Nelly Augusseau
Nelly Augusseau
« Votre essai porte sur une thématique peu abordée dans notre société et très intéressante », comment mieux résumer l'avis du Comité de lecture de la maison d'édition ? Le tabou des hommes violés rajoute du drame au traumatisme et péjore des vies, comme toute violence sexuelle subie et non traitée. Ce petit essai se teinte de cas cliniques livrés simplement, sans l'analyse psychologique complète. Ils viennent se livrer, s'écrire, se montrer dans leur réalité, et c'est un énorme pas en avant dans l'histoire de vie de ces hommes.
Elle se sentait très lourde. Son corps était une masse. Il semblait s'enfoncer dans le lit, être attiré vers le bas. Tout était noir. Tout à coup des faisceaux de lumière, trois ou quatre, même plus, elle ne savait pas, apparurent dans la chambre obscure. Elle était bien, si bien. Son enveloppe physique, elle la sentait comme une carapace. Elle se voyait à l `intérieur de cette carapace, ce même corps. Cette lumière l'attirait. Une irrésistible envie d'aller vers elle. Elle pensa à la mort ; cela correspondait aux descriptions entendues au moment où l'on quitte la vie. Pourtant, elle était bien vivante. Sans maladie. En haut à droite, au bout d'un faisceau, des gens lui disaient de venir, ils lui tendaient la main. Et elle étira le bras.
Arletty fut beaucoup critiquée, mais elle était une simple femme. Qui peut et surtout qui veut connaître Léonie ? N'est-il pas l'heure de relire ensemble la vie intense, tumultueuse et courageuse de cette femme ignorée du grand public ? Ce livre ne raconte pas Arletty, l'artiste, il rencontre Léonie Bathiat, la femme. Il étonne, questionne...
Faire le deuil, est-ce fermer les portes de la généalogie ou les ouvrir ? Est-ce perdre quelqu'un ou le voir devenir éternel, impermanent et malgré tout, toujours présent ? - Vous venez pour un deuil ? - Oui et non - Comment cela ? - Je n'ai pas de deuil à faire, je n'ai pas perdu mon père, mais je l'ai perdu. Il est toujours là mais il n'est plus là. - Comment cela ? - Il est mort et je ne suis plus rien sans lui, mais il n'est pas rien car il est toujours là. - Comment cela ? - Je ne crois pas en la mort, d'ailleurs ce n'est pas une question de croyance. Je vous dis qu'il est là, tous les jours avec moi.
Janissaires, gardiens de la Grande Porte. Quand Paine vit ce mot apparaître, longtemps, elle ne comprit pas pourquoi. Jusqu'au jour où il se révéla gardien des sens, de l'essence, de la lumière.
Si la santé sexuelle est un facteur d'épanouissement, voire de longévité, la violence sexuelle en est son opposé. La violence sexuelle en institution est taboue et pourtant, elle existe. Elle est même quasi quotidienne et complexifie la vie de tous : soignés, soignants, entourage...
Une chienne est une femme formée à enquêter. Son flair excelle. Elle évalue, elle chasse, elle patiente, elle prédate. Elle obéit avant tout. Elle est une tueuse, sociale, psychologique, et s'il le faut, physique. Elle peut aussi protéger. Alors, elle se fait louve. Une chienne a-t-elle droit à l'amour ?
Voici quelques nouvelles qui auront peut-être le mérite de vous distraire.
Cet ouvrage est avant tout un hommage aux gens du passé. Il est le fruit laborieux et posthume d'une recherche prosopographique de plusieurs quêteurs qui cherchaient à combler des vides d'un roman familial très bien construit. Il creuse dans les blancs des histoires de chacun et retisse, ou plutôt, raconte les vies de proches qui ont accompagné nos enfances, nos vies, sans que nous sachions qui ils étaient au regard de la société. Ils étaient eux, des gens simples, bienveillants, aimants et exceptionnels. Ainsi, Mireille fut une amie plus que fiable pour nombre de célébrités, ainsi Léonie fut une amie plus que fiable pour nombre de célébrités. L'une dans l'ombre, l'autre en lumière, elles se cotoyèrent, s'apprécièrent, s'entraidèrent. Batchelder et Bathiat, une autre histoire... Peut-on fermer les portes d'une recherche généalogique qui n'aboutit pas ? Peut-on laisser les proches dans le passé et ouvrir son propre chemin, libre de la ligature généalogique ?
Leucate, dans l'Aude, espace balnéaire. Mazie, petite londonienne, débile mentale, tombe amoureuse, secrètement et disparaît. On retrouvera la fenêtre de sa chambre ouverte... Xavier la cherchera, malgré lui au début, et grâce à elle, finalement.
Cyléon, c'est l'histoire de deux personnes qui s'aiment malgré les autres, et aussi malgré eux. Cyle et Léon. Défauts, lâchetés, mensonges et trahisonS, sont les relents de la première vie matrimoniale de Léon : un homme frappé, maltraité, qui ne sera jamais libre de sa première épouse persécutrice, ni de ses maîtresses intéressées. Cyle paye pour ses propres choix, sa fidélité, sa fiabilité, son honnêteté envers Léon. Cyle paye pour les choix de Léon. Léon paye pour entretenir Gigi, paye pour éloigner Nana, elles qui ne le lâchent pas. Léon fut doué, il est parvenu à ne pas être abandonné, jamais. Cela l'a tué, cette quête d'un amour, vrai. A travers celui des femmes, il s'admirait, mais s'est-il aimé un jour ?
Une vie, des vies qui s'entrecroisent au gré des besoins et demandes, et non pas des désirs. Jane est des plus banales, elle passe partout. Jane obéit, elle passe sa vie dans l'ombre. L'ombre des autres. En veille. Et pourtant, finalement, sa vie est loin d'être banale.
Le violeur passe-droit est un criminel de haut vol et de bas viol. Il croit qu'il peut. S'il veut, il peut, l'autre n'existe que sous la forme de ce qu'il peut lui procurer. Le violeur en col blanc est un hors-la-loi qui inflige le supplice, celui d'être dans l'autre, ici et maintenant, maintenant et plus tard, encore et encore, malgré le non, non, non. Il connait les systèmes, les jouent, les déjouent, prédateur cannibale. Il n'est pas si rare, mais il est si fin, qu'il ne s'attrape pas. Maitre du leurre et de l'affût, il fait distorsion sociale tout en montrant l'exemple. Il fait le tort social par son impunité en plus d'avoir fait agression. Si l'expérience renforce les prédateurs, l'âge les affaiblit. Nul ne sait la proie de qui le prédateur sera un jour. La permutation des rôles générée par le violeur passe- droit peut toujours permuter à nouveau. On parle de l'impermanence...
Le tabou des hommes battus et abattus persiste dans une société traditionnelle, française. Qui sont ces hommes proies et qui sont ces femmes prédatrices ? Sont-ils conscients de leurs enfermements psychiques ? Voici une tentative de décryptage de ces profils, issus de l'expérience, de la rencontre à l'autre battu, à l'autre prédatrice. L'homme battu, la reine infante font de l'Homme un être abattu. La mère martyr, l'aliénation parentale, l'aliénation clanique, l'enfant porte symptôme, voici un éclairage succinct de ces processus qui sont extrêmement délétères, et pas si rares.
Quelques mots pour quelques moments. Réflexions diverses et éparses ciblées en phrases.
Quelques mots pour quelques moments... Réflexions diverses et éparses ciblées en phrases.