stéréotypes, ce livre nous montre de tout près une société iranienne en pleine mutation, un régime politique en proie à tous les aléas d'une lutte factionnelle féroce mais feutrée, et un État soucieux, après des années d'isolement, de reprendre la place qu'il a toujours ambitionnée dans une région dont il reste l'un des « poids lourds ».
« Du 11 septembre 2001 au 11 janvier 2015, Olivier Roy a scruté les ressorts politiques et sociologiques de l'islam mondialisé. À travers les tribunes et les entretiens percutants qu'il a donnés au Monde, le politologue éclaire d'un jour nouveau la peur de l'islam qui gagne les sociétés occidentales récusant tout aussi bien les arguments droitiers et dominants de l'essentialisme (les musulmans seraient, par essence, inassimilables) que le plaidoyer gauchiste du multiculturalisme (c'est l'islamophobie qui, seule, provoquerait la radicalisation d'une partie d'entre eux). Des printemps arabes au nihilisme générationnel des jeunes paumés de la mondialisation, de l'échec de l'islam politique à l'engagement de la France contre l'État islamique, Olivier Roy donne des clefs pour comprendre la question musulmane. Et lance des raisons d'espérer en une France capable d'accorder ses idéaux à la pluralité des mondes.» Nicolas TruongOlivier Roy est politologue, spécialiste de l'islam. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont En quête de l'Orient perdu (Seuil, 2014).Nicolas Truong est journaliste, responsable des pages Idées-Débats du Monde.
Olivier Roy s'est imposé comme un spécialiste mondial de l'islam politique. Mais l'acuité de son point de vue est-elle simplement due au savant travail d'un universitaire méditant les bouleversements géopolitiques dans la solitude de son cabinet ? Non : ce livre d'entretiens montre au contraire ce que ses analyses doivent à l'épreuve du terrain. De ses engagements étudiants pendant les " années de poudre " aux voyages répétés en Afghanistan avant et pendant la guerre des années 1980, en passant par la Turquie, l'Iran, le Pakistan ou le Yémen, jusqu'à ses fonctions " officielles " en Asie centrale et sa consécration scientifique, il revient sur un parcours surprenant, voire iconoclaste, conté avec talent et liberté. Mais au-delà d'un récit vivant et coloré, les événements deviennent prétextes à de multiples réflexions, inédites et stimulantes pour l'intelligence de notre situation actuelle. Le livre prolonge en effet la réflexion originale d'Olivier Roy sur ses objets de prédilection : l'islam politique bien sûr, mais aussi l'" invention des nations " postsoviétiques, le rapport du chercheur aux États qui le consultent et, plus largement, le devenir des cultures, des religions et de la laïcité dans les soubresauts de la mondialisation. Préface d'Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS, enseigne aujourd'hui à l'Institut universitaire européen de Florence. Il a notamment publié, au Seuil, L'Islam mondialisé (2002 ; " Points Essais ", 2004) et La Sainte Ignorance. Le temps de la religion sans culture (2008 ; " Points Essais ", 2012).
Le Moyen-Orient n'est pas le théâtre simpliste du choc des civilisations. On ne peut vouloir faire en même temps la guerre à al-Qaida, aux talibans, au Hezbollah, au Hamas, à la Syrie et à l'Iran en pensant qu'il s'agit du même ennemi.
Ilium, c'est Troie. Troie, c'est la guerre chantée par Homère dans l'Iliade. Mais le mont Olympe est situé sur Mars et les dieux qui l'habitent, conformes à l'imagerie antique, abusent des facilités quantiques en guise de pouvoirs surhumains. Quasiment immortels, ils se déplacent à travers le temps et l'espace. Leur spectacle favori, voire obsessionnel, demeure cette guerre qui se déroule sur Terre et dont aucun d'eux ne connaît l'issue. Aucun sauf Zeus, évidemment. Pour vérifier la conformité de la guerre réelle avec ce qu'en a conté Homère, les scholiastes, des érudits pêchés à différents moments de l'histoire, sont dotés de pouvoirs secondaires non négligeables, ainsi celui d'emprunter l'identité d'un Grec ou d'un Troyen le temps de leur observation. Hockenberry est l'un de ces scholiastes, ressuscité, extrait du XXe siècle et enrôlé contre son gré par Aphrodite en personne pour une mission secrète : faire triompher les Troyens, assassiner Athéné. Pour leur part, les Moravecs, Intelligences Artificielles, qui vivent autour des planètes extérieures, commencent à s'inquiéter de la débauche de manipulations quantiques qui a pour source Mars. Elle menace le système solaire et peut-être l'univers tout entier. Ophu d'Io et Mahnmut sont envoyés y voir ce qu'il s'y passe. L'un ne jure que par Shakespeare, l'autre que par Proust. Et sur Mars, de petits hommes verts érigent sans fin des statues géantes dans le style de celles de l'île de Pâques. Tandis que sur terre, les Derniers Hommes, au nombre exact de un million, jouent les sybarites décadents.Dan Simmons, l'auteur du Cycle d'Hypérion, a transposé dans le grandiose avenir avec génie, humour, culture et rigueur, la fameuse Iliade. La Guerre de Troie, comme si vous y étiez. Vue de demain.
