Nicolas Diat
Nicolas Diat
« Dans l'Église, tout procède de Dieu : son projet, son initiative, son accomplissement. L'homme est appelé à entrer dans cette vie divine, à vivre de Dieu, par Dieu et pour Dieu. Dès lors, comment comprendre que, dans l'Église des débuts de l'année 2025, le discours dominant semblât porter exclusivement sur le climat, l'écologie, les migrations, le dialogue culturel ? Tous ces thèmes, certes importants dans l'ordre temporel, deviennent problématiques lorsqu'ils écartent ou relèguent la centralité de Dieu. » « Il est urgent de rendre à la liturgie sa vérité : qu'elle soit de nouveau la célébration du mystère chrétien et redevienne le lieu où Dieu est premier. Trop souvent, aujourd'hui, la liturgie est un spectacle, une scène d'agitation profane, un lieu d'expressions culturelles désordonnées. Elle est envahie de cris, de caméras, d'applaudissements, de téléphones. Elle bavarde, bruit, et fuit le silence. Mais Dieu parle dans le silence. » « Dans cet univers "déthéologisé", l'homme a pris la place vacante de Dieu, et souvent sans avoir à le combattre : Dieu, déjà mort ou oublié, ne faisait plus obstacle. Ce phénomène revêt les traits inquiétants du mythe prométhéen. De même que Prométhée déroba le feu céleste pour le remettre à l'humanité, l'homme moderne s'est emparé de la place divine, persuadé de s'en rendre maître, de se libérer d'un joug ancestral. » « Et la société s'abîme dans une spirale de violence, de mensonge, d'égoïsme, de sang. Les guerres qui ravagent l'Ukraine, la Palestine, l'Irak, la Syrie, la Libye, le Soudan, la république démocratique du Congo sont les fruits amers de cet orgueil planétaire. Depuis la chute originelle, la créature humaine n'a cessé de se révolter contre son Créateur, mettant son orgueil à l'endroit même où elle devrait reconnaître sa dépendance. Dans cette révolte, il n'y a que ténèbres et malheur. Et pourtant, le monde postmoderne s'obstine dans sa déchéance, préférant l'indépendance infernale à l'abandon confiant à l'amour de Dieu. »
« Augustin est un jeune homme d'une très vive sensibilité, riche d'un tempérament intensément chaleureux. Il se sait doté d'une intelligence hors du commun, d'une mémoire prodigieuse, capable de retenir et d'organiser une masse considérable de connaissances. Il est attiré par la beauté, la lumière, et tout ce qui exalte les sens et l'esprit. Sa personnalité est à la fois hypersensible, cordiale, généreuse, marquée d'un grand sens de l'amitié. Il a le goût d'entraîner les autres. Dans les Confessions, on le voit au centre de petits cercles d'amis qu'il fascine et entraîne, souvent dans la faute. Il a le sens de l'autorité, ce qu'on appellerait aujourd'hui une forme de charisme. » Père Emmanuel-Marie « Et c'est sans doute ce qui le rend si proche de nous. Nous vivons pareillement dans un monde brillant et fragile, saturé de paroles et de contradictions. Augustin n'est pas un sage retiré dans le calme d'une colline grecque mais un homme traversé par le tumulte, blessé, passionné, inquiet ; il a connu la chute, l'orgueil, l'amour, la déception, et un jour, au coeur de ce désordre, a entendu la voix de Dieu. Ses Confessions ont parfois le ton des confidences entre frères d'armes qui lèvent un instant le voile de pudeur et d'orgueil sur leurs coeurs blessés pour révéler la vérité de leur âme. Avant d'être un docteur de l'Église, il est un homme vivant. Ainsi, il nous parle encore. » Père Michel « Augustin regarde le monde tel qu'il est : mêlé, fragile, traversé par des amours contraires. Il refuse de sacraliser les puissances terrestres, mais il ne méprise rien de ce qui est humain. Il apprend à user du monde sans s'y perdre, à aimer la paix sans en faire une idole, à recueillir la beauté dispersée dans les choses pour la rapporter à sa source. Sa pensée ouvre ainsi un espace où la foi ne détruit pas la culture, mais la purifie ; où la raison ne se ferme pas devant le mystère, mais s'incline devant lui avec confiance. » Nicolas Diat
