Netonon Noël Ndjekery
Netonon Noël Ndjekery
Dans une forêt primordiale où les rêves sont fabriqués comme des armes de liberté, La fabrique du merveilleux mêle fable politique et enchantement pur.
Et si on pouvait enregistrer et revivre ses rêves à l’infini ? Bertrand Nef, étudiant à l’EPFL, croit tenir l’invention du siècle avec son attrape-rêves électronique.
L'auteur tchadien Nétonon Noël Ndjékéry déplore depuis longtemps une zone grise dans l'histoire africaine : peu de travaux de recherche, et encore moins d'oeuvres littéraires, abordent la difficile thématique de l'esclavage transsaharien. Il lui faudra des années, en parallèle à ses autres travaux littéraires, pour aboutir à la rédaction d'Il n'y a pas d'arc-en-ciel au Paradis. Des chasses aux esclaves pratiquées par des sultanats sahéliens jusqu'à l'émergence de Boko Haram, de la colonisation française à l'enrôlement des tirailleurs jusqu'aux « Indépendances », Nétonon Noël Ndékéry nous confronte aux horreurs des traites négrières orientales dont les survivances crèvent encore régulièrement l'actualité. Il dresse ainsi le tableau de près de deux siècles de privation de liberté et d'exploitation humaine dans la région de l'actuel Tchad.
Les nouvelles qui composent ce recueil sont initialement parues en 2014 aux éditions la Cheminante. Dans cette réedition, l'art de la narration, de la satire politique et du « pleurer rire » de l'auteur suisse et tchadien Nétonon Noël Ndjékéry se tissent habillement à travers cinq récits des déboirs et des infamies politiques, ainsi que des horreurs des crises humanitaires dans la région du Sahel. En cinq tableaux, Nétonon Noël Ndjékéry nous immerge dans les vécus des impotents et des puissants, de ceux et celles que le pouvoir écartent ou rendent orgueilleux, des infortunés qui se vident des famines endémiques, se révoltent silencieusement, ou attendent leur heure, ou leur minute de gloire et de trépas. Sous ce titre énigmatique de la Minute mongole ce recueil confirme le talent manifeste de son auteur à entrelacer les différents tableaux entre eux dans un frisson d'horreur. Il dresse ainsi une critique acerbe d'une région qui se présente comme un « laboratoire à ciel ouvert du Diable » entre les guerres civiles, les jeux d'influence des Ministères, les abus des brigades armées, les sécheresses et les famines. Au milieu de ces drames, des hommes et des femmes l'expérimentent du fond de leurs corps, de leurs entrailles. Ils et elles paient le prix fort des incapacités à sortir de logiques claniques et d'allégences, de captation des solidarités, et d'oeuvrer pour un bien commun même quand les occasions en sont fournies.