Natasha Kanapé Fontaine
Natasha Kanapé Fontaine
Entre bleuets du Nord et abricots du Sud, Bleuets et abricots de Natasha Kanapé Fontaine tisse une poésie engagée où la terre, les femmes et la mémoire autochtone se répondent.
Nauetakuan : mot innu qui nous annonce qu'un son, au loin, vient à nous. Comment l'entendre, si tout, dehors comme dedans, vibre, bourdonne, crie? Il faut, oui, faire silence. Perdue dans la ville, Monica cherche sa liberté en même temps que ses liens. Ses études en histoire de l'art ne lui inspirent plus rien, le sens la fuit et le vide menace de l'envahir pour de bon, fragilisant l'armure qu'elle se confectionne chaque jour. Pour pouvoir enfin déposer le lourd bagage dont elle a hérité, revenir en paix chez elle, à Pessamit, elle devra d'abord apprivoiser les orages qui grondent en elle. Remonter le fil des routes et des rivières, leur courant tantôt allié, tantôt contraire, d'un bout à l'autre du continent. Retrouver la puissance qui se façonne une perle à la fois. J'aimerais lui dire que j'y arrive tant bien que mal, que je cherche les assises, les repères, les portes. J'aimerais pouvoir toucher la peau du castor une nouvelle fois, sentir la brise se lever tout en recevant l'odeur du feu et de la viande qui grille. Si je ferme les yeux, mon rêve disparaîtra.
En 2016, la poète Innu Natasha Kanapé Fontaine et le romancier québéco-américain Deni Ellis Béchard entamaient une conversation sans tabou sur le racisme entre Autochtones et Allochtones. Comment cohabiter si notre histoire commune est empreinte de honte, de blessures et de colère? Comment faire réaliser aux Blancs le privilège invisible de la domination historique? Comment guérir les Autochtones des stigmates du génocide culturel ? Ces questions traversent leurs échanges: Natasha raconte sa découverte des pensionnats autochtones, son obsession pour la crise d'Oka, la vie dans la communauté de Pessamit; Deni parle du racisme ordinaire de son père, de la ségrégation envers les Afro-Américains, de son identité de Québécois aux États-Unis.
Plongez dans Manifeste Assi, un cri poétique et politique de Natasha Kanapé Fontaine, où la Terre et les peuples autochtones trouvent une voix puissante. Ce recueil, entre révolte et espoir, célèbre la résilience et l’amour du territoire innu.
Les bouleaux blancs grandissent toujours les fleuves nous emportent d'un monde à l'autre sentiers et feuilles mortes aurores boréales café pages frontières perlage blanc et rouge ishinakuan pakushenitamun la loi avec les Indiens Marcher le territoire des Innus. Le parler. Son immensité, sa beauté à pleurer, sa dureté aussi. Y retrouver ses origines. Avec force et fierté, les confronter au monde hostile des forêts citadines. Accepter encore les souffrances, les hurler même. Pardonner, mais ne pas oublier ; offrir aux gens de bonne volonté un chant de paix. Faire nôtres les luttes de la poète. Et, tremblants comme elle, accueillir l'exilée. La vie est un cercle. Innue de Pessamit, militante de longue date pour la défense des droits autochtones, Natasha Kanapé Fontaine est artiste, comédienne et écrivaine. J'achève mon exil pour un retour tremblant est son premier recueil de poésie, publié au Canada en 2012.
« Il fallait faire payer ces lâches qui s'étaient mis à plusieurs pour lui infliger cette blessure. Oui. Il fallait se venger, mais d'une façon différente. À la façon du chasseur. » Née en 1991, Natasha Kanapé Fontaine est poète-interprète, écrivaine, comédienne, artiste en arts visuels et militante pour les droits autochtones et environnementaux. Originaire de la communauté innue de Pessamit sur la Côte-Nord, au Québec, elle vit à Montréal. Natasha Kanapé Fontaine s'est d'abord fait connaître par sa poésie. Elle publie quatre recueils chez Mémoire d'encrier : N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures (2012), Manifeste Assi (2014), Bleuets et abricots (2016) ainsi que Nanimissuat/Île Tonnerre (2018). Elle écrit dans des revues et contribue à différents collectifs, notamment Sortir le Québec du pétrole (Éditions Somme toute, 2015), Femmes rapaillées (Mémoire d'encrier, 2016) et Amun (Dépaysage, 2019). Avec Deni Ellis Béchard, elle signe le livre épistolaire Kuei, je te salue : conversation sur le racisme (Écosociété, 2016). Elle interprète le personnage d'Eyota Standing Bear qui apparaît dans les saisons 6 et 7 de la série télé Unité 9 (2017-2019). En 2021, elle publie son premier roman, Nauetakuan, un silence pour un bruit (Éditions XYZ). La même année, elle a été promue au grade de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres de la République française. Habitée par l'esprit du mouvement Idle No More, elle parcourt le Québec, le Canada et le monde avec un message de justice, de réconciliation, de guérison et d'échange entre les peuples.