Il est un art - l'art d'aller droit à Dieu. Pour cela, il faut faire taire le bavardage intérieur, cette rumeur continue où je me parle à moi-même, où je rumine mes peurs, mes désirs, mes blessures. Ce silence intérieur est bien plus exigeant que l'absence de parole extérieure. Il ne peut se maintenir que s'il est habité. Non par moi-même, mais par la mémoire de Dieu - memoria Dei. C'est elle qui transforme le silence en présence. Pour que le moine soit vraiment tourné vers Dieu, il faut qu'il pratique cette extase qui est une sortie de soi-même. Le moyen par lequel nous restons enfermés en nous-mêmes est le bavardage intérieur. La récitation sans cesse de mes pensées, de mes inquiétudes, de mes erreurs, de mes rêves ou de mes blessures. Il faut s'exercer à faire taire ces voix, et accepter la vulnérabilité à la présence d'un Autre. C'est pourquoi saint Bernard écrit : « Pourquoi tant vous hâter ? Pourquoi ne pas attendre la lumière ? Pourquoi entreprenez-vous des oeuvres de lumière avant que la lumière paraisse ? » Il y a une hiérarchie dans les oeuvres. Sans Dieu, elles sont nécessairement stériles. Son avertissement est d'une rare lucidité. L'homme religieux, le moine, le prêtre, le croyant professionnel, est tenté de faire - de prouver son utilité, de produire, de rayonner. Mais les oeuvres de lumière doivent venir de la lumière. Il faut attendre le tempus opportunum, le moment favorable, la visitation de Dieu. Tant que la nuée ne bouge pas, Israël ne marche pas. C'est là l'art d'attendre, de discerner, de renoncer à l'activisme spirituel. Agir sans lumière, c'est risquer de s'égarer, voire de se faire l'agent d'une lumière feinte - d'un éclat luciférien. Le moine, lui, attend que l'étoile de l'aurore se lève en son coeur. Il y a toujours un mystère ineffable de la patience de Dieu. Il s'agit d'être attentif aux signes de la Providence pour ne pas les anticiper
« Quel sens y a-t-il à voyager aujourd'hui au sein des monastères coptes ? Ces lieux dont les premiers murs furent érigés au IVe siècle sont l'héritage incessible d'Antoine, de Pacôme, de Macaire, des premiers ermites et de la longue tradition monastique égyptienne. » « Chaque jour, les moines demandent à saint Antoine d'intercéder pour eux ; dans leurs larges habits noirs, ces hommes manifestent sans ostentation l'abandon contemplatif de réalités séculières. » « Ils portent des coiffes - deux pièces de tissu assemblées par une couture - sur lesquelles sont brodées douze croix qui symbolisent les apôtres, une treizième faisant référence au Christ. » « J'ai commencé mon "Grand Tour" copte par deux monastères près de la mer Rouge. Deir Mar Antonios est le lieu de la première onction. Chacun sait qu'il pérégrine sur une terre où la vie chrétienne aurait pu prendre un autre visage si Antoine n'avait pas fondé dans une grotte sa première communauté. Deir Mar Boulos, dans les montagnes, est plus aride. Dans ces murs jaune et or, les moines sont les héritiers de Paul l'Anachorète. » « Mon premier privilège fut de passer les portes de Deir Abu Makar. Dans le monastère refondé par le père Matta el-Maskîne, j'ai dialogué avec son fils spirituel, le père Wadid. Je n'oublierai jamais cet homme courbé, plein de souvenirs lavés par la sagesse. Ses mots venaient du ciel. Ai-je un jour rencontré un homme qui savait si bien la valeur du silence ? » Nicolas Diat est écrivain et éditeur. Il est l'auteur d'un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L'homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014 ; Pluriel, 2018), d'Un temps pour mourir (Fayard, 2018 ; Pluriel, 2019 ; Prix du cardinal Lustiger, Grand Prix de l'Académie française), du Grand Bonheur (Fayard, 2020 ; Pluriel, 2022) et de Ce qui manque à un clochard (Robert Laffont, 2021 ; Pocket, 2023 ; Prix Georges Brassens). Il a coécrit, avec le cardinal Robert Sarah, Dieu ou rien (Fayard, 2015 ; Pluriel, 2016), La Force du silence (Fayard, 2016 ; Pluriel, 2017 ; Prix Spiritualités du Centre méditerranéen de littérature) et Le soir approche et déjà le jour baisse (Fayard, 2019 ; Pluriel, 2020), ainsi que, avec le cardinal François Bustillo et Mgr Edgar Peña Parra, Le coeur ne se divise pas (Fayard, 2023 ; Pluriel, 2025). Ses livres, qui ont été des succès de librairie, ont reçu un accueil critique formidable et sont traduits dans de nombreux pays.