Aux yeux de l'opinion occidentale, l'islam renvoie souvent une image de solidité, d'identité et de dynamisme, et il est possible que les islamistes eux-mêmes partagent cette vision des choses quand ils se félicitent de la réislamisation des sociétés et des individus musulmans. C'est pourtant cette perspective qu'Olivier Roy met radicalement en question. Qu'il s'agisse de formes violentes ou modérées de réislamisation, toujours l'Occident, avec la globalisation, avec l'individualisme, est au cœur du processus. La propagande sur Internet comme l'action politique et terroriste participent de modèles d'action et de militance typiquement occidentaux. Les ingrédients des nouvelles religiosités occidentales sont omniprésents, fussent à l'insu des acteurs islamistes : épanouissement des individus, bricolage des doctrines et des comportements sur fond d'inculture, attitudes sectaires. Loin d'exprimer le "choc des cultures", les tensions liées aujourd'hui à l'islam sont le syndrome de son occidentalisation mal vécue et des crises en cascades qu'il provoque.
Les traumatismes du nationalisme arabe - Pour comprendre la situation complexe du Moyen Orient aujourd'hui il faut revenir à l'histoire et aux traumatismes successifs du nationalisme arabe qu'ont été le colonialisme européen, les défaites successives contre l'État d'Israël et plus récemment l'invasion américaine de l'Irak. L'islamisme radical relais du nationalisme - Cet enregistrement offre le recul et les clés pour déchiffrer le présent et comprendre l'émergence de l'islamisme religieux supranational et radical d'aujourd'hui qui a en grande partie pris le relais du nationalisme arabe laïc.Des équilibres complexes et instables. Il permet également de comprendre les rôles des différents acteurs dans une région où les équilibres ethniques, religieux, politiques et stratégiques, récemment bouleversés par la guerre en Irak, évoluent très rapidement.
On va fêter, en 2005, le centenaire des lois sur la laïcité. Or il se trouve que la présence en France d'une forte minorité de religion musulmane remet au coeur de la discussion publique des problèmes qui évoquent ceux qui s'étaient posés il y a un siècle, au moment de l'affrontement de l'État républicain et de l'Église catholique. Les mêmes problèmes ? La laïcité est une spécificité très française, incompréhensible tant en Grande-Bretagne, où douanières et policières peuvent porter le voile, qu'aux États-Unis, où aucun président ne peut être élu sans parler de Dieu. Parallèlement, quand on parle de l'islam, de quoi parle-t-on ? Du dogme ? Mais il fait l'objet de débats et d'interprétations variées parmi les musulmans eux-mêmes. L'islam a quitté le Moyen-Orient et c'est d'ailleurs pour cela que la question de ses rapports avec la laïcité à la française se pose. Le propos de cet essai est de déplacer ces questions du domaine théologique et culturel vers le domaine politique. Car la question de la laïcité est d'abord politique. Ce sont un contexte et des démarches politiques qui amènent les instances musulmanes à s'intégrer dans la laïcité. L'acceptation du pouvoir séculier et la reconnaissance de l'autonomie du religieux ne viennent pas de débats théologiques, mais bien de décisions politiques. L'islam est ainsi transformé d'une part par un processus de sécularisation de la société (dont la ré-islamisation ambiante est paradoxalement l'une des manifestations, car on ne re-islamise que ce qui est sécularisé), et d'autre part par une intégration politique qui se négocie, comme l'illustre la construction du Conseil français du culte musulman. Ainsi, dans chaque pays occidental, l'islam s'intègre non pas selon ses propres traditions mais selon la place que chaque société a défini pour le religieux, de la bienveillance anglo-saxonne à la suspicion gauloise.
Les tensions entre Islam et Occident. Pour comprendre les tensions et les questions qui se posent aujourd'hui entre un Occident à la fois triomphant et fragile et un monde musulman qui se sent en minorité, que faut-il savoir de l'islam ? C'est en vain que l'on cherche dans le Coran ou la Tradition du Prophète la clé des problèmes actuels. Car cet ensemble a toujours fait l'objet d'interprétations et de débats.L'histoire des relations entre monde musulman et Occident. L'histoire nous montre un monde musulman diversifié, complexe et s'adaptant à des cultures très différentes. Dans le conflit comme dans la paix, le monde musulman de l'époque classique s'est érigé en symétrie et en miroir d'une Europe chrétienne. Mais aujourd'hui les deux mondes s'interpénètrent : le colonialisme hier et l'immigration aujourd'hui ont fait que l'occident est en Islam et que l'Islam est passé à l'Ouest.Une interpénétration croissante. Dans les débats houleux sur la démocratie, la laïcité ou le statut de la femme, deux cultures ne s'opposent pas, mais se recomposent chacune dans des formes de religiosité qui leur sont communes et qui vont du libéralisme au fondamentalisme.