Préface du Pape François Au Saint-Siège, Mgr Edgar Peña Parra est substitut de la Secrétairerie d'État. En Corse, Mgr François Bustillo est évêque d'Ajaccio. Il a été nommé cardinal par le pape François le 9 juillet 2023. Le premier, nonce apostolique, né au Venezuela, a voyagé sur tous les continents pour représenter le pape. Le second, religieux franciscain conventuel, ancien supérieur du couvent de Lourdes, a vu le jour en Espagne. Avant ces conversations, ils ne se connaissaient pas. Pourtant, malgré des vies souvent opposées, ils partagent une vision étonnamment proche de l'avenir de l'Église, de la foi et de son enseignement. « La vie intérieure exige le silence. Si on vit à l'extérieur de soi-même, en recherche perpétuelle d'honneurs mondains, on court le risque de mener une vie superficielle et gestionnaire. Il arrive d'être assez facilement connecté techniquement au monde extérieur et, dans un mouvement paradoxal et déroutant, d'être complètement déconnecté de notre propre vie intérieure » Mgr François Bustillo. « Les évêques sont les successeurs des apôtres. Le service que nous rendons à l'Église dépend de la prière et de l'amitié que nous avons avec le Seigneur. Le premier devoir de l'évêque, c'est de se nourrir de la prière. C'est sa raison d'être, comme pour tout chrétien. Voilà la source de tout ce que nous pouvons faire pour l'Église et pour le monde » Mgr Edgar Peña Parra. Le coeur ne se divise pas est le premier tome d'une série d'entretiens menés par Nicolas Diat sur l'unité de l'Église.
« Venez, et voyez Fontgombault. Oh, il ne se passera rien de spectaculaire. Mais nos coeurs se réchaufferont. Une petite grâce mystérieuse soufflera. Nous regarderons la lumière traverser l'abbatiale, les arbres des vergers danser dans le vent, les moines marcher au loin, vers les coteaux. Les notes grégoriennes s'élèveront dans les hauteurs mystiques. Nous serons des enfants subjugués par les processions splendides. Nous resterons silencieux. Et nous verrons le beau, le merveilleux, le doux sourire des moines. » C'est par ces mots que Nicolas Diat ouvre Le Grand Bonheur. Ce livre est une invitation à la joie, une invitation à nous faire découvrir la vie des moines pour nous aider à comprendre la paix qui les habite. Nous pénétrons dans un monde intemporel, une cité interdite, une société idéale. Pendant une année, nous suivons les bénédictins d'un monastère perdu du Bas-Berry, de la ferme au réfectoire, des ateliers d'art aux salles de classe, de l'infirmerie à l'hôtellerie, de l'imprimerie à la bibliothèque, de l'église au cloître, de la sacristie au scriptorium. Ces existences confinées, que l'on pourrait imaginer monotones, sont en réalité extraordinairement riches. Transportés à Fontgombault par la plume évocatrice et délicate de Nicolas Diat, nous ne serons plus tout à fait les mêmes en refermant ce livre, et les portes de l'abbaye. Nicolas Diat est écrivain et éditeur. Il est l'auteur d'un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L'Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014 ; Pluriel, 2018), d'Un temps pour mourir (Fayard, 2018 ; Pluriel, 2019 ; Prix du cardinal Lustiger, Grand Prix de l'Académie française), et co-auteur, avec le cardinal Robert Sarah, de Dieu ou rien (Fayard, 2015 ; Pluriel, 2016), La Force du silence (Fayard, 2016 ; Pluriel, 2017 ; Prix Spiritualités d'aujourd'hui du Centre méditerranéen de littérature) et Le soir approche et déjà le jour baisse (Fayard, 2019 ; Pluriel, 2020). Ses livres, qui ont été des succès de librairie, ont reçu un accueil critique formidable et sont traduits dans de nombreux pays.
Né dans la brousse africaine au sein d'une famille coniagui qui ne possédait qu'une modeste case de briques, il a quitté son village à onze ans afin d'entrer au petit séminaire, avec pour seul trésor une valise confectionnée par son père. Après avoir été ordonné prêtre dans un pays miné par l'une des dictatures les plus sanguinaires d'Afrique, il est devenu, à trente-trois ans, le plus jeune archevêque du monde, et a lutté avec une énergie formidable pour la liberté de son peuple.Sa vie est construite sur le roc de la foi, le combat pour la vérité de Dieu, l'humilité, la simplicité et le courage. Cet homme profondément spirituel se nomme Robert Sarah. Jean-Paul II l'a appelé à Rome en 2001, Benoît XVI l'a créé cardinal en 2010, et François en a fait l'un de ses plus proches collaborateurs en le nommant à la tête de la prestigieuse Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. La vie entière du cardinal est une sorte de miracle, une succession de moments qui semblent impossibles sans l'intervention du Ciel. Au fil d'un entretien exclusif, le cardinal, réputé pour sa liberté de parole, livre ses réflexions sur l'Église, les papes, Rome, le monde moderne, l'Afrique, l'Occident, la morale, la vérité, le mal, et Dieu, toujours.Le cardinal Robert Sarah, né en Guinée en 1945, est un des plus proches collaborateurs du pape François.Spécialiste reconnu des arcanes du Vatican et de l'Église, écrivain, Nicolas Diat est l'auteur d'un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L'Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014).
« À la racine de l'effondrement de l'Occident, il y a une crise culturelle et identitaire. L'Occident ne sait plus qui il est, parce qu'il ne sait plus et ne veut pas savoir qui l'a façonné, qui l'a constitué, tel qu'il a été et tel qu'il est. De nombreux pays ignorent aujourd'hui leur histoire. Cette autoasphyxie conduit naturellement à une décadence qui ouvre la voie à de nouvelles civilisations barbares. » Cette affirmation du cardinal Robert Sarah résume le propos de son troisième livre d'entretiens avec Nicolas Diat. Son constat est simple : notre monde est au bord du gouffre. Crise de la foi et de l'Église, déclin de l'Occident, trahison de ses élites, relativisme moral, mondialisme sans limite, capitalisme débridé, nouvelles idéologies, épuisement politique, dérives d'un totalitarisme islamiste... Le temps est venu d'un diagnostic sans concession. Il ne s'agit pas seulement d'analyser le grand retournement de notre monde : tout en faisant prendre conscience de la gravité de la crise traversée, le cardinal démontre qu'il est possible d'éviter l'enfer d'un monde sans Dieu, d'un monde sans homme, d'un monde sans espérance. Dans cette réflexion ambitieuse, le cardinal Robert Sarah se penche sans exclusive sur les crises du monde contemporain en livrant une importante leçon spirituelle : l'homme doit faire du chemin de sa vie l'expérience d'une élévation de l'âme, et ainsi quitter cette vie en créature plus élevée qu'il n'y était entré. Le cardinal Robert Sarah est une figure majeure du monde catholique d'aujourd'hui. Écrivain et spécialiste reconnu de l'Église catholique, Nicolas Diat est l'auteur d'un ouvrage de référence sur Benoît XVI, L'Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014 ; Pluriel, 2018), et d'Un temps pour mourir. Derniers jours de la vie des moines (Fayard, 2018 ; Pluriel, 2019. Prix du cardinal Lustiger, grand prix de l'Académie française). Le cardinal Robert Sarah et Nicolas Diat ont publié ensemble Dieu ou rien. Entretien sur la foi( Fayard, 2015 ; Pluriel, 2016) et La Force du silence (Fayard, 2016 ; Pluriel, 2017).
Lauréat du Prix Brassens 2021Rentrée Littéraire 2021" Dans la verte campagne berrichonne, l'homme le plus différent qui soit est apparu ; il sortait des marais telle une étrange apparition. Jamais cette terre n'avait donné naissance à un enfant aussi bizarre. Il fallait bien que l'anormal advienne un jour. " Marcel Bascoulard a vraiment existé. Ce mendiant, séparé de sa famille, vivait dans des masures et vendait ses toiles au prix qu'on lui offrait. Il est né en 1913 et a été assassiné en 1978. Dessinateur de génie, travesti, poète et photographe, il a choisi pour soeurs d'existence solitude et pauvreté. Les extases n'étaient pas loin pourtant. Dans ces Mémoires romancés, tout imprégnés d'une douce mélancolie, la prose avoisine souvent la poésie, retournant la misère en gloire. Retrouvez toute la Rentrée Littéraire Robert Laffont ici : http://rentreelitteraire.robertlaffont.com/Lauréat du Prix Brassens 2021
Comment mourir ? Comment répondre à nos peurs ? Derrière les murs des monastères, les hommes de Dieu passent leur existence à préparer le grand passage. Peuvent-ils nous aider à comprendre la souffrance, la maladie, la peine et la solitude des derniers instants ? De Cîteaux à Lagrasse, de la Grande-Chartreuse à Solesmes, Nicolas Diat a recueilli les confidences de moines sur la fin de leurs vies. Au fil d'entretiens exceptionnels menés dans huit monastères, au plus près des « fils du silence », nous comprenons que leurs morts ne se ressemblent pas : il y en a de simples, d'heureuses, de belles et de lumineuses, des agonies lentes ou douloureuses. L'auteur raconte le calvaire d'un jeune religieux atteint d'un mal fulgurant, ou d'un chanoine dévasté par sa bataille contre la leucémie, fait le portrait d'un frère dépressif qui a mis fin à ses jours, décrit les morts douces et angéliques des ermites. Si chaque expérience est singulière, les douleurs des moines, en revanche, nous sont familières : ce sont celles de tous les hommes. Porté par une écriture délicate, l'ouvrage de Nicolas Diat aborde avec grâce et sensibilité la question de la mort, en ouvrant les portes des abbayes.
Dans une époque de plus en plus bruyante, alors que la technique et les biens matériels ne cessent d'étendre leur emprise, c'est certainement une gageure que de vouloir écrire un livre consacré au silence. Pourtant, le monde émet tant de bruits que la recherche de quelques gouttes de silence n'en devient que plus nécessaire. Pour le cardinal Robert Sarah, à force de repousser le divin, l'homme moderne se retrouve dans un grand silence, une épreuve angoissante et oppressante. Le cardinal veut rappeler que la vie est une relation silencieuse entre le plus intime de l'homme et Dieu. Le silence est indispensable pour l'écoute de la musique de Dieu : la prière naît du silence et y revient sans cesse plus profondément. Dans cet entretien avec Nicolas Diat, le cardinal s'interroge : les hommes qui ne connaissent pas le silence peuvent-ils jamais atteindre la vérité, la beauté et l'amour ? La réponse est sans appel : tout ce qui est grand et créateur est formé de silence. Dieu est silence. Après le succès international de Dieu ou rien, traduit dans quatorze langues, le cardinal Robert Sarah entreprend de redonner au silence ses lettres de noblesse. LE TEXTE EST SUIVI D'UN ENTRETIEN EXCEPTIONNEL AVEC DOM DYSMAS DE LASSUS, PRIEUR À LA GRANDE CHARTREUSE ET MINISTRE GÉNÉRAL DE L'ORDRE DES CHARTREUX Né en juin 1945, le cardinal Robert Sarah est une des figures les plus importantes du monde catholique d'aujourd'hui - il est le numéro trois du Vatican. Spécialiste reconnu de l'Église, écrivain, Nicolas Diat est l'auteur d'un livre de référence sur le pontificat de Benoît XVI, L'Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel, 2014). Le cardinal Robert Sarah et Nicolas Diat ont publié chez Fayard en 2015 un premier livre, Dieu ou rien. Entretien sur la foi. Né en mars 1956, dom Dysmas de Lassus est prieur au monastère de la Grande Chartreuse, et ministre général de l'ordre des Chartreux, fondé par saint Bruno en 1084. Entré à la Grande Chartreuse à l'âge de vingt ans, il en fut maître des novices pendant de nombreuses années. Selon la tradition, le prieur ne sort jamais du désert de la Chartreuse.
Quand Joseph Ratzinger devient le 265e souverain pontife de l'Église catholique, la foule qui se presse devant la basilique Saint-Pierre est bien loin d'imaginer que cet homme élu par les cardinaux ne voulait pas être pape. Benoît XVI pressent que son règne ne sera pas facile et que les loups guettent, prêts à la moindre faiblesse pour le faire trébucher. Dans ce système monarchique de droit divin, cet intellectuel lutte pour purifier l'Église, parler de Dieu, redonner un sens au rapport entre la foi et la raison. Très vite, le pontificat est rattrapé par les lois secrètes de la Curie, gouvernement unique par ses codes, ses coutumes, ses grandeurs et ses rigidités. Cette véritable tour de contrôle est alors tenue d'une poigne de fer par le cardinal Bertone dont le pouvoir sera mis à rude épreuve par l'affaire Vatileaks. Après la renonciation historique de Benoît XVI et l'élection du jésuite Bergoglio, l'Église semble entrer dans une nouvelle ère. Réforme spirituelle, effet de mode ou véritable rupture ? Grand spécialiste des arcanes du Vatican, Nicolas Diat répond à cette question et à bien d'autres dans ce document fascinant qui nous plonge dans les coulisses et les secrets du Saint-Siège.